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Ewa

Paris-Limoges, la ligne de la discorde

Infra SNCF Réseau Sillon Rail circulations
La dégradation de la desserte de la ligne Intercités Paris-Limoges indigne usagers, entreprises et élus qui s’alarment du risque d’enclavement de leurs territoires. Jusqu’à la récente menace de déménager à Paris de la multinationale Legrand, seule entreprise du CAC 40 de Nouvelle-Aquitaine à avoir maintenu son siège en dehors de la région parisienne…

La polémique semble avoir payé. Le week-end du 10 décembre, le maire de Limoges, Emile-Roger Lombertie, a annoncé avoir dénoué la situation de crise autour de la desserte de la ligne Paris-Limoges, critiquée de toutes parts parce que dégradée par la SNCF. L’élu a annoncé avoir multiplié les coups de fil à Paris et obtenu, a-t-il affirmé, après avoir parlé à Jean-Pierre Farandou, un train partant à 6h26 et arrivant à 10h17 à Paris, en plus d’un départ à 5h29.  « Le trajet quotidien concerne la semaine mais nous n’avons pas d’information concernant le week-end. Cet horaire est proposé jusqu’au 15 mars, date prévisionnelle de la fin des travaux sur un tronçon de la ligne POLT. Le train dégivreur est rétabli également pour permettre ce nouveau trajet », précise la mairie.

Retour sur les faits. La SNCF prévoyait de supprimer l’Intercité 3624 partant de Brive à 6 h 01, et passant à Limoges à 7h01 pour arriver à Paris-Austerlitz à 10 h 17. Cette annonce a été la goutte d’eau qui a fait déborder la colère d’élus des territoires desservis. Le 7 décembre, six députés de la Nupes ont organisé une conférence de presse à l’Assemblée pour dénoncer la réduction des dessertes sur la ligne Paris-Orléans-Limoges-Toulouse (POLT) .

« C’est la circulation d’une locomotive, en application du plan givre, parfois appelé train “racleur“, sur la ligne du Paris – Orléans – Limoges – Toulouse qui a nécessité la suppression de ce train », justifie la SNCF. Cette locomotive sert en effet à éliminer le givre et d’éventuels manchons de glace sur le fil de contact de la caténaire. « Il faut qu’elle passe toutes les 30 à 40 minutes, sinon, le givre se reforme », précise la SNCF. D’où cette suppression du train 3624 du 21 novembre 2022 au 16 mars 2023 dans le cadre d’un plan de transport adapté, du fait du risque de givre des caténaires.

Risque pour l’attractivité des territoires

Pour Catherine Couturier, députée de la Creuse, qui s’exprimait lors d’une manifestation réunissant le 3 décembre 400 personnes devant la gare de La Souterraine, pour protester contre la suppression d’un autre train (celui de 7h35 en direction de Paris) « il n’y a plus de fret, il y a moins de trains qui circulent, les trains de nuit n’existent plus… »

D’où de fortes inquiétudes pour l’attractivité de ces territoires. Surtout après les interrogations du groupe Legrand sur le bien-fondé de sa localisation à Limoges. Cette multinationale de matériel électrique est le premier employeur privé de la ville et seule entreprise du CAC 40 de Nouvelle-Aquitaine à avoir maintenu son siège en dehors de la région parisienne. Dans une lettre adressée notamment à SNCF Voyageurs et citée par la presse locale, Benoît Coquart, le directeur général du groupe, s’interroge sur « l’intérêt de continuer à localiser sur Limoges nos équipes et nos dispositifs d’accueil clients alors que nous sommes précisément en train de réaménager nos bureaux parisiens ». Et il reproche à la SNCF d’avoir procédé à des modifications de dessertes « sans information préalable et sans concertation ».

La SNCF dément le manque de concertation. La multinationale, qui entre dans la catégorie « Grands comptes », est « en contact régulier avec nos commerciaux », affirme la compagnie. « Les relations sont quasi quotidiennes, et sont l’occasion de donner des informations sur le trafic ».

