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La Société du Grand Paris veut convaincre de l’utilité de sa filiale SGP Dev



Transdev a annoncé hier avoir remporté avec son partenaire colombien Metro de Medellín, le contrat d’exploitation de la première ligne de métro de Quito. Ce contrat, signé avec l’entreprise publique métropolitaine du Metro de Quito (EPMMQ), représente une valeur de 186 millions de dollars sur six ans.
« La première ligne de métro de la capitale équatorienne, d’une longueur de 22 kilomètres, desservira 15 stations – dont cinq multimodales, permettant l’interconnexion avec les autres transports publics de Quito« , indique l’opérateur français dans un communiqué, en rappelant que la capacité totale d’emport de la ligne est de 400 000 passagers par jour. 450 personnes seront embauchées pour assurer l’exploitation de cette ligne qui sera inaugurée fin décembre, puis mise en service progressivement au cours du premier semestre 2023.

Les autorités régionales souhaitent de plus en plus prendre la main sur l’ensemble de l’activité TER. En plus des lots de lignes dont elles souhaitent confier l’exploitation à des transporteurs, elles réfléchissent aussi à mettre en concurrence leurs systèmes d’information voyageurs et leur dispositif de distribution et de vente des billets de TER, en les séparant de l’exploitation des trains.
La région Sud par exemple a lancé un avis de pré-information sur le sujet. Dans le cadre de ces appels d’offre d’un type nouveau, on devrait voir apparaître tous les fournisseurs (dont la SNCF bien sûr ou d’autres transporteurs mais aussi des groupements d’industriels ou des groupements spécialisés dans les systèmes d’information et des intégrateurs de services) pour faire de la distribution ou de l’intégration ou le développement d’applis spécifiques.
«C’est très récent, cela va bouleverser l’écosystème », commente un représentant d’un opérateur ferroviaire. Le match commence à s’ouvrir. Tout le back office exploité aujourd’hui par la SNCF pourrait être concerné. Première visée, la SNCF devrait répondre à ce type d’appel d’offres via une société dédiée comme elle fait lorsqu’elle répond à des marchés pour l’exploitation de lignes de TER.
MH P


Les circulations des trains grandes lignes (TGV et Intercités) vont être fortement perturbées durant trois jours, du 2 au 5 décembre, en raison d’une grève des contrôleurs. La direction de la SNCF annonce notamment un TGV sur deux sur la LGV Nord, un sur trois sur les LGV Est et Sud-Est, un sur quatre sur la LGV Atlantique et un TGV Ouigo sur quatre. Impossible en effet de laisser partir des trains si ces agents (également appelés chefs de bord ou ASCT dans le jargon SNCF) sont absents car ils assurent une fonction essentielle pour la sécurité des circulations.
Le mouvement, à l’appel des quatre organisations syndicales représentatives de la SNCF, s’explique avant tout par des revendications salariales, même si les syndicats évoquent aussi « des questions de reconnaissance, de conditions de travail et d’emploi« , comme le dit Thomas Cavel, le secrétaire général de la CFDT-Cheminots.
« Nos revendications portent sur le déroulement des carrières : les contrôleurs demandaient à revenir à un système de notation séparé, qui avait été remis en cause dans le cadre de la réorganisation des établissements. Ils l’ont obtenu. De même, ils ont obtenu de revenir à la situation antérieure sur leur promotion d’une classe à une autre. En revanche, nous continuons à demander une hausse de la prime de travail qui doit être intégrée dans le salaire pour qu’elle puisse être prise en compte dans la pension de retraite » , explique de son côté Didier Mathis, le secrétaire général de l’UNSA-Ferroviaire.
Or, une première réunion sur les négociations annuelles obligatoires (et donc sur les salaires) est prévue le 7 décembre, concernant l’ensemble du groupe SNCF. Un préavis de grève unitaire est également déposé ce jour-là par les organisations syndicales, à l’exception de l’UNSA-Ferroviaire.
Dans un communiqué, la SNCF regrette que le mouvement de grève soit « maintenu alors que des mesures concrètes et importantes ont été proposées aux organisations syndicales à l’issue de plusieurs semaines de négociations« . Pour Didier Mathis, « la SNCF propose une prime de travail de 40 euros par mois, c’est insuffisant », tandis que Thomas Cavel estime que « les calendriers se sont intercalés : nous avons déposé une alarme sociale le 27 octobre sur la question des ASCT. Mais effectivement nous aurons de grandes attentes le 7 décembre. La balle est dans le camp de l’entreprise ».
La direction est sous la pression d’autres préavis de grève, déposés du 1er décembre au 2 janvier par la CGT-Cheminots, et les week-ends de Noël et du jour de l’an par les autres trois organisations syndicales. La perspective de la réforme des retraites que s’apprête à présenter le gouvernement pourrait bientôt représenter une autre menace…
MH P

