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Ewa

Renvois de balle sur les responsabilités dans la dégradation de l’offre RATP

Iveco bus Paris

L’opposition de gauche à la région Ile-de-France, présidée par la LR Valérie Pécresse, a saisi la Défenseure des droits sur la diminution de l’offre des transports publics franciliens et ses conséquences pour les usagers. Les conditions de transport en bus, mais aussi en métro, se sont en effet dégradées ces derniers mois, principalement à cause d’un manque de conducteurs et d’un fort absentéisme.

« Cette situation est le résultat de plusieurs décisions prises par Ile-de-France Mobilités (IDFM, l’autorité organisatrice des transports) et à sa tête, Valérie Pécresse« , affirment les groupes insoumis, écologiste, socialiste et communiste dans une lettre commune envoyée fin octobre à Claire Hédon, et communiquée à l’AFP. A l’origine de cette dégradation, selon eux, la commande d’une « offre de transport au rabais » passée par IDFM pendant la période de crise sanitaire et depuis.

La situation actuelle prive « les usagers d’un droit à la mobilité dans des conditions digne » et « instaure une inégalité de traitement selon le lieu d’habitation, le type d’activité et la situation sociale« , estiment les élus qui ont joint à leur courrier une lettre d’un collectif de parents d’élèves handicapés du Val-de-Marne, n’ayant pas pu effectuer leur rentrée scolaire faute de transports.

De son côté, Valérie Pécresse rejette la faute sur la RATP, l’accusant d’avoir « sous-estimé les problèmes qu’elle rencontre sur le métro« . La RATP aurait mal anticipé ses besoins en conducteurs. La régie, qui cherche 1500 conducteurs de bus, en avait embauché 820 à la fin septembre. D’où une offre de transport réduite d’un quart par rapport à ce qui lui est demandé par IDFM. Il lui manquerait également une centaine de conducteurs de métro.

Haussant le ton le 6 novembre, dans une interview au Parisien, et déplorant une dégradation du lien de confiance, la présidente d’IDFM a demandé à l’entreprise publique de revenir à « 100 % d’offre d’avant-Covid » (contre 98 % en moyenne en théorie actuellement). Et a demandé à Jean Castex, le futur patron de la RATP, de « rétablir la qualité de service qui s’est très nettement dégradée depuis la rentrée ».

La Fnaut, qui réclame également une hausse de l’offre de transport sur le réseau RATP, voit dans ces renvois de balles beaucoup d’hypocrisie. Moins de transport signifie moins de dépenses pour IDFM qui cherche à réaliser des économies tous azimuts et doit trouver 950 millions d’euros afin de boucler son budget 2023. C’est dans ce contexte que la RATP s’apprête à vivre une nouvelle journée très dure demain, avec un appel à la grève relayée par tous les syndicats…

MH P

 

Ewa

Le Parlement approuve la nomination de Jean Castex à la tête de la RATP

Jean Castex

Fraîchement accueilli ! Lors de son audition le 8 novembre par les sénateurs, puis le lendemain par les députés, Jean Castex a dû affronter les remarques acerbes d’élus qui avaient déjà approuvé il y a un peu plus de 3 mois sa nomination à la tête de l’Afitf (Agence de financement des infrastructures de France) et ont peu apprécié de le voir revenir pour leur demander cette fois un vote en faveur de sa nomination à la présidence de la RATP.

Lui donnant du « Monsieur le Premier ministre« , ils ont pointé la « longue liste de recasages » (selon les termes du sénateur LR des Alpes-Maritimes, Philippe Tabarot), établie par le président de la République au profit de ses anciens collaborateurs. Ils ont aussi rappelé les réserves importantes de la Haute Autorité à la transparence de la vie publique (HATVP), qui interdisent à l’ancien Premier ministre d’entrer en relation directe avec les ex-membres de son gouvernement ou de ses services. Cela ne les a toutefois pas empêchés de voter en faveur de la nomination de l’ancien locataire de Matignon aux commandes de la Régie, sensibles sans doute aux qualités de  « compétence » mises en avant par l’intéressé lui-même et reconnues, lors de leurs interventions, par de nombreux parlementaires.

