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Ewa

Nouveau plaidoyer en faveur de l’augmentation des tarifs des transports publics franciliens

En Ile-de-France (le RER B en photo), les usagers paient 38% du coût réél des transports publics. E,n province, 20% sur les réseaux sont dotés d'un métro ou d'un tramway.

Augmenter les tarifs des transports publics, les moduler en fonction de leur usage, et relancer la « vignette » automobile mais en l’étendant à tous les modes de transport :  ce sont quelques-unes des propositions chocs formulées par Gilles Savary et Gilles Carrez pour éviter aux transports publics franciliens, lourdement déficitaires, de foncer dans le mur.

Dans un rapport publié le 30 juin par l’Institut Montaigne et intitulé « Mobilités en Ile-de-France : ticket pour l’avenir », les deux anciens députés, (l’un ancien député PS de la Gironde, l’autre LR du Val-de-Marne), fins connaisseurs des transports, jugent que le modèle de financement de l’exploitation des transports publics franciliens est « déséquilibré » et sa viabilité menacée d’ici 4 ou 5 ans.

En cause, la crise sanitaire qui s’est traduite par un déficit d’1,3 milliard d’euros en 2021. Rappelons qu’au plus fort de la crise, la fréquentation des transports publics (trains, métros, bus ou tramways) s’est effondrée jusqu’à 5 % de son niveau habituel, asséchant les recettes d’Ile-de-France Mobilités, l’autorité organisatrice des transports. Aujourd’hui, tous les passagers ne sont pas revenus : il en manque encore entre 5 et 10 %. « 5 % de fréquentation en moins représente un manque à gagner de 150 millions d’euros, 10 % de moins représente 300 millions d’euros de manque à gagner », résume Gilles Savary. La crise actuelle (guerre en Ukraine et toutes ses conséquences, hausse des prix de l’énergie, des taux d’intérêt et de la dette…) accroît encore la pression.

Un milliard de dépenses annuelles en plus avec le Grand Paris Express

Or, les projets de développement des transports franciliens ne se sont pas arrêtés avec la crise, nécessitant d’importants investissements, et de nouvelles lignes de transport vont bientôt être mises en service (nouveaux tramways, prolongements de lignes de métro et d’Eole, CDG Express, Grand Paris Express), contribuant à alourdir un peu plus la facture.

On sait depuis des années que le Grand Paris Express (200 km de lignes autour de Paris, 68 gares) coûtera chaque année 1 milliard d’euros en frais de fonctionnement supplémentaires.  Mais on n’a rien prévu pour les financer.

Actuellement, le coût de fonctionnement des transports publics franciliens est « majoritairement pris en charge par les contributions des entreprises », via le versement mobilité (VM), rappelle le rapport, tandis que la part payée par les usagers ne cesse de reculer. Elle représente environ le quart du coût réel des transports. Cette part payée par les usagers « est l’une des plus faibles d’Europe pour un réseau de cette envergure », soulignent les deux anciens élus. Selon eux, il faut « impérativement » augmenter les recettes.

Augmenter les tarifs

Ce n’est pas la première fois qu’un rapport plaide pour une hausse des recettes. Dans un rapport publié en février dernier, la Cour des Comptes l’envisageait aussi, parmi d’autres pistes, pour remettre à flots les finances d’IDFM. Mais aujourd’hui, le contexte inflationniste et les revendications en faveur d’une hausse du pouvoir d’achat, et parfois en faveur de la gratuité des transports ne poussent pas vraiment dans ce sens. « Nous alertons sur le mirage de la gratuité. Faire payer les transports permet de mener une politique sociale et de faire payer ceux qui le peuvent : il n’est pas normal par exemple de ne pas faire payer ses transports à un touriste qui viendrait de dépenser 500 euros dans les grands magasins. Cela permet aussi de réguler les flux de passagers », affirme Gilles Savary. « Les voyageurs sont avant tout sensibles à la qualité de l’offre. On le voit à Lyon, où la hausse des tarifs s’est accompagnée d’une hausse de la fréquentation grâce à l’amélioration de l’offre ». Pour Gilles Carrez, « les recettes tarifaires devaient augmenter au même rythme que le PIB régional. C’est le cas dans la métropole lyonnaise qui a réussi à faire remonter le ratio recettes sur dépenses à hauteur de 50 % ».