Interpellé, Alain Rousset, le président de la Nouvelle-Aquitaine, a à son tour adressé une lettre à Clément Beaune, le ministre délégué aux Transports, pour appeler son attention sur « les conséquences importantes et le mauvais signal que constituent les dysfonctionnements observés ». Le patron de la région demande aussi à l’Etat, autorité organisatrice des trains Intercités, « de bien vouloir envisager, avec la plus grande bienveillance, une amélioration du service proposé sur la ligne POLT », un axe « majeur d’aménagement du territoire qui contribue à desservir 32 départements, sept grandes métropoles et plus de trois millions d’habitants » écrit Alain Rousset. « Un mauvais signal pour ceux qui veulent investir en Nouvelle-Aquitaine » ajoute-t-il, alors que, parmi d’autres actions, la région travaille à « une amélioration de la desserte TER sur les étoiles ferroviaires de Limoges et Brive, dans le cadre de la démarche Optim’TER. Ainsi, entre 2021 et 2024 les différentes lignes de ce secteur seront traitées pour bénéficier de davantage de trains et à des horaires plus adaptés ». De nouveaux trains d’équilibte du territoire « Oxygène » commandés auprès de CAF et présentés le 7 décembre à Brive-la-Gaillarde, doivent circuler sur l’axe POLT (Paris – Orléans – Limoges – Toulouse) et devraient contribuer à améliorer les conditions de desserte, mais ils ne sont attendus qu’à partir de 2026. 

Déraillement à Issoudun

Pour ne rien arranger, un autre événement est venu aggraver la desserte de la liaison POLT : le 2 décembre, un train privé de céréales a déraillé près de la gare d’Issoudun, entraînant une interruption totale trafic sur la ligne, pendant près de 7 jours, et nécessitant la venue d’une puissance grue, déjà mobilisée pour un autre déraillement près de Carcassonne.

Le trafic a finalement repris le 8 décembre comme prévu. Mais les élus pointent le défaut de maintenance du réseau. « On verra les résultats de l’enquête en cours sur l’incident ou… l’accident. Mais je suis étonné que dans notre pays, quand quelques wagons tombent, on met six jours à les relever », commente Nicolas Sansu, député Gauche Démocrate et Républicaine (GDR) du Cher.

« La SNCF est sous-financée », ajoute de son côté Christine Arrighi députée EELV de Haute-Garonne. Et de rappeler quelques chiffres désormais bien connus : « En avril 2022, le gouvernement a contractualisé en catimini, avec la SNCF, une enveloppe de travaux de 2,8 milliards d’euros environ. Or nous avons 29 000 km de voies en France. Pour donner un ordre de grandeur, l’Autriche consacre 3 milliards au ferroviaire pour un réseau de 6 100 km. Si on veut un autre ordre grandeur de ce qu’il faudrait investir en France, il suffit d’écouter le président de la SNCF Jean-Pierre Farandou : ce sont 100 milliards d’euros qu’il faudrait sur 10 ans. L’Allemagne investit 86 milliards sur 8 ans, l’Italie 126 milliards sur 15 ans… »

Yann Goubin

Pas à la hauteur

Contactée, l’entreprise Legrand ne semble pas satisfaite des réponses de la SNCF. Pas à la hauteur de l’enjeu, nous fait-on comprendre. La SNCF a surtout répondu à l’urgence depuis que les décideurs se sont saisis du sujet. L’objectif, explique une porte-parole de Legrand, c’est que la SNCF cesse les suppressions de trains.

Selon elle, plusieurs dizaines d’allers-retours sont effectués chaque semaine entre Paris et Limoges par les salariés de Legrand, premier employeur de Limoges avec un effectif de 2 200 personnes. Auxquels s’ajoutent bien sûr tous les autres usagers de la ligne, qu’ils voyagent pour des raisons professionnelles ou privées.

La balle est dans le camp de la SNCF. 

 

Ewa

Les syndicats ont une semaine pour se prononcer sur les propositions de la SNCF vis-à-vis des contrôleurs

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Climat tendu en cette fin d’année à la SNCF qui organise des discussions sur tous les fronts : non seulement pour l’ensemble du groupe, mais aussi pour différentes catégories de personnels : contrôleurs côté Voyageurs et aiguilleurs côté Réseau.

Ainsi, après une longue journée de discussions, le 8 décembre avec la direction de la SNCF, les organisations syndicales avaient une semaine pour se prononcer sur les propositions de l’entreprise vis-à-vis des contrôleurs. Après consultation de leurs adhérents. « Cette nouvelle journée de rencontre a été très constructive, et les échanges ont été positifs et de bon niveau. Elle fait suite à plusieurs semaines de négociations avec les organisations syndicales et a permis de préciser les différentes mesures proposées par la direction. Et d’apporter des propositions complémentaires« , indique la SNCF. Propositions pour certaines reprises dans le cadre des NAO (négociations obligatoires annuelles) qui concernent l’ensemble du groupe SNCF et qui se sont tenues hier avec les quatre organisations syndicales représentatives de la SNCF. Elles doivent aussi être validées -ou pas- dans les prochains jours, après consultation de la base.