La coopérative Railcoop qui vise la relance d’une relation entre Bordeaux et Lyon, sans changement mais en desservant des territoires intermédiaires, a relancé une nouvelle campagne de levée de fonds. Même si elle vient de franchir le cap des 13 000 sociétaires, Railcoop doit encore renforcer son capital qui s’élève aujourd’hui à près de 8 millions d’euros. Or, pour lancer son service, il lui faudrait près de 43 millions.
La moitié est nécessaire pour financer les actifs comme le matériel roulant, mais aussi des outils billettiques pour la vente de billets par exemple. Et l’autre moitié sous forme de garantie, est demandée par les organismes prêteurs, en cas de difficultés pour atteindre les objectifs que la coopérative s’est fixée. À défaut de disposer d’une telle somme, impossible de fixer une date de mise en service même approximative.
Les dirigeants affirment ne pas se décourager et poursuivre leur quête de financement. Notamment à travers l’émission de 5 000 titres participatifs, qui contrairement aux parts sociales (100 euros) jusque-là proposées, sont rémunérés à 3 % fixes par an (mais versés au bout de 10 ans). S’y ajoutera une rémunération variable calculée sur la base du nombre de voyageurs fréquentant les trains Railcoop chaque année. D’où, selon Railcoop, une rémunération totale de 3 000 € (hors imposition) au bout de 10 ans, pour 10 titres participatifs (10 000 €). « À titre de comparaison, 10 000 € détenus sur un livret A (taux au 1er février 2022 : 1,0 %) procurent des intérêts annuels de 100 € nets d’impôt », indique un porte-parole.
Avec ces titres participatifs, Railcoop vise un public plus large. « Désormais, nous sommes connus dans le monde ferroviaire, et dans l’économie sociale et solidaire, mais pas dans le grand public », explique Nicolas Debaisieux, le directeur général de la coopérative « Or, la liaison Bordeaux – Lyon transportera environ 2 millions de voyageurs. Rapporté à nos 13000 sociétaires actuels, c’est un beau potentiel ».
Le directeur reconnaît que le projet est ambitieux.,. « Il n’y a pas de modèle sur lequel les financeurs peuvent s’appuyer. De plus, les banques se demandent comment nous pourrons réussir à exploiter la liaison Bordeaux-Lyon que la SNCF a laissé tomber », explique Nicolas Debaisieux. « Notre projet est plus sociétal, avec la volonté de désenclaver des territoires mal desservis par les transports en commun ».
Et le dirigeant de rappeler que « Railcoop a déjà fait la preuve de son sérieux et de son professionnalisme, en obtenant sa licence pour exploiter une ligne de fret entre Capdenac et Saint-Jory ». Trois nouvelles dessertes, vers Mazamet et Tarbes, vont pouvoir s’ajouter au service effectué par la compagnie qui prospecte aussi pour des expéditions jusqu’à Bordeaux ou Narbonne.
« Nous nous repositionnons comme opérateur fret de proximité. Il y a un potentiel, et aucun OPF n’est présent dans notre région » le centre de l’Occitanie, explique Nicolas Debaisieux, qui reconnaît s’être «un peu trompé sur les perspectives de marché de la relation Capdenac – Saint-Jory. Même si les entreprises de Mecanic Vallée autour de Figeac et Decazeville, étaient et sont toujours intéressées, on se heurte à livraison du dernier kilomètre pour laquelle nous ne sommes pas équipés. »
L’activité fret de Railcoop, qui n’était au départ qu’un étape pour montrer son savoir-faire, devrait donc se développer en attendant…
Yann Goubin
Un « bon état technique » pour la première rame d’occasion achetée par Railcoop
Six mois après l’arrivée pour expertise, dans les ateliers d’ACCM, de deux rames X72500 achetées par Railcoop, le diagnostic final a été rendu public le 29 novembre. « La conclusion s’avère plus qu’encourageante« , affirme la société coopérative, évoquant un « bon » état technique de la première rame expertisée.
« L’enjeu de l’audit était de taille pour Railcoop. Il s’agissait d’évaluer la faisabilité de la rénovation et de la remise en exploitation de sa flotte acquise auprès de SNCF Voyageurs dans les conditions de sécurité, de fiabilité requises et de confort attendu« , rappelle la société dans un communiqué, en précisant que ACCM préconise désormais une opération mi-vie, « soit la norme pour tout matériel roulant après 20 ans de circulation« .
Un an après le lancement du premier service fret de Railcoop, la coopérative estime qu’elle va pouvoir continuer à « franchir des étapes essentielles au lancement du service voyageurs Bordeaux-Lyon« .