Les deux ex-Parlementaires ne proposent pas de solutions « univoques« , mais « plusieurs curseurs pour trouver 1,3 milliard« . Il faut à la fois « sécuriser » le versement mobilité et le faire mieux accepter aux employeurs, en reprenant la proposition de l’ancien député socialiste Philippe Duron qui, dans un précédent rapport remis il y a un an, recommandait d’interdire toute augmentation du VM dès lors qu’une collectivité déciderait d’abaisser le tarif des transports pour les usagers.

Il faut aussi, toujours selon eux, faire augmenter progressivement sur une quinzaine d’années, le ratio recettes sur dépenses, autrement dit la part payée par les usagers. Pas question toutefois de remettre en cause la tarification sociale mise en place pour les plus démunis. Pas question non plus de toucher au pass navigo dézoné. Mais il ne serait maintenu que pour les trajets domicile-travail, domicile-étude, domicile-santé. Les déplacements occasionnels sont principalement ciblés avec des tarifs renchéris pour « se rapprocher du vrai coût des transports ».

La tarification pourrait ainsi être modulée selon l’usage des réseaux de transport en fonction de paramètres, tels que le niveau de service rendu, l’heure du trajet ou la distance parcourue…  « Cette tarification à l’usage fonctionnerait en post-paiement« , précise le rapport.

« On aboutirait à une tarification plus juste qui peut rapporter des recettes complémentaires », souligne Gilles Savary. « L’ensemble des ressources devraient progresser de 1 à 1,3 milliard à l’horizon 2030 », indique de son côté Gilles Carrez.

La région, les départements, Paris et l’Etat seraient chargés de décider collectivement de cette politique tarifaire, en définissant une trajectoire financière, à l’image de ce que font d’autres métropoles étrangères. « C’est loccasion de redonner de la vigueur à la gouvernance collective« , commente Gilles Savary. Pour disposer d’une action plus globale, le rapport propose d’étendre le périmètre d’IDFM à la gestion des routes structurantes en Ile-de-France, afin d’optimiser l’usage du patrimoine routier francilien existant et de l’articuler avec des solutions d’intermodalités.

Le retour de la vignette… y compris pour les vélos

Autre suggestion importante : la mise en place d’une redevance d’utilisation de la route, quel que soit le mode de transport, y compris pour les vélos et les trottinettes (qui profitent de pistes cyclables réservées et donc d’un effort financier de la collectivité). Seule la marche serait épargnée. Le montant de cette vignette serait adaptée en fonction de chaque mode et reversé au bénéfice des transports publics. « Il vaut mieux avoir une taxe avec une base faible mais avec une assiette large« , estime Gilles Carrez.

« On n’évitera pas un jour une nouvelle taxe. La TICPE est condamnée et la taxe carbone aussi. Il faudra donc trouver d’autres ressources. Il n’est pas illégitime que les utilisateurs de la route soient taxés, comme l’est le train quand il utilise les voies ferrées« , souligne Gilles Savry. « Nous ne proposons pas une taxe écologique mais une taxe d’usage. C’est difficile politiquement mais c’est plus acceptable que de faire des péages urbains avec des ZFE qui conduisent à exclure les populations qui ne peuvent pas payer« . Selon l’ancien député, « cette taxe d’usage de la route doit devenir un outil de la politique de transport ».

Le rapport évoque d’autres recettes possibles, basées par exemple sur la taxation de la valorisation du foncier (lorsqu’un nouveau mode de transport dessert un territoire) ou la taxation des colis. Il recommande aussi de décaler les horaires d’arrivée aux bureaux pour alléger les RER et les métros lorsqu’ils sont saturés le matin et le soir. Et il insiste sur la nécessité de mieux desservir les territoires périphériques oubliés du Grand Paris Express, en recourant à des cars express roulant sur des voies dédiées, avec des rabattements sur des pôles multimodaux.

Reste à savoir ce qu’il adviendra de ce rapport, alors que de nombreuses pistes esquissées relèvent de décisions de l’Etat.  Pour Gilles Savary, qui a « bien conscience que les rapports s’accumulent dans les tiroirs ministériels« , certaines solutions seront tôt ou tard « imparables« .

