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Ewa

La filiale immobilière d’Auchan réclame 350 millions à Gares & Connexions

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Selon La Lettre de l’Expansion qui a dévoilé l’information, la famille Mulliez a décidé d’attaquer SNCF Gares & Connexions après sa décision unilatérale de dénoncer le contrat de transformation de la Gare du Nord. Ceetrus, la filiale immobilière d’Auchan qui avait été choisie pour rénover et agrandir la gare, dans le cadre d’une société d’économie mixte StatioNord menée avec Gares & Connexions, réclame en effet 350 millions à son ancien partenaire pour la dénonciation il y a 9 mois de ce contrat signé en 2019. La filiale de SNCF Réseau avait alors justifié sa décision de rompre le contrat par le dérapage incontrôlé des coûts, initialement évalués à 389 millions d’euros, qui étaient passés à 600 millions d’euros, puis à plus d’1,5 milliard d’euros. Le calendrier partait aussi à la dérive, avec une fin du chantier finalement envisagée en 2026 au lieu de 2024 au moment des JO. Ce qui avait conduit Gares & Connexions à constater « la défaillance grave de son concessionnaire » avant de décider « sa déchéance ».
Les hostilités lancées, place maintenant aux discussions entre les avocats des deux groupes, sachant que Gares & Connexions réclame également à la partie adverse plusieurs centaines de millions d’euros selon La Tribune du 24 juin.

Ewa

Le prolongement de la ligne 14 avance

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Les travaux de prolongement de la ligne 14 avancent et devraient permettre sa mise en service à temps pour les JO de 2024. « 14 km de voies posées en 14 mois pour le prolongement sud de la ligne 14, à partir de Maison-Blanche, c’est un défi relevé », résume Éric Lebrun, chef de projet système de transport de la ligne 14, lors d’une visite de la gare en construction de Kremlin-Bicêtre-Hôpital, le 8 juin.
Commencée en janvier 2021, la pose de la voie s’est terminée en avril 2022. « Cela fait un linéaire total de 172 km », si on compte les rails, les profilés pour le guidage et les rails d’alimentation, soit 6 éléments par voies, le tout multiplié par deux voies et par 14 kilomètres plus quelques centaines de mètres supplémentaires pour rejoindre l’atelier. 40 000 traverses bétons biblocs ont également été posées.
« Ce qui est compliqué dans cet environnement contraint, c’est l’approvisionnement, avec seulement 7 puits d’accès suffisamment larges », explique Éric Lebrun. Le travail a donc été réparti sur 7 fronts simultanément. Entre 300 et 400 compagnons ont travaillé sur ce chantier au plus fort des travaux, en 2 postes de jour.
Les soudures étaient réalisées la nuit, une opération qui provoque toujours des dégagements de fumée. Même s’ils restent évidemment contrôlés, il est toujours préférable de réaliser ces opérations à un moment où les agents sont moins nombreux. « Il reste 500 mètres de voie à poser entre l’arrière station d’Olympiades et Maison-Blanche », reprend Eric Lebrun. À cet endroit, le tunnel a été creusé de façon traditionnelle, sans tunnelier, ce qui a pris plus de temps et s’est fait indépendamment du reste du percement.
Si le gros œuvre est terminé, il reste à installer les équipements de sécurité, comme les cheminements, l’éclairage ou un système de téléphone fonctionnant sans électricité destiné aux pompiers et associé aux colonnes sèches. Il faudra aussi déployer l’approvisionnement en énergie pour les rames. « 130 km de câbles haute tension vont être tirés et nous allons installer les quatre derniers postes de redressement, parce qu’au-delà de la station MIN-Porte-de-Thiais, la tension devenait trop faible. La mise sous tension est prévue en octobre prochain », indique encore le chef de projet.
Pour faciliter la future exploitation de la ligne, deux communications simples vont être posées à Maison-Blanche et Villejuif-Institut-Gustave-Roussy et trois communications croisées, une à Pont-de-Rungis et deux avant le terminus Aéroport-d’Orly, où le long tunnel d’interstation permettra le stationnement du matériel. Elles assureront aussi la « disponibilité » de la ligne grâce à l’isolation des sections en cas de situation perturbée.
Mi-juin, les premières façades de quai devaient être installées à la gare Villejuif-Institut-Gustave-Roussy. Comme sur toutes les gares du prolongement, elles seront “toute hauteur“. S’élevant jusqu’au plafond de la station, elles permettent d’isoler aérauliquement les stations de la voie elle-même et d’éviter la propagation de fumée d’un espace à un autre en cas d’incendie.
Autre gros chantier, l’automatisation. Son installation va s’accompagner d’une remise à niveau du système automatique dans le tronçon central, âgé de plus d’une vingtaine d’années.
Le matériel va aussi être renouvelé par des MP14 à 8 voitures. « On va passer d’un intervalle entre chaque train de 95 secondes à 85 voire 80. Il faut s’imaginer qu’avec l’arrêt en station, c’est quasiment un train continu sur toute la ligne. À peine une rame a-t-elle quitté une station, qu’une autre arrive », souligne Éric Lebrun. La modernisation de l’automatisation est en effet indispensable au regard de la fréquentation attendue : un million de voyageurs par jour (550 000 aujourd’hui), dont 40 000 rien que pour le tronçon central. Le temps de parcours de cette ligne de 27 km, sera de 40 minutes, avec une vitesse d’exploitation de 40 à 45 km/h. Au rythme actuel du chantier, le prolongement nord de la ligne vers Saint-Denis -Pleyel, et sud, entre Olympiades et Aéroport-d’Orly, devrait être livré en juin 2024, soit quelques semaines avant les Jeux Olympiques qui commenceront le 26 juillet.
Yann Goubin
Un geste architectural pour la gare
Pour construire la gare de Kremlin-Bicêtre-Hôpital, la RATP a dû « mordre » dans une petite partie de l’hôpital du Kremlin-Bicêtre. « On a dû démolir deux bâtiments dans la phase de travaux préparatoires », explique Stéphane Garreau directeur d’opération du prolongement de la ligne 14. Et réduire les emprises de l’hôpital.
img20220608154836 1La “boîte gare”, autrement dit la construction souterraine qui accueille les quais et les voies, mesure 125 m de long sur 25 m de large. « Les rails sont à – 21 m », précise Adrien Queille, chef de projet du chantier de Kremlin-Bicêtre-Hôpital. Au-dessus, se trouvera une vaste salle des échanges pour les voyageurs et des locaux techniques. Au niveau de la rue, un hall d’accueil, ouvert, sera seulement couvert d’un toit très caractéristique en forme de W renversé « comme le pictogramme avec lequel on symbolise habituellement les usines. C’est un geste“ architectural du cabinet Viguier, qui a dessiné la gare. Avec une spécificité, les pans du toit les plus longs ne sont pas tournés vers nord comme pour les usines. mais vers le sud pour faire entrer le maximum de lumière directe », indique encore Stéphane Garreau.