Après Brest, Toulouse ou Paris, Bordeaux envisage à son tour de se doter d’un téléphérique. La concertation est lancée aujourd’hui avec deux réunions publiques programmées et trois forums participatifs étalés dans le temps jusqu’au 17 janvier.
Un téléphérique permettrait de faciliter le franchissement de la Garonne, qui est aux heures de pointe très encombré. Depuis les communes limitrophes de Cenon, Lormont, Bassens, il faut par exemple 30 à 40 minutes pour accéder au pont d’Aquitaine, le franchir, avant de se retrouver rive gauche. Le tram a certes facilité les déplacements mais le téléphérique possède des atouts supplémentaires selon ses promoteurs : rapidité du transport, franchissement des obstacles (en l’occurrence le fleuve, les voies ferrées, les nœuds routiers) et d’un important dénivelé.
Neuf tracés peu différents les uns des autres sont proposés. Ils doivent permettre, en quelque 7 minutes, d’effectuer environ deux kilomètres du parcours, depuis le pôle de la Buttinière ( coteaux de Cenon) jusqu’à la cité du Vin ( Bordeaux). Un gain de temps fort appréciable pour se jouer des difficultés et être en relation directe avec les bus et le tram. Le potentiel de transport est d’une quinzaine de milliers de voyageurs par jour.
François-Xavier POINT

Aux grands maux les grands remèdes. Confrontée à une crise en Hauts-de-France, où les élus s’indignent des conditions de transport et du grand nombre de suppressions de trains à cause d’un manque de conducteurs, la SNCF lance, pour la première fois, un appel national à la mobilisation auprès de ses anciens agents de conduite. Selon nos informations, Jean-Aimé Mougenot, le directeur TER délégué, vient d’envoyer un courrier (que nous avons pu consulter) à quelque 1500 conducteurs à la retraite, dans toute la France, pour leur demander s’ils seraient prêts à reprendre du service.
L’appel vise les agents qui sont partis à la retraite depuis trois ans au maximum. Un temps suffisamment limité pour que les anciens conducteurs aient encore en mémoire les connaissances réglementaires et techniques ainsi que les gestes métiers. Mais qui nécessitera tout de même un passage par la case formation. La remise à niveau, à laquelle s’ajouteront des tests médicaux et psychomoteurs, ne devrait pas dépasser quelques semaines. Ce qui doit permettre à la SNCF de disposer rapidement et temporairement d’un nouveau vivier de conducteurs expérimentés, en attendant l’arrivée de conducteurs nouvellement formés.
« Depuis 2008, nous faisons régulièrement appel à des conducteurs retraités quand le besoin s’en fait sentir. Mais c’est la première fois que nous lançons un appel national« , explique à VRT Jean-Aimé Mougenot. La direction évalue à une centaine le nombre de conducteurs manquants pour l’activité TER, la plus grande partie dans la région Hauts-de-France (65 conducteurs manquants). C’est donc dans cette région que les candidats retraités seront principalement appelés à conduire. Avec à la clé, en plus d’une rémunération classique, des indemnités pour se loger et vivre en dehors de sa région. Ceux qui ne voudraient pas changer de région sont aussi les bienvenus, la SNCF ayant la possibilité de procéder, en interne, à des réaffectations de conducteurs volontaires pour rééquilibrer ses équipes régionales.
« Quelques dizaines de conducteurs retraités circulent déjà sur le réseau. Ils nous aident à passer la période post-Covid« , précise le directeur des TER. Selon le dirigeant, la SNCF paie encore aujourd’hui l’effet retard, après la période de confinement liée à la crise sanitaire qui l’a conduit à stopper ses formations. La remontée du trafic plus rapide que prévue a aussi accéléré les besoins en conduite, alors qu’il faut compter 12 mois pour former un conducteur (même si la SNCF essaie désormais de réduire la durée de ses formations). A cela s’ajoute un phénomène d’absentéisme qui a tendance à augmenter sensiblement ces derniers temps, tout particulièrement dans les Hauts-de-France, précise Jean-Aimé Mougenot.
La lettre devrait arriver chez ses destinataires en fin de semaine, au plus tard lundi. Pour Jean-Aimé Mougenot, qui espère avoir redressé la situation dans le courant de l’année prochaine dans les Hauts-de-France, avec un plan de transport régulièrement réajusté (au lieu de 136 trains supprimés en octobre, il n’en manquera plus « que » 98 le 12 décembre), « le rétablissement est en marche« .
Marie-Hélène Poingt