Marie Hélène Poingt

 

 

 

Ewa

Succès des TER en Nouvelle-Aquitaine

TER Nouvelle Aquitaine
Les TER de Nouvelle-Aquitaine connaissent un bel engouement. « On a dépassé de 10 % la fréquentation de 2019 », a annoncé le 4 juillet Hervé Lefèvre, le directeur régional TER Nouvelle Aquitaine, en présentant les offres de l’été avec Renaud Lagrave, le vice-président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine chargé des Mobilités. L’élu précise : « Malgré tous les “sachants” qui ont défilé dans mon bureau pour m’expliquer que “ce ne serait plus jamais comme avant“, nous avons retrouvé la même fréquentation qu’en 2019, dès le début d’année, puis dépassé de 10 % à partir du mois de mars et même atteint + 12 % au mois de juin. Et c’est bien parti pour dépasser ces chiffres pour les mois de juillet et août ».
Une cinquantaine de trains sont en « sur-occupation », explique Hervé Lefèvre. « Toutes ces relations sont sous observation, et nous avons trouvé une solution pour les trois quarts, en mettant du matériel supplémentaire. Reste une quinzaine de trains pour lesquels nous demandons l’intervention de nos agents d’accompagnement. Concrètement, nous mettons du personnel à quai pour, par exemple, essayer de persuader des voyageurs de prendre le train suivant. »
Le vice-président chargé des Mobilités assure pourtant mettre des moyens à disposition. « Nous avons demandé à la SNCF de mettre plus de trains ou d’augmenter la fréquence. Les TER Bordeaux – Dax sont composés de trois voitures au lieu de deux. Mais ce n’est pas possible partout, parce que les quais ne sont pas assez longs dans toutes les gares. Et pour la fréquence vers Arcachon, nous avons toujours le problème de capacité au sud de Bordeaux. Malgré nos efforts, il arrive un moment où on atteint nos limites ». Et Renaud Lagrave de poursuivre : « La région ne reçoit aucune aide de l’État. Nous faisons ces efforts à moyens constants, alors que les villes et les agglomérations reçoivent le versement mobilité. Nous, rien ! Au moment où les Français ont envie de prendre le train, il faut que l’État fasse quelque chose, soit par un élargissement du Versement mobilité, soit par une baisse de la TVA. Ce doit être la préoccupation du nouveau ministre des Transports enfin nommé. »
Néanmoins, cette hausse de la fréquentation, hormis sur quelques dessertes, reste supportable. « Il reste des places libres dans de nombreux TER. Rassurez-vous, ce n’est pas le RER parisien. » C’est pourquoi la Région a mis en place plusieurs offres. Cette année encore, elle a renouvelé pour la troisième année consécutive le Pass Escapades, un billet aller-retour sur 1 ou 2 jours (8 à 20 euros selon la distance parcourue), offrant la gratuité pour les enfants jusqu’à 11 ans (3 enfants maximum). Le tarif Tribu offre une réduction en fonction du nombre de co-voyageurs (2 pers – 20 %, 3 pers -30 %, 4 pers -40 %, 5 pers -50 %). Les usagers réguliers du TER détenteurs de la Carte+ (- 25 %) bénéficient de 50 % de réduction pendant les vacances scolaires, les week-ends et jours fériés en solo ou en duo. Les nouveaux bacheliers, fraîchement diplômés, ont droit à un Billet Jeunes offert (un aller-retour sur une journée) pour la destination de leur choix en TER pour un voyage effectué entre le 8 juillet et le 31 août. Et ceux qui n’auront pas eu le Bac, auront tout de même droit à ce Billet Jeunes, mais devront le payer entre 4 euros et 20 euros selon la distance parcourue. Il est valable toute l’année sur les TER Nouvelle-Aquitaine en région et vers les régions limitrophes.
De plus, avec la mise en place du RER métropolitain, esquissée fin 2020 et renforcée en décembre 2021, la Région propose cette année, des dessertes Libourne – Arcachon en 1 h 30, sans changement à Bordeaux.
Cet été sera aussi l’occasion pour les usagers réguliers du TER, de tester le paiement à l’usage avec FlexTER. Imaginée et mis en œuvre par la direction TER de Nouvelle-Aquitaine, cette nouvelle application permet d’enregistrer chaque mois les déplacements des voyageurs inscrits sur l’application FairTIQ, ses montées et ses descentes du train par géolocalisation (données anonymisées) et de lui facturer l’abonnement le plus avantageux pour lui (Abonnement 20/30 voyages, hebdo, mensuel…). Testée pendant un an, sur les relations Bordeaux – Arcachon, et Bordeaux – Mont-de-Marsan, elle s’applique pour l’ensemble des TER de la région depuis mars 2022. Déjà plus de 700 usagers utilisent FlexTER.
Yann Goubin