La direction propose notamment d’augmenter la prime de travail de 600 euros bruts par an (ce qui est également prévu dans les NAO), de l’intégrer en partie dans le salaire fixe, d’accélérer les évolutions de carrière, ou encore de passer systématiquement, d’ici à trois ans, à deux contrôleurs (ou ASCT dans le jargon SNCF) par TGV Inoui quand parfois il n’y en a qu’un.

Reste à savoir si les syndicats réussiront à faire passer le message aux contrôleurs dont une bonne part a rejoint le Collectif ASCT créé sur Facebook, qui multiplie les revendications en faveur d’augmentations de salaires et de meilleures conditions de travail. Et qui se méfie des syndicats. La SNCF a négocié avec les organisations syndicales car elle ne peut le faire avec un collectif qui n’est pas considéré comme un organe représentatif. « On a un travail important à mener avec les contrôleurs. J’espère qu’à partir des propositions que nous ferons, les organisations syndicales pourront faire la pédagogie nécessaire pour sortir de cette situation », commente François Nogué.

Faute de quoi la fin d’année s’annoncera compliquée, les contrôleurs ayant menacé de faire grève pour les week-end de Noël et du jour de l’an après leur mobilisation réussie du 2 au 5 décembre conduisant à annuler 60 % des circulations de TGV et d’Intercités.

Côté Réseau, les aiguilleurs, qui ont rencontré la direction le 9 décembre, réclament des recrutements et des salaires plus en adéquation avec leurs responsabilités. Après une première menace de grève le 25 mai, non mise à exécution, ils avaient obtenu l’embauche de 200 agents de circulation supplémentaires, une prime de 600 euros et une majoration temporaire de 20 % de leur prime de travail pendant 7 mois. L’entreprise « n’a pas tenu ses engagements » a indiqué à l’AFP Erik Meyer de Sud Rail. Un nouveau préavis a été déposé du 15 au 19 décembre, juste avant les vacances de Noël mais qui préserve les fêtes de fin d’année. Avant de nouveaux rendez-vous en janvier?

MH P

 

Ewa

Handicap : l’application Andyamo « en route » vers le succès

Andyamo

C’est une application qui se fraye un chemin à travers les villes de France. Et que le palmarès des Mobilités 2022 a primée lors de sa 31ème édition : le calcul d’itinéraire inclusif Andyamo  – sorte de Google Maps ou de Waze pour personnes à mobilité réduite – s’est installé depuis mi-octobre dans la métropole grenobloise. Ses fondateurs, Sébastien Guillon et Marc Petitto ont lancé un partenariat avec le Smmag (Syndicat mixte des mobilités de l’aire grenobloise). Désormais on peut trouver parmi les options d’itinéraires proposés par l’application M des mobilités grenobloises un trajet adapté aux personnes en fauteuil roulant ou chargés d’une poussette.

« Tous nos aménagements PMR sont référencés », se félicite le président du Smmag, Sylvain Laval, « les bateaux [ndlr : les abaissements de trottoirs pour faciliter le passage des fauteuils], les bandes tactiles et feux sonores tricolores pour les personnes malvoyantes » liste l’élu.

Les deux fondateurs grenoblois ont construit leur solution à partir des besoins de l’un deux, Marc Petitto, tétraplégique après un accident de ski en 2015. « On a listé les problématiques que Marco rencontrait sur la voirie et on les a intégrées à l’application… » explique Sébastien Guillon. En cas de problème ponctuel, comme un chantier qui bloque le trottoir, les utilisateurs eux-mêmes peuvent partager l’information.

Le contrat signé avec le Smmag prévoit une première phase de test à Voiron et Crolles – en cours depuis la mi-octobre – avant un développement dans d’autres villes de la métropole (La Tronche, Meylan, Corenc), jusqu’à Grenoble. Et les deux fondateurs d’Andyamo espèrent aller encore plus loin. « On dénombre 12 millions de personnes à mobilité réduite en France : seniors, familles en poussette, personnes en situation de handicap… Et les GPS classiques ne tiennent pas compte de leurs problématiques » rappelle Sébastien Guillon. L’application est également présente à Clermont-Ferrand, au Mans et fait partie des lauréats de l’appel à innovations mobilités en vue des Jeux de Paris 2024. Les fondateurs sont donc en train de développer Andyamo dans la capitale.