Jean Castex a répondu point par point et s’en est finalement bien sorti : « Quand je suis venu devant vous, fin juillet, la présidence de la RATP n’était pas vacante », la PDG sortante, Catherine Guillouard, ayant annoncé sa décision le 1er septembre. « De plus, l’enjeu à la RATP n’est pas le même… » A propos des réserves de la HATVP, il rappelle : « elles sont très liées à l’ouverture à la concurrence. Mais l’autorité qui décide des lots à ouvrir, ce n’est pas le gouvernement, c’est Ile-de-France Mobilités ».

Priorité au coeur de métier

Interrogé sur sa stratégie, il explique que sa priorité, « c’est le coeur de métier« . Et il poursuit : « Ce n’est pas un retour sur la diversification. La diversification des activités fait sens mais ne doit pas nous détourner de notre mission première et fondamentale », citant le service aux collectivités et la qualité de service comme la ponctualité, la propreté, la sécurité, la lutte contre la fraude, la qualité de l’information, la modernisation de la billettique… Et il ajoute, se référant aux appels d’offres gagnés à l’international :  « Je ne pourrai pas, par exemple, expliquer qu’on exploite très bien un réseau à l’étranger mais pas en Ile-de-France. »

Commentant les défis « extrêmement lourds » auxquels est confrontée la RATP (en particulier le manque de conducteurs qui ne permet pas de tenir l’offre demandée), Jean Castex cite les sujets qu’il faudra traiter à « très court terme : la qualité de continuité de service public, les difficultés de recrutements, l’absentéisme…« , même si la RATP n’est pas la seule à être confrontée à ces difficultés de recrutements, « si c’était la seule, ça se saurait! »  Il se donne trois semaines pour établir un « diagnostic partagé » et trouver « des outils supplémentaires » pour accélérer les recrutements.

Ecoute et concertation

Pour y parvenir, sa méthode reposera sur « l’écoute, la concertation, la proximité« . Il vise tout le monde, à commencer par l’autorité organisatrice, IDFM, qui assure la plus grande part du chiffre d’affaires du groupe. « Nous avons l’obligation de travailler ensemble et de bien travailler. Je vais proposer un état des lieux très précis de ce qui marche bien et de ce qui ne marche pas », indique le futur patron de la régie. Il fait aussi une autre suggestion, lancer « une sorte d’observatoire » sur l’ouverture à la concurrence « pour voir ce qui marche, pour voir si la qualité de service ne se trouve pas dégradée, est-ce que les prix baissent…?  « , faisant comprendre que l’ouverture à la concurrence n’est pas un dogme pour lui.

Aux collectivités, l’ancien maire promet qu’il ira sur les territoires où « notre entreprise assure son service public ou va se déployer« . Et il affirme vouloir travailler « encore mieux » avec les représentants des usagers.

A l’égard des partenaires sociaux et du personnel, il lance plusieurs messages. « Je vais m’employer à faire aboutir les textes réglementaires qui manquent sur le CST (cadre social territorialisé en vue de la concurrence)« . Il veut aussi lancer très vite les négociations annuelles obligatoire (NAO) pour 2023, comme cela est déjà prévu en décembre 2022.

Présence humaine renforcée

En interne, il prône plus de « déconcentration des responsabilités« . Cela passe par « une ligne hiérarchique responsabilisée » qui dispose « d’une plus large part de manoeuvre pour trouver des solutions rapides« .

Avec l’automatisation des métros, qu’il souhaite pousser et la digitalisation billettique qui va se développer, il compte poursuivre le déploiement du personnel dans les stations pour renforcer la présence humaine et aller au contact du public. Il faut « humaniser au maximum« .

Il cite enfin trois chantiers qu’il affirme vouloir suivre « personnellement » : l’amélioration de la qualité de vie au travail, de la gestion prévisionnelle de l’emploi, et de la formation et l’attractivité des métiers.