Ewa

Grève. Les salaires des cheminots vont être augmentés de 3,1 % en moyenne

manifestation, grève, syndicats

Pendant qu’une grève perturbait les circulations de trains, sur fond de revendications salariales, mobilisant 20 % des agents de la SNCF (selon l’entreprise) , la direction recevait longuement ce matin les organisations syndicales pour leur faire part de ses décisions. La SNCF a décidé de procéder à une augmentation générale des salaires de 1,4 %. La hausse atteint 3,1 % en moyenne si l’on prend en compte les différents éléments annoncés, basés sur le principe de favoriser les rémunérations les plus basses. La SNCF va ainsi augmenter de 500 euros sur un an les salaires (comprenant une prime de 400 euros et 100 euros de gratification pour les vacances). Au bout de compte, les salaires versés aux cheminots du premier collège exécution seront augmentés de 3,7 % tandis que ceux des cadres le seront de 2,2 %. Globalement, estime François Nogué, le directeur des Ressources humaines de la SNCF, « 70 000 cheminots bénéficieront d’une hausse de salaire supérieure à 3,1 %« .

Les salaires à l’embauche vont aussi être revalorisés pour les collèges exécution où on trouve les salaires les moins élevés : + 4 %. « Jusqu’à présent, ces salaires à l’embauche s’élevaient à 20100 euros, juste au-dessus du Smic qui atteint 19747 euros. Avec cette revalorisation, ils se situeront à 6 % au-dessus du Smic« , commente François Nogué. Cette revalorisation devrait aussi permettre à l’entreprise d’être plus attractive pour attirer des candidatures face à la pénurie de main d’oeuvre pour certains métiers.

Des indemnités de production, liées aux conditions de travail, vont aussi être revalorisées de 4 %. Trois d’entre elles, considérées comme particulièrement « importantes« , bénéficieront d’un coup de pouce supérieur (+ 7 %)  : les indemnités de travail de nuit, les indemnités de travail les dimanches et fêtes et celles liées aux sorties d’astreinte.

Ces revalorisations salariales, décidées de façon unilatérale par la direction, auront un effet rétroactif au 1er avril 2022. Mais elles pourraient n’apparaître sur les feuilles de paie qu’à partir du mois d’août, au plus tard en octobre.

« Ces mesures sont encourageantes même si nous demandions une hausse de 5,8 % compte tenu de l’inflation », commente Didier Mathis, le secrétaire général de l’Unsa-Ferroviaire, en précisant que la gratification pour vacances, qui sera versée fin juin, va passer de 400 à 500 euros. Thomas Cavel, le secrétaire général de la CFDT Cheminots, se montre plus sévère, reconnaissant « des mesures« , mais « pas suffisantes » car elles ne « permettent pas de couvrir l’impact de l’inflation« . Pour Sud-Rail, « le compte n’y est pas« , tandis que la CGT-Cheminots juge le dispositif « pas à la hauteur« .  Et appelle à la poursuite du « processus unitaire« .

La SNCF sait qu’elle n’en a pas fini avec les revendications salariales. De nouvelles discussions seront ouvertes dès décembre (au lieu de janvier) pour préparer la NAO (négociations annuelles obligatoires) sur les salaires de 2023, indique François Nogué, en rappelant qu’une enveloppe de 2,7 % avait déjà été accordée via des primes en début d’année. Ce qui représente au total une hausse globale de 5,8 %, calcule-t-il.