Théo Baudemont

Ewa

Sous pression sur tous les fronts, la SNCF propose une nouvelle hausse globale des salaires de 5,9 %

Personnel agents SNCF

Cinq mois après avoir décidé d’une hausse moyenne des salaires de 3,1 %, la SNCF s’apprête à repasser à la caisse. Après une réunion qui s’est tenue le 7 décembre sur les NAO 2023 (Négociations annuelles obligatoires), sur fond d’inflation et de mouvements de grève, la direction a proposé aux quatre organisations syndicales représentatives (CGT Cheminots, Sud Rail, Unsa Ferroviaire et CFDT Cheminots) une nouvelle hausse globale de 5,9 %.

Plus précisément, le groupe SNCF propose 3,9% en moyenne d’augmentation générale des salaires fixes sous la forme d’une augmentation proportionnelle au salaire de 2%, accompagnée d’une augmentation forfaitaire annuelle de 600€ bruts, qui sera versée mensuellement. En fonction du niveau de salarial, cela représente une augmentation générale allant de 4,7% pour les agents les moins payés à 3% pour les cadres les mieux rémunérés.

S’ajouteront des mesures d’augmentation individuelle pour lesquelles l’enveloppe atteint + 2%. La somme de ces  décisions aboutit à une hausse moyenne de 5,9 %, calcule François Nogué, le directeur des Ressources humaines pour le groupe. L’enveloppe proposée dans le cadre de ces NAO s’élève à 425 millions d’euros, indique la SNCF.

La direction propose aussi un nouveau dispositif pour accélérer le déroulement de carrière surtout en fin de parcours professionnel. Enfin, elle ajoute des mesures pour faciliter la vie quotidienne et favoriser les déplacements « doux » comme la prise en charge à hauteur de 75 % par l’employeur de l’abonnement transports publics, un complément de 150 euros  de la prime carburant et un forfait mobilité durable avec un coup de pouce de 400 euros.

Par ailleurs, les indemnités de résidence en zone tendue (Ile-de-France mais aussi Alpes-Maritimes, Savoie et Haute Savoie) seront revalorisées à hauteur de 40 %. Une revalorisation des indemnités de nuit, dimanches et jours fériés est prévue à hauteur de 4 % et une revalorisation des autres indemnités liées à la production doit atteindre 2%.

« Avec ces indemnités, qui ne sont pas intégrées dans le salaire fixe, la hausse proposée dépassera les 6 %« , affirme François Nogué. A comparer au niveau actuel de l’inflation qui tourne autour de 6 %. Et, pour répondre à la demande des syndicats, le dirigeant a finalement accepté la rétroactivité, à partir de janvier 2022 (au lieu d’avril), de la hausse salariale décidée en juillet dernier.

Les contrôleurs et les aiguilleurs reçus à leur tour

Les organisations syndicales devaient consulter leur base pour prendre position. Quelle que soit la réponse des syndicats, l’histoire n’est pas finie puisque, l’inflation poussant, François Nogué n’exclut pas de revoir à la mi-2023 les organisations syndicales pour refaire le point. « On a fait tout ce qu’on pouvait pour lever au maximum le contentieux salarial« , le directeur des RH, en précisant que si les organisations syndicales refusent de signer, les revalorisations seraient malgré tout appliquées avec la dégradation de certaines mesures annexes. Il y a quelques jours, Jean-Pierre Farandou avait alerté sur le risque de voir le prix des billets augmenter si on relevait trop les salaires.

D’autres négociations ont aussi été menées le 8 décembre pour répondre aux demandes des contrôleurs, puis le 9 décembre à propose des revendications des aiguilleurs de SNCF Réseau qui pointent un sous-effectif et des salaires trop faibles.

Les tensions avec les contrôleurs paraissent les plus compliquées à résoudre. Organisés cet automne en collectif, ils se sont mis massivement en grève du 2 au 5 décembre et menacent de nouvelles grèves à Noël et pour le jour de l’an si leurs revendications ne sont pas entendues. La SNCF négocie avec les organisations syndicales car elle ne peut le faire avec un collectif qui n’est pas considéré comme un organe représentatif. « On a un travail important à mener avec les contrôleurs. J’espère qu’à partir des propositions que nous ferons, les organisations syndicales pourront faire la pédagogie nécessaire pour sortir de cette situation », commente François Nogué.