« Les défis ne manquent pas et ça me motive beaucoup« , lance-t-il aux sénateurs. A commencer par la grève demain, qui s’annonce dure, signe d’un climat social dégradé. Comme un cadeau de bienvenue adressé au futur dirigeant. En attendant que sa nomination soit confirmée en Conseil des ministres.

Marie-Hélène Poingt

 

 

 

Ewa

Suppressions de trains : pourquoi ça coince en Hauts-de-France… et ailleurs

TER Hauts-de-France à Boulogne-Ville

Retards de trains, multiplication des suppressions de circulations au dernier moment et temps d’attente qui s’allongent pour les usagers… la situation de crise entre la SNCF et les Hauts-de-France, déjà en cours en 2021, s’est amplifiée ces derniers mois. Le 4 novembre, Xavier Bertrand, le patron de la région, a adressé une lettre à Jean-Pierre Farandou, le PDG de la SNCF, pour exprimer sa perte de confiance dans la compagnie et dire l’exaspération des voyageurs. Trois jours plus tard, il recevait Clément Beaune, le ministre des Transports, qui indiquait avoir entendu le message et demandé à la SNCF « un plan de résorption de ces difficultés le plus rapide possible« , en accélérant les formations et les recrutements de conducteurs.

Le manque de conducteurs a en effet contraint la SNCF à supprimer des TER dans plusieurs régions, tout particulièrement en Hauts-de-France, où 136 trains sont annulés quotidiennement depuis le 24 octobre, selon le président du conseil régional Xavier Bertrand.

Pendant les vacances de la Toussaint, la SNCF a mis en place un « plan de transport adapté » (PTA), comme elle a coutume de le faire en période de congés scolaires, ce qui lui a permis de réduire le nombre de circulations de trains. Et donc d’éviter de supprimer au dernier moment un certain nombre de circulations qui auraient été prévus dans son plan de transport. La SNCF explique préférer fiabiliser son plan de transport plutôt que multiplier les suppressions de train au dernier moment et mettre les voyageurs en difficultés. Mais les Hauts-de-France ont constaté que les suppressions ont finalement tout de même « largement » excédé les 136 suppressions de trains prévues dans le PTA (sur les 1255 trains quotidiens proposés en Hauts-de-France).

38 trains supplémentaires vont être réinjectés

Reconnaissant la situation particulièrement tendue en Hauts-de-France, la SNCF a annoncé à la région qu’elle allait encore revoir son plan de transport, mais cette fois à la hausse, en réinjectant, à partir du 14 novembre, 17 trains supplémentaires, puis 21 de plus à compter du 12 décembre. « Les trains remis en circulation ont été définis pour répondre en priorité aux lignes où la fréquentation est la plus forte et les besoins le plus sensibles, comme demandé par l’autorité organisatrice, la Région Hauts-de-France« , indique la SNCF dans un communiqué. Mais Xavier Bertrand s’interroge : « Comment la région des Hauts-de-France peut-elle avoir confiance en la fiabilité  et la sincérité d’un nouveau plan de transport adapté (PTA) proposé par la SNCF alors que le dispositif actuel ne respecte déjà pas ses engagements? »

Au manque de personnels (il manque 65 conducteurs de train dans la région selon la SNCF) s’ajoutent aussi des tensions sur le matériel avec des problèmes de maintenance (il n’y a pas non plus assez d’agents dans les ateliers) et des difficultés d’approvisionnement en pièces détachées. La SNCF explique le manque de conducteurs par la période Covid qui lui a fait stopper ses formations, puis par une remontée du trafic qu’elle n’avait pas prévue aussi rapide, ce qui lui a également fait perdre du temps. Or, trouver des candidats est difficile (encore plus, semble-t-elle laisser entendre, dans les Hauts-de-France), puis il faut compter 12 mois pour former un conducteur. SNCF Voyageurs cherche désormais à accélérer son programme de recrutement et espère 440 nouveaux collaborateurs chez TER Hauts-de-France pour 2022.