Les mesures salariales décidées aujourd’hui représentent un surcoût d’environ 280 millions d’euros pour la SNCF, elle aussi confrontée à la hausse de ses coûts. Ce qui va rendre encore plus compliqué son objectif d’économies tous azimuts engagé depuis quelques années.

Bien que les syndicats ne comptent pas relâcher la pression, François Nogué estime avoir déminé le sujet « à court terme« . Mais il n’exclut pas, ici ou là, « des conflits locaux sur telle ou telle ligne« .

Selon le DRH, depuis plus de deux ans, l’entreprise n’avait connu que des conflits limités avec des taux de participation tournant autour de 10 %. Le taux de grévistes de 20 % comptabilisé aujourd’hui par l’entreprise (mais 35 à 40 % de grévistes parmi les conducteurs) s’explique, indique-t-il, d’une part par l’appel unitaire à la grève des quatre organisations syndicales représentatives de l’entreprise. D’autre part par le sujet de la mobilisation, très mobilisateur dans le contexte inflationniste actuel.

Marie-Hélène Poingt

 

 

 

Ewa

Le tram T13 entre en service entre Saint-Cyr et Saint-Germain

Shot of the exterior designof the TTNG Citadis Dualis being testedinPetite-Forêt site, Franc
TTNG Citadis Dualis - Petite-Forêt, France
18,8 km, 12 stations, 30 minutes de trajet : ce sont les caractéristiques du nouveau tram T13 qui relie, à partir d’aujourd’hui, Saint-Germain-en-Laye à Saint-Cyr-l’École. 21 000 passagers sont attendus chaque jour à bord.
L’une des particularités de ce tram est de pouvoir circuler à la fois sur les voies spécifiques aux tramways et sur le réseau ferré national (RFN). Ainsi son tracé, après avoir contourné Saint-Germain-en-Laye par une voie nouvelle “tramway“, entre le château et l’ancienne gare de Saint-Germain Grande Ceinture (GC), à l’ouest, se poursuit vers le sud en empruntant l’ancienne Grande Ceinture ouest (GCO) au gabarit RFN.
En 2004, une portion de cette GCO, fermée  en 1939 au trafic voyageurs, avait été rouverte entre les gares de Saint-Germain GC et de Noisy-le-Roi. Mais ce tronçon n’avait qu’une correspondance avec le réseau ferré, à Saint-Nom-la-Bretêche. Désormais prolongée au nord et au sud, la ligne offre un nouvel intérêt, grâce à ses correspondances avec le RER A, à Saint-Germain, et avec les lignes C, N, et U, à Saint-Cyr-l’École.
11 trams-trains Citadis Dualis, construits par Alstom, circuleront sur la ligne. Ile-de-France Mobilités, qui finance à 100 % ce matériel, avait choisi Alstom en 2018 pour fournir 34 trams-trains Citadis Dualis, pour un montant de plus de 170 millions d’euros, dont 23 destinés à la ligne T12 (Massy – Evry). La livraison des trams-trains de la ligne T13, démarré en novembre 2020, s’est achevée en septembre 2021, conformément au calendrier initialement prévu.
Quant aux rames destinées au T12, leur livraison se poursuit : la moitié a déjà été fournie dans les temps en vue de préparer leur exploitation. Alstom a également installé 3,6 km de ligne aérienne de contact sur le tronçon entre la gare du RER A de Saint-Germain-en-Laye et la Gare Camp des Loges, ainsi que 700 mètres de caténaires sur le tronçon entre Saint-Cyr ZAC et la gare RER C de Saint-Cyr, en groupement avec TSO.
Yann Goubin

Ewa

En plus de la grande vitesse, Trenitalia s’intéresse au marché des TER en France

Roberto Rinaudo PDG de Trenitalia France

Invité ce matin devant le Club VRT, Roberto Rinaudo, le président de Trenitalia France, a indiqué que sa compagnie avait transporté près de 350 000 voyageurs depuis le lancement, le 18 décembre, des premiers allers-retours entre Paris et Milan via Lyon, assurés par des rames à grande vitesse Frecciarossa. Le taux de remplissage atteint en moyenne 93 % sur les destinations internationales Paris-Milan. Et environ 50 % sur les navettes entre Paris et Lyon, mais ce taux est à regarder avec précaution, estime Roberto Rinaudo, en raison de la nouveauté de l’offre : la première navette a seulement été lancée le 5 avril, puis deux autres ont suivi le 1er juin. « Nous recevons déjà beaucoup d’appréciations positives de la part de nos clients via nos agents et via les réseaux sociaux« , ajoute-t-il.