Enfin, pour ne rien arranger, les conducteurs de l’axe Atlantique ont déposé un préavis de grève pour le premier week-end des vacances scolaires, essentiellement pour dénoncer les pénuries de personnel.

La perspective de la réforme des retraites s’ajoute au cocktail pour rendre le climat social très incertain.

Marie Hélène Poingt

Ewa

Valérie Pécresse réclame une autonomie fiscale pour les transports franciliens

Valerie Pecresse, en juillet 2017, au siège de la région Ile de France à Paris.
© Lewis JOLY 
Cette image est la propriété de Lewis Joly, aucune utilisation autorisée sans accord préalable.

Après avoir alerté le gouvernement sur les difficultés financières d’Ile-de-France Mobilités (IDFM), puis menacé de suspendre les financements du Grand Paris, d’Eole et des JO, Valérie Pécresse a finalement obtenu une aide de l’Etat de 200 millions d’euros. Il lui aurait fallu 250 millions d’euros de plus. Conséquence, le coût du pass Navigo, qui était gelé depuis cinq ans, va passer de 75,20 euros à 84, 10 euros. Soit une hausse de 11,8 %.

D’autres tarifs évoluent différemment, comme le ticket à l’unité par exemple qui passera à 2,10 euros, le ticket à bord des bus à 2,5 euros (+ 25 %), le carnet de 10 titres T+ à 19,10 euros (+13%).. Ou le forfait à la semaine qui passera à 30 euros (+31,6 %)

Reste que si le budget est bouclé et vient d’être voté ce 7 décembre  (« Je ne peux pas faire voter un budget en déficit« , rappelle Valérie Pécresse), la question du financement des transports publics franciliens est loin d’être définitivement réglée ; des investissements importants vont continuer à être lancés, puis la mise en service du Grand Paris Express ou d’Eole à partir de 2024, se traduiront par des hausses des coûts de fonctionnement annuels de plus d’un milliard d’euros. « Entre 2024 et 2030, on va ouvrir 240 km de nouveaux métros et RER, 94 nouvelles stations, plus de 50 km de tramway et 5 km de câble« , énumère l’élue.

D’où la nécessité de trouver un nouveau modèle, plaide Valérie Pécresse, qui annonce la tenue, le 23 janvier, des Assises du financement des transports franciliens. « en associant la population à ces débats« . Et elle ajoute : « Je veux mettre les vrais coûts sur la table pour qu’on voit bien qui paie quoi« .

D’ores et déjà, la présidente de la région a quelques idées, qu’elle défendait déjà lorsqu’elle cherchait à boucler son budget, comme par exemple relever le taux du versement mobilités (une taxe sur la masse salariale des entreprises de plus de 11 personnes), ce qu’a refusé jusqu’à présent l’exécutif. Valérie Pécresse maintient sa demande de donner la possibilité aux autorités organisatrices des transports de fixer elles-mêmes le taux de versement mobilité (VM). En résumé, bénéficier « d’une forme d’autonomie fiscale« .

MH P

Ewa

Transdev exploitera le premier téléphérique d’Ile-de-France

Cable A

Le gain du contrat d’exploitation du câble C1, qui doit relier les villes de Créteil à Villeneuve-Saint-Georges en desservant Valenton et Limeil-Brévannes en Ile-de-France, est particulièrement savouré par Transdev : contrairement aux autres lots, qui font l’objet d’une redistribution entre opérateurs suite à l’ouverture à la concurrence des réseaux de bus en grande et moyenne couronne, entamée depuis 2021, ce sera le premier téléphérique d’Ile-de-Franee et une jolie vitrine pour la filiale de la Caisse des dépôts (66 %) et de l’allemand Rethmann (34 %).

L’exploitation du câble C1 débuter à l’été 2025, jusqu’au terme du contrat, soit 4 ans, indique IDFM dans un communiqué. Transdev exploitera aussi, à partir du 1er août 2023, 15 lignes de bus desservant le Sud-Est du Val de Marne (pendant six ans), et 20 lignes de bus (dont 1 ligne express et 1 service de Transport à la demande) desservant le secteur sud Seine-et-Marne autour de Nemours (pendant cinq ans).