Grand Est et Auvergne-Rhône-Alpes également très touchées par le manque de conducteurs

La direction TER estime qu’il faudra attendre le début de l’année prochaine pour que les différentes actions mises en place commencent à porter leurs fruits. D’ici là, elle cherche à faire venir des rames et des conducteurs (parfois avec de conséquentes hausses de rémunérations) d’autres régions. Mais avec des limites puisque les autres régions sont également touchées par ces régions, certaines l’étant plus que d’autres (tout particulièrement Grand Est et Auvergne-Rhône-Alpes).

La Fnaut se désole de ces « régressions« , qui aboutissent à une importante diminution de l’offre de transport un  peu partout en France. « La SNCF est débordée de tous côtés« , estime Bruno Gazeau, le président de cette fédération, avant de pointer une forme d’hypocrisie où chacun trouve finalement son compte avec, à la clé, des économies bienvenues à l’heure où les prix de l’énergie flambent. Selon lui,  « au fond, ces suppressions de trains arrangent tout le monde : elles permettent de réduire les coûts de fonctionnement et de limiter les conséquences du manque de conducteurs« .

Marie-Hélène Poingt

 

 

Ewa

Quel « bouclier tarifaire » pour limiter le prix du train ?

Ouigo

Face à la perspective de voir augmenter le prix des billets du fait de la hausse des coûts de l’énergie, le gouvernement sort le parapluie : le ministre des Transports, Clément Beaune, a demandé le 6 novembre à la SNCF, sur le plateau du grand jury RTL-LCI-Le Monde, « de travailler en matière de prix des billets sur un bouclier tarifaire« . Le ministre a précisé souhaiter d’une part, que « l’augmentation des billets soit en tout cas inférieure à l’inflation », d’autre part que « ceux qui ont le plus besoin du train au quotidien, les plus modestes, les jeunes qui utilisent les Ouigo par exemple, soient protégés« .

Autrement dit, le gouvernement, qui a clairement fait le choix de soutenir prioritairement les automobilistes à la pompe, en dépensant des milliards en quelques mois, n’entend pas aider la SNCF à faire face aux surcoûts de l’énergie et à l’inflation. Clément Beaune l’avait déjà laissé entendre dès le mois de septembre, en affirmant que « l’Etat ne pourra pas tout absorber » . Ce même mois, Jean-Pierre Farandou, le PDG de la SNCF, qui était auditionné devant le Sénat, avait expliqué réfléchir à une éventuelle hausse du prix des billets à partir de 2023, tout en assurant qu’il ne répercuterait pas totalement le montant de l’inflation. Sinon, il faudrait augmenter les tarifs de 10 %, avait-il alors expliqué, s’attendant à voir sa facture d’électricité s’envoler l’année prochaine autour de 1,6 à 1,7 milliard d’euros (contre un surcoût de 300 millions d’euros en 2022). « Nous n’allons bien sûr pas le faire! Nous avons le sens de l’intérêt général. De plus, cela tuerait nos volumes : il y a une élasticité de la demande aux prix », avait indiqué le patron du ferroviaire aux sénateurs.

La réflexion lancée depuis cet automne par la SNCF sur une hausse des tarifs serait donc toujours en cours. La décision dépendra à la fois de ses hypothèses sur 2023 ( taux de croissance prévisible, hausse des prix de l’électricité, inflation…) et bien sûr de la prise en compte de la demande de l’Etat actionnaire. Pour la Fédération nationale des associations d’utilisateurs des transports, le discours de Clément Beaune est « assez incompréhensible« . En effet, le ministre mélange différents types de trains, explique son président, Bruno Gazeau : il parle à la fois du transport du quotidien, autrement dit des TER, dont la tarification ne dépend pas de la SNCF puisque décidée (et subventionnée) par les régions, et du TGV, dont les recettes proviennent exclusivement des voyageurs et sur lesquelles la SNCF a la main, pratiquant à la fois des mesures commerciales (via les cartes Avantages avec des prix plafonnés) et le yield management (les prix augmentent quand la demande s’élève).