Ewa

Le vélo repart de plus belle

© Zoov

Le bulletin mensuel des fréquentations vélo reparaît, à nouveau publié par l’association Vélo & Territoires, après une interruption de cinq mois. Etabli sur un échantillon de 205 compteurs, il témoigne d’une hausse importante de la pratique du vélo. Sur les cinq premiers mois de cette année, le nombre de passages progresse de 39% par rapport à la même période en 2019, et de 13% par rapport à 2021. De fortes progressions sont enregistrées en milieu urbain (+17% par rapport à 2021), tandis que la fréquentation stagne en milieu rural (+0%) et baisse légèrement en milieu périurbain (-2%) . Pour Vélo & territoires ces chiffres montrent « une pratique urbaine bien installée qui progresse fortement en semaine ». Les pratiques en milieu rural et périurbain, elles, restent « fragiles » : « sans doute orientées vers le loisir, elles sont plus sensibles à la météo ».

https://www.velo-territoires.org/observatoires/plateforme-nationale-de-frequentation/bulletins-frequentations-velo/#

Ewa

Nouvel appel à la grève le 6 juillet

RER B - Magenta

Une grève chasse l’autre. Alors qu’une grève est menée depuis hier en Ile-de-France, pour dénoncer côté Transilien « des changements de planning de dernière minute« , liés aux travaux sur le réseau ferroviaire, et pour réclamer des hausses de salaire, trois syndicats représentatifs de la SNCF (CGT Cheminots, CFDT Cheminots et Sud-Rail) appellent à une grève le 6 juillet. L’Unsa Ferroviaire devrait indiquer mardi 28 juin si elle appelle ou pas à ce mouvement.