Keolis a également remporté une délégation de service public portant sur l’exploitation de 46 lignes de bus, un service de 3 lignes de bus de soirée ainsi qu’1 service de Transport à la demande) desservant les communes localisées à l’ouest du territoire de Roissy Pays de France.

 

 

Ewa

Patrice Vergriete proposé à la présidence de l’Agence de financement des infrastructures de transport

Patrice Vergriete

L’Elysée a annoncé le 2 décembre qu’Emmanuel Macron envisage de nommer, sur proposition de la Première ministre, Patrice Vergriete, le maire de Dunkerque, à la présidence du conseil d’administration de l’Agence de financement des infrastructures de transport de France. Maire divers gauche et président de l’agglomération de Dunkerque, il s’est fait connaître pour avoir appliqué la gratuité sur le réseau de bus de la ville. Il sera appelé à remplacer Jean Castex parti diriger la RATP.

La procédure prévoit que Patrice Vergriete soit entendu par les commissions compétentes de l’Assemblée nationale et du Sénat, qui devront valider ce choix.

Créée en 2004, l’Afit France (ex Afitf) est un établissement public qui a pour mission de financer des projets de transport. Son financement est assuré par une part de la TICPE (taxe intérieure sur la consommation de produits pétroliers), un versement des sociétés concessionnaires d’autoroutes, une partie des amendes de radars automatiques et des dotations de l’Etat.

Ewa

Vols de moins de 2h30 : le train remporte le match

train avion

Une victoire pour les écologistes ! Saluée comme telle par Clément Beaune qui s’est félicité, le 2 décembre, de la décision européenne de valider le projet de décret du gouvernement français d’interdire les liaisons aériennes quand il existe une alternative de faire le même trajet en train en moins de 2h30. « C’est une avancée majeure et je suis fier que la France se montre pionnière en la matière » a déclaré le ministre des Transports, cité dans un communiqué.

Cette mesure avait été proposée par la Convention Citoyenne pour le Climat et reprise dans la loi Climat et Résilience pour lutter contre les effets de serre engendrés par les transports qui représentent en France 30 % des émissions totales. « A la suite de cette décision favorable, le gouvernement soumettra le décret à la consultation du public, puis au Conseil d’Etat, avant son adoption, le plus rapidement possible« .

Si la mesure validée par la Commission européenne devra être réexaminée au bout de trois ans, elle devra aussi s’appliquer aux vols en correspondances, précise le texte, allant encore plus loin que ce que souhaitait le gouvernement. Un double revers pour plusieurs associations (Association des aéroports européens, Union des aéroports français (UAF) et association de compagnies aériennes françaises (le Scara), qui avaient porté l’affaire à Bruxelles.

MH P

Ewa

La fréquentation des TER en forte hausse

TER Hauts-de-France à Boulogne-Ville

« Il n’y a jamais eu autant de voyageurs dans les TER« , a indiqué Jean-Aimé Mougenot, qui était le 2 décembre l’invité de l’Association des journalistes des transports et des mobilités (AJTM). Depuis le début de l’année, la fréquentation des TER en France est en hausse de 10 %, comparé à la même période de 2019, année de référence.

Plus précisément, après un début d’année en recul (durant les trois premiers mois, une baisse de 20 % a été enregistrée), il y a eu une accélération, avec un taux de croissance du trafic voyageurs de 30 %. « Nous avons réussi à gérer cette situation« , a poursuivi le directeur TER délégué à SNCF Voyageurs, en reconnaissant que les trains peuvent être bondés à certaines heures et le week-end. La fréquentation des TER avait déjà augmenté de 60 % entre 2002 (date de la prise en main des TER par les régions) et 2019.

D’où la nécessité de  « dégager un peu plus de matériel », ajoute Jean-Aimé Mougenot, en rappelant que les régions, autorités organisatrices des TER, ont investi 8 milliards d’euros ces dix dernières années pour disposer des trains neufs (Regio 2N de grande capacité et Régiolis) qui sont régulièrement livrés.

Le dirigeant explique cette attractivité des TER par le retour à la normale après la crise sanitaire, la montée de la préoccupation écologique et les tarifs pratiqués dans les TER moins chers que la voiture, soumise à la hausse des prix du carburant. Et il dit s’attendre à la poursuite de la progression de la fréquentation.

Jean-Aimé Mougenot se félicite aussi du taux de ponctualité moyen (92,3 %) qui met l’activité TER « dans le peloton de tête des pays européens comparables« . L’offre, elle, est revenue quasiment à 100 %.