La SNCF a face à plusieurs catégories de clients : les voyageurs abonnés, les occasionnels, les porteurs de cartes Avantages…. à qui elle pourrait plus ou moins faire porter les hausses de prix. Pour réduire ses coûts, elle peut aussi réduire son offre de trains, « ce qu’elle ne cesse de faire« , déplore Bruno Gazeau. Reste que l’équation n’est pas facile pour la SNCF face à un gouvernement qui lui demande à la fois de réduire ses coûts, de baisser ses tarifs et de ne pas perdre d’argent.

Marie-Hélène Poingt

Ewa

La SNCF ne fait pas appel après sa condamnation pour la catastrophe de Brétigny

Tribunal judiciaire d'Evry
La SNCF a annoncé le 7 novembre ne pas faire appel de la décision du tribunal d’Evry, qui l’avait reconnue seule coupable dans le procès de la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge, survenue en 2013 et qui avait fait sept morts et des centaines de blessés psychologiques ou physiques. Rappelons que la compagnie a été condamnée à une amende de 300 000 euros, toutefois moins lourde que celle réclamée par le procureur Rodolphe Juy-Birmann, qui avait estimé qu’elle avait « créé le contexte à l’origine de l’accident » par un « échec dans la chaîne de maintenance ».
« Nous sommes très soulagés de la décision de la SNCF de ne pas faire appel du verdict », a expliqué à VRT Thierry Gomes, le président de l’association Entraide et défense des victimes de la catastrophe de Brétigny (EDVCB). « Après 9 ans de procédure, c’est une page qui se tourne. Les victimes vont pouvoir faire leur deuil, se reconstruire. ».
Toutefois, l’association regrette « que SNCF Réseau n’ait pas été condamnée», tout en ayant conscience qu’« un nouveau procès ne lui aurait probablement pas permis d’obtenir gain de cause ». L’association critique aussi l’argument avancé par la SNCF, selon lequel la compagnie ne fait pas appel « par respect pour les victimes d’abord, pour éviter de leur faire revivre ce drame à travers un second procès ».

Ewa

Un billet de train franco-allemand spécial jeunes à l’étude

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Le ministre des Transports allemand, Volker Wissing et son homologue français Clément Beaune, qui le recevait « pour une visite de travail » le 4 novembre à Paris, ont annoncé qu’ils allaient, ensemble, mettre au point « un billet de train franco-allemand à destination des jeunes afin de favoriser les déplacements » entre les deux pays.

Les détails de ce « billet spécial jeunes à prix réduit« , seront définis d’ici le Conseil des ministres franco-allemand de janvier 2023, ont-ils indiqué dans un communiqué commun, en précisant être « en contact avec les compagnies ferroviaires des deux côtés du Rhin »  et vouloir renforcer « à la fois les relations entre nos deux pays et le mode ferroviaire respectueux du climat. »

Ewa

SNCF Voyageurs lance une campagne contre les comportements violents

Personnel agents SNCF

5330 actes de violence verbale ou physique (dont 900 donnant lieu à une déclaration d’arrêt de travail) ont été subis par les agents de la SNCF l’année dernière. Soit 14 actes en moyenne par jour, recensés par la SNCF qui s’inquiète d’une montée du phénomène : à la mi-2022, ces comportements violents et incivils étaient en hausse de 9 % par rapport à 2021.

« Les violences verbales ou physiques envers nos agents en relation avec les clients sont un véritable fléau. Elles touchent tout le monde : hommes ou femmes, dans toutes les régions, dans les trains comme dans les espaces de vente ou en ligne. Chaque dérapage, chaque insulte, chaque violence est un outrage de trop que nous ne pouvons pas accepter », indiquent Patrick Auvrèle, Directeur Sécurité de SNCF Voyageurs et Valérie Boismartel, Responsable de la Sûreté, dans un communiqué publié le 4 novembre.