Les syndicats demandent des « mesures de rattrapage salariales de l’inflation et un report systématique de la hausse du SMIC sur l’ensemble de la grille ; une augmentation générale des salaires et la revalorisation des primes de travail; une revalorisation de l’ensemble des allocations, gratifications et indemnités pour tenir compte de la hausse des prix« .

Une table ronde est prévue sur les « conditions économiques » avec la direction de la SNCF, ce même 6 juillet, également premier jour des vacances scolaires, alors que la SNCF s’attend à un été record. Pour Thomas Cavel, le secrétaire général de la CFDT Cheminots, ce n’est pas un préavis de grève « préventive » mais « significative« . Face à l’inflation et aux prévisions de l’INSEE, il y a, estime le syndicaliste, « une nécessité absolue de mesures d’urgence« .

Invité le 23 janvier dans l’émission Télématin sur France 2, Jean-Pierre Farandou a indiqué que des discussions sont déjà « engagées » sur ce thème. Selon le PDG de la SNCF, « tout est sur la table. Il existe plusieurs manières d’augmenter le pouvoir d’achat des cheminots« . Et de remarquer : « Le climat social est tendu actuellement, mais pas qu’à la SNCF« , en référence notamment à la situation dans le transport aérien et à la grève qui paralyse actuellement le réseau de chemin de fer britannique.

La multiplication des conflits lors des grands départs ou lors de grands événements (la grève le 24 juin en Ile-de-France a lieu le jour de la finale du Top 14 au Stade de France) montre toutefois que certains syndicats, en particulier du côté de la RATP, cherchent clairement à organiser des grèves à des moments les plus gênants pour les voyageurs, leurs entreprises et les pouvoirs publics. Et n’hésitent plus à le dire, sans tabou. La pression monte alors que les entreprises de transport préparent deux grands événements au retentissement mondial : la Coupe du Monde de rugby en 2023, puis les JO en 2024.

MH P

Ewa

La SNCF prévoit un été record

Quai TGV usagers

Au vu des réservations, la SNCF s’attend à un été « record » dans ses trains, ce qui lui permettra d’oublier la dure période de la crise sanitaire. Déjà, l’été 2021 avait été plutôt satisfaisant avec le retour de la quasi-totalité des voyageurs par rapport à 2019, avant la pandémie.
D’après Christophe Fanichet, le PDG de SNCF Voyageurs, qui s’exprimait il y a quelques jours devant l’AFP, « il y a un réel engouement pour les vacances en France » et les Français recommencent à planifier leurs vacances alors qu’ils avaient tendance ces deux dernières années à se décider au denier moment.
Le dirigeant s’attend à dépasser 2019. « On a déjà vendu 8 millions de billets pour juillet et août, c’est 10 % de plus qu’en 2019 » (et 50 % de plus que l’an dernier à la même date) », a indiqué de son côté sur France le 23 juin Jean-Pierre Farandou, le PDG de la SNCF. Une tendance dans la continuité des +10 % observés sur la grande vitesse en mai et juin.
A propos de la mini-polémique sur le manque de places sur les trains, Christophe Fanichet répons que « tout le parc va sortir, il n’y aura pas de trains en réserve ».
SNCF Voyageurs a d’ailleurs mis en vente 500 000 places supplémentaires par rapport à l’été 2019. Et rappelle que 3 billets sur 4 sont vendus à prix réduits, notamment grâce à la carte commerciale Avantage qui connaît un vrai succès. De ce fait, le montant du panier moyen, autrement dit le prix moyen payé par le voyageur, recule, affirme la SNCF. D’autres initiatives sont aussi à venir pour optimiser le remplissage des trains comme le lancement d’une liste d’attente sur les TGV Ouigo.
Côté TER, si les régions n’ont pas souhaité reconduire le Pass TER Jeunes, un abonnement estival d’un coût de 29 euros destiné aux 12-25 ans, certaines proposent des tarifs très attractifs pour attirer les jeunes générations à bord des trains cet été.

Ewa

Un contrat type pour ouvrir la vente de titres de transport aux plateformes numériques

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La loi d’orientation des mobilités impose aux autorités organisatrices et leurs exploitants de transport, depuis le 1er juillet 2021, à ouvrir à des tiers la vente numérique des titres de transport. Mais le sujet s’avère souvent compliqué.  C’est pourquoi AGIR Transport a pris l’initiative d’élaborer un « Contrat type MaaS », avec l’assistance d’experts en système billettique et de juristes spécialisés en droit des contrats informatiques.