La société, qui emploie 160 salariés (dont seulement 5 Italiens, et dont un peu plus d’une cinquantaine de roulants), propose donc désormais 5 allers-retours quotidiens (dont 2 vont jusqu’à Milan), ce qui « représente 20 % de l’offre de l’opérateur historique » sur l’axe Paris-Lyon, souligne le dirigeant italien. Pour s’installer sur le marché français, et notamment faire homologuer son matériel roulant, Trenitalia France a investi quelque « 300 millions d’euros« .

Le patron de la compagnie ferroviaire se donne l’année 2022 avant de décider s’il renforcera ses services sur cet axe. « Notre objectif est de consolider notre offre. Et de décider des conditions de notre développement en fonction des résultats. Nous sommes ouverts mais nous avançons avec prudence« , souligne-t-il, reconnaissant que les études à venir porteront aussi sur d’autres liaisons. Une fois la décision prise, il faudra ensuite compter au moins deux ans avant le lancement effectif d’un nouveau service ferroviaire.

Roberto Rinaudo ne cache pas non plus son intérêt pour le marché des TER qui s’ouvre à la concurrence en France. Il se dit « convaincu de l’intérêt du marché« , auquel il faut répondre avec « de meilleurs services et des prix plus bas« . Trenitalia « ne se positionnera pas partout » mais étudiera les appels d’offres « au cas par cas« , seulement dans des régions où il y a des « synergies » à réaliser ou un « intérêt stratégique« .  Interrogé plus précisément sur l’Ile-de-France, le dirigeant s’est contenté de dire que cette région représente un « marché très intéressant« , avec un  « volume de trafic équivalant au transport ferroviaire régional italien« .

MH P

Retrouvez, dans le numéro de septembre de Ville, Rail & Transports, l’intégralité des échanges qui se sont tenus lors de ce Club VRT

Ewa

Installation du conseil de surveillance de la société de projet GPSO

GPSO

Le conseil de surveillance de la société de projet GPSO a été installé le 4 juillet à Toulouse . Ce conseil, qui réunit 25 collectivités territoriales participant au financement ainsi que SNCF Réseau et SNCF Gares et Connexions, a voté un premier budget de 43,6 M€ qui, avec les financements de l’État, permettra de démarrer les phases pré-opérationnelles du projet.

 

Ewa

Beaune aux Transports, Béchu à la Transition écologique

Elisabeth Borne

La nouvelle équipe gouvernementale, présentée le 4 juillet, comprend enfin un ministre des Transports : Clément Beaune, 41 ans, un proche d’Emmanuel Macron, qui s’était jusqu’alors fait un nom sur les questions européennes. Cette nomination devrait mettre du baume au coeur des responsables des transports publics qui s’étonnaient jusqu’alors de la disparition de ce portefeuille dans le premier gouvernement Borne.

Diplômé de Sciences Po et de l’ENA (promotion Willy Brandt), ancien adhérent du PS, Clément Beaune a travaillé au cabinet d’Emmanuel Macron quand celui-ci était ministre de l’Economie. Il a ensuite été à l’Elysée, de 2017 à 2020, conseiller spécial d’Emmanuel Macron sur les questions européennes, puis son conseiller G20. Il est devenu secrétaire d’Etat chargé des Affaires européenne en juillet 2020, dans le gouvernement Castex, puis, il y a deux mois, au sein du gouvernement Borne, ministre délégué chargé de l’Europe. Habile, il a su se faire entendre de ses pairs et porter les sujets européens auprès des journalistes, représentant l’un des moteurs de la présidence française de l’Union européenne.