D’où la décision de lancer une campagne diffusée sur les affichages digitaux dans les principales grandes gares et sur les réseaux sociaux afin d’interpeller et sensibiliser chacun sur ce fléau. Selon la SNCF, le message est « simple et « choc », et a un triple objectif :  « interpeller sur ce phénomène, dénoncer la gravité de ces violences et prévenir des sanctions encourues« . Cette campagne été élaborée en recueillant les avis et témoignages d’une quarantaine d’agents en relation avec les clients, précise la compagnie.

Par ailleurs, pour lutter contre ce fléau, les agents sont formés aux enjeux de la sûreté et aux comportements à adopter. Chaque agent travaillant en lien avec les clients est muni d’une application d’alerte en cas d’urgence, qu’il peut déclencher discrètement. Des caméras piétons sont également en cours de déploiement auprès de tout agent assermenté et volontaire. Aujourd’hui, plus de 1 800 caméras qui sont déployées. Selon la SNCF, « le déclenchement d’un enregistrement permet d’apaiser la grande majorité des situations et de revenir à des échanges plus sereins et à un voyage apaisé. Par ailleurs, en cas de dépôt de plainte, l’enregistrement permet d’identifier les auteurs du fait et de faciliter l’enquête de police« . Et elle rappelle que les outrages aux agents sont passibles d’une peine de 6 mois d’emprisonnement et de 7 500€ d’amende.

 

Ewa

Un nouveau dépôt multi-fonctions pour le réseau de bus d’Antibes

dépôt bus Antibes Keolis inauguré le 2 novembre 2022

Après 18 mois d’études, puis un peu plus de deux ans de travaux, le nouveau dépôt de bus des Trois Moulins a été inauguré le 2 novembre à Antibes dans les Alpes-Maritimes. Avec ses six niveaux, dont quatre dédiés au remisage des véhicules (du sous-sol au R+4), il  « présente une configuration totalement inédite pour un bâtiment de ce type« , affirment ses promoteurs. Il permet ainsi de rassembler, sur une surface foncière contrainte, l’ensemble du personnel (sur 1000 m2 de bureaux) et des véhicules (115 bus peuvent être entretenus sur place) tout en libérant les sites actuels du réseau Envibus qui dessert Antibes et son agglomération : Saint-Bernard et Azur Arena.

Le dépôt accueille également une station de compression de gaz naturel, avec deux postes de distribution en charge rapide et 30 postes en charge lente. « La station de compression a une capacité de remplissage d’environ 60 véhicules par jour. Afin d’assurer le ravitaillement des véhicules fonctionnant encore aux énergies fossiles, une cuve de gasoil et ADBlue est également disponible directement sur le site« , précise un communiqué.

Labellisé Bâtiment Durable Méditerranéen, le site a été pensé avec l’objectif de réduire son empreinte environnementale. Entre autres, 75 m2 de panneaux photovoltaïques assurent un fonctionnement électrique autonome, et les eaux de lavage doivent être recyclées à hauteur de 95%.

Keolis, qui assure, depuis le 1er juillet 2019, l’exploitation d’Envibus, le réseau de transport public de la Communauté d’Agglomération de Sophia Antipolis (CASA), articulé autour de 29 lignes, a assumé le rôle d’entreprise principale de construction pour ce projet. L’opérateur est ainsi devenu « la première entreprise de transport urbain à obtenir un marché global de performance (contrat où la réalisation des travaux est associée à l’exploitation/maintenance)« , rappelle le groupe.

 

Ewa

« La crise risque de modifier l’équilibre entre le rail et la route », alerte le patron de Rail Logistics Europe

Portrait de Frederic Delorme, Président-directeur général du pôle Transport Ferroviaire Multimodal de Marchandises - SNCF Fret

Le fret ferroviaire est touché par la hausse des prix de l’énergie mais ne bénéficie pas d’un mécanisme de soutien comparable à celui obtenu par les routiers. Résultat, alors que la lutte en faveur du climat est une priorité, il se retrouve pénalisé car « rien n’est fait pour réguler les différents modes de transport entre eux », regrette Frédéric Delorme, le président de Rail Logistics Europe. Interview.

Ville, Rail & Transports : Les acteurs du fret ferroviaire français se disent inquiets pour l’avenir de leur secteur. Pourquoi?