Ce contrat est désormais disponible sur demande sur le site AGIR Transport (www.agir-transport.org) ou sur resO AGIR pour les adhérents, a annoncé le 21 juin l’association. Son objectif est de « simplifier et sécuriser les relations des autorités organisatrices des transports et des exploitants avec les plateformes numériques dans le cadre l’ouverture de la vente de titres prévue par la LOM« , puisque la loi demande qu’un contrat soit établi entre l’autorité organisatrice et ces plateformes.

« Le « Contrat type MaaS » AGIR (convention de délivrance des services de mobilités entre un gestionnaire de mobilité et un fournisseur de service numérique multimodal) peut être repris intégralement ou en partie par les réseaux avec quelques adaptations à réaliser en fonction du contexte local : implication technique et commerciale du ou des exploitants, perception des recettes, modalités techniques de la vente, etc.« , précise encore l’association.

 

Ewa

SNCF Réseau compte réduire ses investissements sur le réseau ferroviaire « structurant »

Chantier SNCF Réseau
C’est un changement majeur dans la stratégie suivie jusqu’à présent par SNCF Réseau et un signal particulièrement inquiétant pour le transport ferroviaire : le gestionnaire des infrastructures s’apprête à réduire drastiquement son périmètre d’intervention sur le réseau ferroviaire. Selon nos informations, SNCF Réseau a calculé que l’inflation va représenter dans ses comptes un surcoût annuel récurrent de 400 millions d’euros. Il va donc devoir faire moins de travaux pour rester dans la même enveloppe financière.
Le budget alloué par l’Etat pour renouveler les voies ferrées est de 2,8 Mds d’euros annuels, comme l’indique le contrat de performance signé avec Réseau -en toute discrétion- le 8 avril dernier.  Mais ce montant est déjà considéré de toutes parts comme insuffisant pour permettre de régénérer suffisamment vite un réseau ferroviaire vieillissant : son âge moyen tourne autour de 30 ans, soit deux fois plus que chez nos voisins allemands par exemple.
Lors d’une réunion du Comité des parties prenantes organisée le 8 juin, Luc Lallemand a confirmé que le niveau de financement prévu par le contrat – 2,8Mds€ donc- n’est pas suffisant, selon des propos qui nous ont été rapportés par plusieurs sources, notamment régionales. Selon le PDG de SNCF Réseau, l’actualisation des données d’audits démontre un besoin de 3,7Mds€.
Aujourd’hui, avec l’inflation qui réduit les marges de manoeuvre de SNCF Réseau, la « seule variable d’ajustement » est de « réduire le montant de régénération sur le réseau classique », a encore affirmé Luc Lallemand, en précisant qu’il s’agit de « maintenir le niveau de qualité et de sécurité, mais de réduire le périmètre d’activité » 
 Des discussions seraient actuellement menées sur le sujet avec les services du gouvernement. Mais selon le PDG,  « si l’Etat n’intervient pas au plus tard en septembre« , il faudra « diviser le réseau en deux parties » : avec d’un côté, le « réseau super-structurant, qui regroupe les lignes UIC 2 à 4 » sur lesquelles SNCF Réseau continuera à investir, et d’un autre côté, le « réseau structurant« , rassemblant les lignes UIC 5 à 6, « sur lesquelles nous allons désinvestir ».
 » On ne sait pas jusqu’où vont aller les coupes sur les lignes UIC 5 à 6…. Et que va-t-il se passer pour les lignes fines de dessertes du territoire reprises par l’Etat car considérées comme structurantes« , s’interroge un connaisseur du ferroviaire, en ironisant sur cette  « nouvelle notion inventée : le réseau super-structurant« .
Rappelons qu’aujourd’hui, le réseau ferré est officiellement classé en deux catégories : les lignes à fort trafic, regroupées dans la classification UIC 2 à 6, et celles à faible trafic, dans la classification 7 à 9 (qui représentent environ 9000 km, sans compter les 3000 km de capillaire fret). Une nomenclature qui ne satisfaisait pas jusqu’à présent SNCF Réseau en raison notamment de l’hétérogénéité des lignes UIC 7 à 9, mais qui lui sert aujourd’hui de base pour rétrécir un peu plus le réseau structurant.
De son côté, Michel Neugnot, le vice-président chargé des Transports de la région Bourgogne-Franche Comté, rappelle que SNCF Réseau est tenu par les objectifs fixés par l’Etat de parvenir à un cash flow à l’équilibre en 2024. D’où de multiples économies et « renoncements » en cours chez SNCF Réseau. L’élu régional regrette aussi fortement l’absence actuelle de débat politique portant sur les questions d’investissements dans les infrastructures. Il est fort possible que Régions de France demande assez rapidement des explications à SNCF Réseau.
Contacté, SNCF Réseau n’a pas souhaité réagir.
Marie-Hélène Poingt