Ses connaissances des dossiers européens et du fonctionnement des institutions seront un atout dans le secteur des transports, dont de nombreux pans dépendent de décisions prises à Bruxelles. Parmi les dossiers chauds dont il devra tout de suite se saisir : la question sociale et la multiplication des tensions et des conflits dans l’aérien, le ferroviaire et le routier sur fond de crise énergétique et d’inflation. Il devra aussi répondre aux demandes de soutien du transport public mis à mal par la longue crise sanitaire, alors qu’il représente un des axes forts pour lutter contre le réchauffement climatique.

Ce thème devrait aussi occuper Christophe Béchu, qui remplace à la Transition écologique et à la cohésion aux territoires, Amélie de Montchalin, l’éphémère ministre, battue aux élections législatives. Ce diplômé de l’IEP de Paris, également lauréat de l’école d’avocat de Poitiers, figurait déjà dans le gouvernement Borne au poste de ministre délégué chargé des collectivités territoriales. Il n’arrive donc pas en terrain totalement inconnu mais devra s’atteler à une tâche ambitieuse, le bilan environnemental du précédent quinquennat étant maigre.

Agé de 48 ans, cet ancien sénateur et ancien député européen, proche d’Edouard Philippe, est maire d’Angers et président d’Angers Loire Métropole depuis 2014. Il connaît aussi les enjeux financiers et l’étendue des besoins de financement des transports : il a été nommé en 2018 président l’Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF). Il devra travailler de concert avec Agnès Pannier-Runacher qui a été maintenue au poste de ministre de la Transition énergétique, et avec un autre proche d’Emmanuel Macron, Antoine Peillon, secrétaire général à la Planification écologique, rattaché à la Première ministre et confirmé dans ses fonctions. 

Ewa

Les premiers rails sont soudés dans l’arrière gare de Saint-Denis Pleyel

Travaux en gare de Saint Denis Pleyel, Grand Paris Express
L’étape est symbolique. En livrant début juin le gros oeuvre dans une portion de tunnel commun aux futures lignes 16 et 17 du Grand Paris Express, Eiffage Génie civil (avec Razel Bec pour cette partie des travaux), le mandataire du groupement qui a obtenu le marché du lot 1 de la ligne 16 en 2018, a passé la main aux autres entreprises du groupement, TSO et TSO Rail, filiales de NGE. Ce sont elles qui équipent depuis un mois, la portion de 850 mètres entre l’ouvrage Finot et la gare de Saint-Denis Pleyel, mais aussi l’ensemble du lot, entre cette gare et Aulnay, dont la voie sera commune aux lignes 16 et 17.
Depuis quinze jours, les équipes de TSO Rail soudent les premiers rails du tronçon commun aux lignes 16 et 17 , dans la portion de tunnel entre l’ouvrage Finot à Saint-Denis, dans le nord de la capitale, et la future gare de Saint-Denis Pleyel. Au total, il y aura 29 km de voies à poser, avec 25 communications, 30 km de caténaire rigides. S’y ajouteront, les équipements linéaires, comme la signalétique, les chemins de câbles (31,5 km), les colonnes sèches et les pompes de relevage (2 exemplaires) destinées aux pompiers, et les passerelles (29 km) le long de la voie pour permettre aux mainteneurs de circuler entre deux stations, ou pour évacuer les voyageurs en cas de panne.
Pose de la voie
Une partie de ces équipements linaires est déjà visible dans cette arrière gare de Saint-Denis Pleyel. Mais il reste le principal : la pose de la voie. À un bout du tronçon, un chariot élévateur approvisionne le chantier en traverses béton monobloc. Avec leur coque en plastique, ces traverses ont la capacité d’atténuer les vibrations et donc le bruit. Plusieurs palettes de ces traverses attendent que la place se libère dans le tunnel. Plus loin, d’autres compagnons forment, sur place, les longs rails soudés (LRS) de 144 m à partir de coupons de 18 m. Il aurait été impossible de les descendre en entier dans le tunnel.
À l’arrière d’un camion rail-route, la tête de soudure fixée sur un bras articulé, enserre les deux coupons de rail et commence à chauffer les deux abouts. Très vite, des étincelles jaillissent de part et d’autre, perpendiculairement aux rails. Deux minutes, plus tard, les deux coupons sont solidarisés. Avec la préparation, notamment la manutention pour déplacer les rails, il faut  compter un petit quart d’heure. Un atout, quand il faut reproduire l’opération sept fois pour chaque LRS.
Cette méthode de soudure, développée pour les lignes à grande vitesse est devenue la norme dans les travaux souterrains. Non seulement, elle est plus rapide que la soudure par aluminothermie, mais surtout elle ne dégage pas de fumée. Les agents ne sont donc pas contraints de travailler avec un équipement respiratoire et de travailler lorsque le chantier est moins fréquenté. L’aluminothermie reste toutefois pratiquée pour la pose d’appareil de voies.
Rails « bas carbone »
La particularité du chantier entre Saint-Denis Pleyel et Aulnay est d’employer des rails dits bas carbone, conçus à partir d’acier de remploi. L’usine Saarstahl Ascoval (ex-Liberty Rail) les fabrique notamment à partir de rails issus de chantiers de rénovation de voies de SNCF Réseau (30 à 40 %) mélangés à d’autres ferrailles de faible densité (60 à 70 %). Outre cette matière première recyclée – qui évite l’extraction de minerai brut elle aussi génératrice de CO2 –, l’usine Saarsthal emploie également une méthode beaucoup moins génératrice de CO2. La fonte de l’acier recyclé s’effectue dans un four à arc électrique, alors que le minerai brut est produit dans des hauts-fourneaux. La filière électrique permet de réduire entre 2 et 10 fois les émissions de CO2 par tonne d’acier dans l’ensemble du processus de fabrication.
Le recours à des rails dits à “bas carbone“ sur le tronçon commun des lignes 16 et 17 et trois tronçons de la ligne 15 sud, correspond à la volonté de la Société du Grand Paris (SGP) de réduire ses émissions de CO2, comme elle s’y était engagé en 2010 dans sa stratégie environnementale. Or, l’acier a représenté une part plus importante des émissions de CO2 (39 %) que le béton (39 %) dans les chantiers du Grand Paris en 2021. À eux deux, ils représenteront à terme 4,4 millions de tonnes équivalent CO2 émises pour le Grand Paris. La grande majorité de cet acier est utilisée pour armer le béton. La SGP s’est déjà lancée dans le remplacement des traditionnelles armatures dans le béton par des treillis métalliques, notamment pour les voussoirs. Mais toutes les pistes doivent être exploitées, notamment celles concernant la fabrication des rails. Celle des “bas carbone“ émet entre 60 % et 90 % de CO2 en moins par rapport à des rails issus de la filière classique.
Yann Goubin