Frédéric Delorme : Les différents métiers de Rail Logistics Europe, exercés par ses cinq filiales (Fret SNCF, le réseau des Captrain, VIIA, Naviland Cargo et Forwardis) nous offrent une vision panoramique du secteur. Qu’observons-nous ? D’abord que la période suivant 2020, l’année de forte crise épidémique, a été un succès pour le début de l’amorçage d’une relance du fret ferroviaire. Nous l’avons vu dans les volumes de trafics et dans notre capacité à reconquérir des clients que nous avions perdus. Nous l’avons vu également dans l’appétit des industriels : le transport combiné a connu une très forte demande du fait de l’accroissement des échanges mondiaux. Plusieurs facteurs ont également joué en notre faveur : l’explosion du e-commerce pendant l’épidémie, la pénurie des chauffeurs routiers, et la difficulté à trouver des camions.

VRT : Cela s’est traduit en 2021 par de très bons résultats. La crise actuelle remet-elle en cause cette dynamique?

F. D. : Nous étions jusqu’à l’été sur la même tendance qu’en 2021 (en volume). Néanmoins, une certaine inflexion s’annonce sur le dernier trimestre 2022, et surtout en 2023. Nous avons des signaux conjoncturels relativement défavorables : la demande diminue sur des trafics industriels lourds comme la chimie et la sidérurgie -nous avons également des craintes concernant le BTP. Des arrêts de production sont annoncés pour des durées indéterminées du fait du coût de l’énergie, quand certains industriels font le choix de reporter ailleurs leurs trafics.

À l’inverse, certains secteurs tirent notre activité, comme les céréales. Il y a, et c’est heureux, une exportation accélérée du transport des productions ukrainiennes au niveau européen, mais aussi une très bonne campagne 2022-2023 en France de transport de céréales. Globalement on peut dire que ce marché est en croissance. Autres marchés dynamiques : les produits pétroliers, les gaz liquéfiés, et au niveau européen, le coke et le charbon. Nous pouvons également citer le marché des déchets.

Cette baisse significative sur nos marchés structurants (chimie, sidérurgie et BTP) annonce une fin d’année difficile. Cette nouvelle donne conjoncturelle, conséquence de la crise, est indépendante du plan de relance du fret ferroviaire : elle affecte tous les modes de transports.

VRT : L’État aide-t-il suffisamment les acteurs du fret ferroviaire à passer le cap dans cette crise ?

F. D. : L’explosion du coût de l’énergie électrique impacte fortement tout un secteur qui est vertueux en termes de décarbonation et de sobriété. Il faut le rappeler : une tonne de marchandises transportée par le train consomme six fois moins d’énergie qu’une tonne transportée par la route. Il est paradoxal que les routiers bénéficient d’avantages (les variations de charges de carburant sont répercutées, à la hausse comme à la baisse, selon l’évolution du prix du carburant et mentionnées en « pied de facture »). Il serait quand même dommage (pour ne pas dire absurde) que le plan de relance du fret ferroviaire, dont l’objectif est la décarbonation et la sobriété, se retrouve pénalisé car rien n’est fait pour réguler les différents modes de transport entre eux. Il faut aider le secteur à passer ce cap de l’explosion du coût de l’énergie électrique.

VRT : Quel est l’impact de cette crise pour vos clients ?

F. D. : C’est une conjoncture complètement nouvelle. La crise a contraint le secteur à répercuter une partie de la hausse de ses coûts à ses clients, dans la limite de ce que le marché peut accepter. Clairement, cela va modifier l’équilibre entre le rail et la route.

Le plan de relance du fret ferroviaire a permis une bonne dynamique : le trafic a considérablement augmenté en deux ans sur le combiné, mais aussi dans le wagon isolé (+ 7%). Le fret ferroviaire a gagné un point de part de marché en France, pour passer de 9,6% à 11,7%, ce qui est très encourageant ! Le ralentissement économique général et le coût de l’énergie peuvent compromettre à court terme la vitesse de notre développement. Ce qui compte c’est la part modale qu’on veut gagner par rapport à la route.