Reste que dans les Hauts-de-France, la SNCF vit une situation de crise qu’elle ne nie pas. En cause : le manque de quelque 65 conducteurs de trains, un taux d’absentéisme en hausse et des tensions sur le matériel. Le plan de transport régional a donc été allégé dans l’attente de mesures de corrections, au grand dam des élus locaux.

« Nous avions des problèmes de disponibilité du matériel (certains sont un peu vétustes). Nous avons renforcé le travail de nuit et le week-end. Ça a payé : nous avons divisé par deux cette raison« , indique Jean-Aimé Mougenot. Les recrutements et les formations sont accélérés et un appel aux conducteurs retraités a également été lancé. « Quelques dizaines ont répondu et quelques dizaines travaillent déjà sur nos lignes. En général, ils restent chez nous quelques mois« . Des conducteurs ont été réaffectés dans les Hauts-de-France. Le patron de l’activité TER de la SNCF affirme « ne pas avoir d’inquiétude sur un retour à la normal » prochainement. Il estime que la compagnie ferroviaire aura recruté plus de 900 conducteurs cette année. Globalement, selon lui, il manque aux TER une centaine de conducteurs sur 5500 en France.

En attendant, la SNCF va dédommager les abonnés du TER des Hauts-de-France, à hauteur de 30 % sur leurs achats réalisés entre septembre 2022 et février 2023. « Assumé intégralement par SNCF Voyageurs, ce dédommagement représente par exemple 245,50 euros de réduction pour un abonné annuel Compiègne-gare du Nord« , explique dans un communiqué la compagnie. Ce qui doit permettre de compenser les nombreuses suppressions de trains et les retards accumulés. « Un juste dédommagement par rapport à la souffrance que connaissent les usagers depuis septembre »‘, confrontés à un « service déplorable« , a réagi auprès de l’AFP Franck Dhersin, le vice-président du conseil régional chargé des Transports.

MH P

Ewa

Un nouveau technicentre à Orléans pour les Regio 2N Omneo

Technicentre Orléans

« Une réalisation exemplaire ». C’est en ces termes que Clément Beaune, le ministre des Transports, a présenté le nouveau technicentre d’Orléans inauguré le 29 novembre. Par sa présence, aux côtés de Christophe Fanichet, le PDG de SNCF Voyageurs, et de François Bonneau, le président de la région Centre-Val-de-Loire, le ministre a cherché à démontrer, face à 200 agents SNCF, l’importance pour l’Etat des trains du quotidien.

L’ouverture de ce nouvel établissement de 6700 m2 prépare le remplacement, durant l’année 2023, des voitures Corail par un parc de 32 Regio 2N Omneo. Pour les agents, c’est une réelle avancée : les opérations de maintenance autrefois réalisées en gare des Aubrais, sont désormais effectuées dans de meilleures conditions de confort et de sécurité. Une attention particulière a été portée à la qualité du travail, avec des postes ergonomiques facilitant les tâches. Les voies, non plus en fosses mais sur pilotis, tout comme les accès en toiture, évitent les mauvaises positions causant des traumatismes de répétition. Le bâtiment de 142 m de long en compte 4 de 110 m, de quoi abriter l’ensemble d’une rame Omneo. Dans un coin de l’atelier, un vérin en fosse permet la dépose des essieux. A l’extérieur, huit voies sont réservées au remisage des trains. 4 autres de « station-service » permettent les petites opérations de logistique, alimentation des lave-glace, vidange etc… Une machine à laver et une voie couverte pour le détagage et le nettoyage technique, complètent les installations.

Déjà 4 rames Regio 2N Omneo sont en service. Sur Paris – Orléans, Christophe Fanichet annonce pour le mois de décembre, une desserte au quart d’heure aux pointes du matin et du soir. Une première application concrète de la nouvelle convention signée pour 10 ans entre la région et SNCF Voyageurs. Les nouvelles Omneo Premium permettront des pointes jusqu’à 200 km/h sur Paris – Orléans – Tours et Vierzon.

Au total sur la région, 420 trains seront engagés chaque jour pour transporter 70 000 voyageurs. Le contrat prévoit aussi une arrivée progressive de la concurrence sur les trois dernières années. Elle portera sur un tiers de l’offre début début 2030, un autre tiers en 2031, et le reste en 2032. 

Philippe-Enrico Attal