Ewa

Un atlas des mobilités pour en comprendre les enjeux

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La Fondation Heinrich Boll – une fondation politique liée au parti écologiste allemand Alliance 90 / Les verts fondée en 1997 – vient de publier son Atlas des mobilités : 60 pages et 23 chapitres pour comprendre les enjeux et les perspectives de nos déplacements. Réunissant une quinzaine d’experts sous la direction de Jules Hebert, directeur-adjoint, coordinateur des programmes Transition énergétique, Transformation sociale & écologique du bureau parisien de la fondation, cet ouvrage se penche sur les problématiques liées à la mobilité : climat, santé, inégalités sociales et territoriales, inégalités de genre, etc. De nombreuses cartes et graphiques illustrent ces différentes questions et permettent d’appréhender en un coup d’œil un état des lieux du transport en France et en Europe.

Nous n’avons jamais été aussi mobiles… En France, chaque personne parcourt aujourd’hui en moyenne 50 kilomètres, principalement en voiture, contre 4 à 5 kilomètres de marche au début du XIXe siècle. Ces déplacements ont un coût : les transports représentent 28,5 % des émissions de gaz à effet de serre de l’Union européenne en 2019 et 34 % en France. Des émissions essentiellement liées à la combustion des énergies fossiles, le pétrole représentant plus de 90% des consommations d’énergie des transports aussi bien au niveau mondial, dans l’UE qu’en France.

La situation internationale actuelle a encore rendu plus essentielle cette réflexion sur l’énergie consommée par les transports, l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe rappelle douloureusement la dépendance des pays européens au pétrole russe.

Ainsi, le développement du transport ferroviaire, qui émet peu de CO2 comparé aux autres modes de transport est présenté comme un élément central de notre stratégie de réduction des émissions. Le renforcement des trains « du quotidien », des trains de nuits et des interconnexions à l’échelle du continent constituent une alternative à la voiture et à l’avion. Les auteurs rappellent qu’un trajet en train émet 45 fois moins de CO2 qu’un trajet en avion.

L’Atlas est disponible gratuitement sur le site Internet de la Fondation Heinrich Boll (https://fr.boell.org/fr).

S.D.

https://fr.boell.org/sites/default/files/2022-06/ATLAS%20MOBILITES%202022-Bdef.pdf

 