Si la baisse de la demande touche tous les modes de transport, il y aura quand même des choix à faire pour les chargeurs, entre la route et le rail, pour maintenir leur cap de décarbonation. L’un des forts leviers, c’est le développement du combiné. Les routiers eux-même l’encouragent, car ils connaissent une pénurie des chauffeurs et la hausse de leurs coûts -sans oublier qu’ils devront eux aussi prendre leur part dans la transition énergétique.

VRT : Comment l’État peut-il vous aider à passer ce cap difficile ?

F. D. : Je vais vous dire la même chose que mes collègues de l’alliance 4F je pense… La prolongation de l’aide liée au coût de l’énergie électrique, pour ne pas pénaliser notre secteur, qui est vertueux. Ensuite, il y a l’aide à la relance du fret ferroviaire : une subvention qui concerne les péages, le wagon isolé et « l’aide à la pince »*, pour le transport combiné. Cette aide de 170 millions d’euros été annoncé jusqu’en 2024. Ce que le secteur demande, c’est une visibilité au-delà de 2024, et au moins jusqu’en 2027.

Nous attendons également beaucoup de l’investissement sur le réseau : 3,5 milliards d’ici à 2030, c’est la somme nécessaire pour atteindre l’objectif de doublement de la part modale ; un investissement dans les ports, dans les plateformes combinés, dans les triages, les voies de services, et les gabarits. C’est la liste d’investissements définie dans le cadre de la stratégie nationale du développement du fret ferroviaire, et c’est en 2023 que les décisions doivent se prendre. 3,5 milliards en dix ans, c’est raisonnable. Par rapport aux bénéfices de décarbonation que la société va en tirer, c’est même un excellent investissement !

VRT : De nombreux acteurs du secteur ne croient plus possible d’atteindre cet objectif de doublement de la part modale… Et vous ?

F. D. : Non, je n’ai pas de doute, car la demande est là ! La crise ukrainienne fait baisser la demande globale de transport, mais la demande de rail est là, et pour longtemps. Il faut passer ce cap, sans revenir sur les décisions prises dans le cadre de la stratégie pour le fret ferroviaire. Si on a les infrastructures, si on a les plateformes, les triages, les voies de services en état, et si on a les sillons, je n’ai pas d’inquiétude. Ce que nos collègues expriment, c’est la nécessité d’éliminer tous ces « si ».

Propos recueillis par Thomas Renou

Pour en savoir plus, retrouvez notre dossier Spécial Fret Ferroviaire dans le numéro de novembre de VRT

Ewa

IDFM s’inquiète de la dégradation de la régularité du métro

automatisation ligne 4

L’autorité organisatrice des transports en Ile-de-France s’inquiète de la dégradation de la régularité du métro parisien depuis cet été. Sur les lignes 3, 4, 6, 8 et surtout 11, 12, 13, le taux de régularité s’établit entre 84 % et 92 %, selon Laurent Probst, le directeur général d’IDFM. « C’est rare d’avoir des chiffres aussi bas sur plusieurs lignes de métro », a-t-il reconnu devant l’AFP, évoquant un manque de personnel, et donc des temps d’attente beaucoup trop longs entre deux rames et une explosion de plaintes sur les réseaux sociaux. Selon Laurent Probst, « le problème de personnel qu’on pensait cantonné au bus déborde maintenant sur le métro et c’est inquiétant ».

Alors que les associations d’usagers expliquent aussi cette situation par une diminution de l’offre de transport public dans le but de faire des économies (les finances d’IDFM étant sous pression), le dirigeant récuse cette cause. « Si on avait l’offre qu’on a commandée, c’est-à-dire 98 % de la normale, les voyageurs s’en rendraient à peine compte et on aurait moins de plaintes sur les réseaux sociaux« , affirme Laurent Probst, avant d’ajouter : « On est tout à fait prêt à commander plus d’offre si la fréquentation remonte, le sujet n’est pas là« .