Ewa

La filière vélo se structure autour de l’Association des Acteurs du Vélo Public

Velogik

La filière vélo cherche à se structurer pour se développer en France. Huit acteurs* ont lancé, le 29 juin, l’Association des Acteurs du Vélo Public (AAVP). « Cette association représente plus de la moitié de la flotte française opérée par des autorités organisatrices de la mobilité (AOM)« , indiquent ses promoteurs. « L’AAVP a pour but de faire grandir l’expertise vélo française, de promouvoir et de développer le modèle de services de vélos publics auprès des décideurs de tous les territoire« .

L’association rappelle que le Plan Vélo a pour objectif de faire passer la part modale cyclable de 3 à 9% en 2024 et à 12% en 2030. Pour faire du développement du vélo en centre ville une priorité, elle soutient un « modèle subventionné » et invite les autres acteurs de la filière à la rejoindre. Elle prévoit également d’évaluer l’impact et les usages des systèmes publics de vélo, via Rapport du Vélo Public. Les chiffres sont déjà encourageants : le déploiement des services publics de vélos en libre-service a augmenté de 89% entre 2015 et 2020*, et de 86% pour les vélos en location longue durée,

* Fifteen, Koboo, Green on, PBSC Solutions, Smovengo, Inurba, Vélogik, ViaID.

 

Ewa

Le paiement sans contact expérimenté dans la navette aéroportuaire de Toulouse avant généralisation

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A partir du 4 juillet dans la navette aéroport de Toulouse, on pourra payer son ticket sans contact avec sa carte bancaire ou son téléphone. Cette expérimentation servira de test avant un déploiement sur tout le réseau et tous les modes en 2023. Ce paiement sans contact est inclus dans le programme MaaS (mobility as a service) de Tisséo.