Ewa

Railcoop veut améliorer les performances énergétiques de ses rames

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Les deux X72500 achetés par Railcoop sont à peine arrivés dans les ateliers d’ACCM pour y être expertisés que les deux partenaires annonçaient déjà leur volonté d’améliorer le bilan carbone de ce matériel. Un matériel de vingt ans, dont la conception est plus ancienne encore.
« On n’en est qu’au début de la réflexion », explique Nicolas Debaisieux, directeur général de Railcoop, le 19 mai lors de l’événement marquant l’arrivée des deux rames dans l’entreprise de maintenance de matériel ferré ACCM, installée à Clermont-Ferrand. « La priorité c’est d’abord le diagnostic du matériel, à travers les deux premières rames. On a besoin de ces rames rapidement pour pouvoir exploiter un service voyageurs, attendu par nos sociétaires, mais on a aussi un objectif d’amélioration de leur performance énergétique ».
De son côté, Thierry Cézard, le directeur général d’ACCM explique que « c’est un projet de R&D qui va durer plus longtemps que la livraison de la première rame, probablement plusieurs années, et pour lequel Railcoop nous demande de suggérer des pistes de verdissement ». Et d’ajouter : « On pense spontanément aux moteurs diesels, mais le verdissement est long, cher… On peut aussi agir sur tous les équipements auxiliaires. Avant d’en arriver à la motorisation qui peut être un objectif ultime, il y a des pistes d’améliorations. Notre expérience nous l’a montré. Je pense à l’éclairage, à la climatisation, etc. ».
Pour Nicolas Debaisieux, ces rames sont en quelque sorte déjà « vertes » : « On a des études qui montrent que même avec ces rames diesels, compte tenu du nombre de voyageurs transporté, sur un Bordeaux-Lyon, c’est comme si on se déplaçait en Tesla électrique ! ».
Avant donc cette étape de verdissement, le premier diagnostic devrait être rendu en juillet. Il permettra d’évaluer plus précisément les travaux à effectuer pour la rénovation de niveau 5, dite de mi-vie. « On va démonter la rame, découvrir avec nos experts l’état exact de la situation, et proposer ce qui sera nécessaire de faire, et je dirais, ce qui sera suffisant, sans bien sûr rogner sur quoi que ce soit et notamment pas sur la sécurité, de manière à réécrire un cahier des charges pour le reste des rames », détaille le dirigeant d’ACCM.
Pour l’instant, Railcoop n’a formellement acquis que deux rames X72500, une tricaisse et une bicaisse. Celle-ci servira de magasin de pièces. «  C’est une chance, en ces temps d’approvisionnement tendu, de disposer de cette rame supplémentaire », dit Thierry Cézard. Cela devrait permettre une remise en état plus rapide. « On l’espère pour la fin de l’année, mais ça dépend vraiment de l’état dans lequel les experts d’ACCM trouveront la première rame », précise Nicolas Debaisieux.
Railcoop aura besoin de « 8 rames tricaisses pour effectuer le service voyageurs Bordeaux-Lyon », précise Dominique Guerrée, le président du conseil d’administration de l’entreprise. Il faudra donc que la coopérative achète encore sept rames. « Nous devons encore boucler le financement. Les banques nous questionnent ; “N’êtes-vous pas trop optimistes sur les taux de remplissage ?“., indique-t-il. « Je rappelle juste que Ouigo en Espagne est à 95 % de taux de remplissage dès le démarrage, que Trenitalia est au-delà de 90 %. Ce qu’on constate c’est qu’il y a une envie d’avoir du train. On constate aussi que le prix des carburants augmente. Plus vite on aura ces rames, plus vite on va, à notre modeste niveau, apporter une réponse à des demandes des habitants des territoires qu’on va desservir ».
Yann Goubin

Ewa

Le fret ferroviaire, autre enjeu de la guerre en Ukraine

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C’est une autre arme dans la guerre lancée contre l’Ukraine : le blocage des marchandises, et plus particulièrement des acheminements alimentaires. Avant la guerre, 90% de l’exportation des céréales, dont l’Ukraine est l’un des principaux producteurs mondiaux (le cinquième pour le maïs et le huitième pour le blé), se faisait par la mer Noire. Mais désormais, le blocus des ports par l’armée russe suspend le transport maritime. « Nous devons acheminer par rail une douzaine de millions de tonnes de fret, nous explique Alexander Kamyshin, le  directeur général d’Ukrzaliznytsia  (UZ), la compagnie ukrainienne de chemins de fer. Or nous n’étions pas du tout préparés à exporter de telles quantités. »

L’enjeu est d’autant plus crucial que la nouvelle récolte du blé doit se faire cet été. Or les silos sont encore pleins… L’objectif est d’accélérer à tout prix l’exportation des marchandises. « Nous devons pouvoir coopérer au mieux avec les autres opérateurs européens. Sinon, le fret reste à la frontière », déplore Alexander Kamyshin. Des wagons sont ainsi en attente depuis plusieurs semaines.

Car les freins à l’exportation des marchandises sont multiples. A commencer par la différence d’écartement des rails, entre la norme ukrainienne (1,520 mm, la même qu’en Russie) et celle en vigueur dans la plupart des autres pays européens (1,435 mm). Il est donc nécessaire de transborder les marchandises sur d’autres wagons. Or, comme nous l’explique Aleksandra Röhricht, directrice générale adjointe de Forwardis, le commissionnaire de transport international de marchandises du Groupe SNCF : « le problème majeur est que nous n’avons aujourd’hui pas assez de wagons capables de transporter les céréales. Nous faisons face à une véritable pénurie ».

A la frontière ukraino-polonaise, une autre solution est possible : les bogies des wagons peuvent être changés. La Pologne étant membre à la fois des conventions de transports ferroviaires de marchandises de l’Europe et de la CEI, elle permet la circulation sur son territoire des wagons ukrainiens, plus larges que les wagons européens. Mais se pose à nouveau un problème de matériel : « Il n’y a actuellement pas assez de bogies adaptables pour les wagons ukrainiens », poursuit Aleksandra Röhricht.

Face à ce manque criant de matériel, l’Ukraine en appelle aux politiques : « il faut que l’Europe soit en première ligne sur ce dossier », prévient Alexander Kamyshin. Message reçu par le Parlement européen, qui a déjà voté la suspension des droits de douane sur les exportations ukrainiennes. Mais cette décision n’est pas suffisante, loin de là. Dans une note publiée le 12 mai, la commissaire aux transports Adina Valean appelle à « développer des routes alternatives pour relier l’Ukraine à l’Union Européenne. C’est la solution non seulement pour les fermiers en Ukraine mais aussi pour les consommateurs en Europe et ailleurs ».

En temps normal, 75% de la production ukrainienne de céréales est dédiée à l’export. Un tiers respectivement pour l’Europe, pour l’Afrique et pour l’Asie. « Face au risque de pénurie, il y a la crainte très forte d’une déstabilisation politique dans certaines régions. Il faut se souvenir que les révolutions arabes ont débuté à cause de la hausse du prix du pain et du blé », souligne la chercheuse Delphine Acloque, spécialisée en géographie de l’agriculture.

Quelles routes alternatives sont dès lors envisageables ? Un corridor ferroviaire pourrait être mis en place entre l’Ukraine et le port lituanien de Klaipeda. L’atout de cette ligne est de conserver le même écartement. Seul obstacle et non des moindres : ce trajet passe à travers la Biélorussie. Le régime du dictateur Alexandre Loukachenko a donné son autorisation au passage des convois ukrainiens à condition que les marchandises biélorusses aient elles aussi accès à ce débouché maritime. Or le pays est aujourd’hui visé par des sanctions, suite à l’élection présidentielle de 2020, jugée frauduleuse…

Une autre voie de sortie des marchandises ukrainiennes est envisagée au sud du pays, afin de permettre le transit sur le Danube. Mais les conditions de sécurité ne semblent pas encore suffisamment garanties pour le personnel des compagnies de fret.

Face à l’absence de wagons, les marges de manœuvre restent pour l’instant très limitées : « nos wagons sont déjà réservés pour les prochains mois par des clients, notamment français. Il faudrait que les gouvernements des pays européens nous obligent à rompre ces contrats et à mettre le matériel à disposition de l’Ukraine, observe Aleksandra Röhricht. Il y a sinon l’option de transformer des wagons destinés à d’autres types de marchandises, mais cela prend du temps. »

Or le temps, justement, manque… Le blé est en train de pourrir dans les silos. Et plus que jamais, les céréales deviennent une arme géopolitique. « Beaucoup de pays africains privilégient aujourd’hui une certaine neutralité avec la Russie, afin de pouvoir continuer à importer son blé », note Delphine Acloque. Le président américain Joe Biden a d’ailleurs annoncé mi-juin un plan de construction de silos aux frontières de l’Ukraine.

La guerre aura en outre impacté un autre axe majeur du fret ferroviaire mondial : les nouvelles Routes de la Soie, lancées en 2013 par le président chinois Xi Jinping. « La connexion entre la Chine et l’Europe est toujours opérationnelle, via Brest-Litovsk. Mais les entreprises chinoises mettent de moins en moins de marchandises sur les rails, de peur qu’elles soient stoppées en Russie. Et en raison des sanctions, nous ne pouvons plus travailler avec un grand nombre d’entreprises russes », nous dit Aleksandra Röhricht, avant de préciser : « au cas où le transfert par Brest-Litovsk serait interrompu, nous regardons déjà attentivement le passage par la Mer Caspienne, la Géorgie, la Turquie ».

Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les cartes du fret ferroviaire sont rebattues. La guerre aura donc montré tout à la fois l’importance et la complexité de ce mode de transport.

Antoine Pecqueur