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La filiale immobilière d’Auchan réclame 350 millions à Gares & Connexions



La “boîte gare”, autrement dit la construction souterraine qui accueille les quais et les voies, mesure 125 m de long sur 25 m de large. « Les rails sont à – 21 m », précise Adrien Queille, chef de projet du chantier de Kremlin-Bicêtre-Hôpital. Au-dessus, se trouvera une vaste salle des échanges pour les voyageurs et des locaux techniques. Au niveau de la rue, un hall d’accueil, ouvert, sera seulement couvert d’un toit très caractéristique en forme de W renversé « comme le pictogramme avec lequel on symbolise habituellement les usines. C’est un geste“ architectural du cabinet Viguier, qui a dessiné la gare. Avec une spécificité, les pans du toit les plus longs ne sont pas tournés vers nord comme pour les usines. mais vers le sud pour faire entrer le maximum de lumière directe », indique encore Stéphane Garreau.
Le bulletin mensuel des fréquentations vélo reparaît, à nouveau publié par l’association Vélo & Territoires, après une interruption de cinq mois. Etabli sur un échantillon de 205 compteurs, il témoigne d’une hausse importante de la pratique du vélo. Sur les cinq premiers mois de cette année, le nombre de passages progresse de 39% par rapport à la même période en 2019, et de 13% par rapport à 2021. De fortes progressions sont enregistrées en milieu urbain (+17% par rapport à 2021), tandis que la fréquentation stagne en milieu rural (+0%) et baisse légèrement en milieu périurbain (-2%) . Pour Vélo & territoires ces chiffres montrent « une pratique urbaine bien installée qui progresse fortement en semaine ». Les pratiques en milieu rural et périurbain, elles, restent « fragiles » : « sans doute orientées vers le loisir, elles sont plus sensibles à la météo ».
https://www.velo-territoires.org/observatoires/plateforme-nationale-de-frequentation/bulletins-frequentations-velo/#

Une grève chasse l’autre. Alors qu’une grève est menée depuis hier en Ile-de-France, pour dénoncer côté Transilien « des changements de planning de dernière minute« , liés aux travaux sur le réseau ferroviaire, et pour réclamer des hausses de salaire, trois syndicats représentatifs de la SNCF (CGT Cheminots, CFDT Cheminots et Sud-Rail) appellent à une grève le 6 juillet. L’Unsa Ferroviaire devrait indiquer mardi 28 juin si elle appelle ou pas à ce mouvement.
Les syndicats demandent des « mesures de rattrapage salariales de l’inflation et un report systématique de la hausse du SMIC sur l’ensemble de la grille ; une augmentation générale des salaires et la revalorisation des primes de travail; une revalorisation de l’ensemble des allocations, gratifications et indemnités pour tenir compte de la hausse des prix« .
Une table ronde est prévue sur les « conditions économiques » avec la direction de la SNCF, ce même 6 juillet, également premier jour des vacances scolaires, alors que la SNCF s’attend à un été record. Pour Thomas Cavel, le secrétaire général de la CFDT Cheminots, ce n’est pas un préavis de grève « préventive » mais « significative« . Face à l’inflation et aux prévisions de l’INSEE, il y a, estime le syndicaliste, « une nécessité absolue de mesures d’urgence« .
Invité le 23 janvier dans l’émission Télématin sur France 2, Jean-Pierre Farandou a indiqué que des discussions sont déjà « engagées » sur ce thème. Selon le PDG de la SNCF, « tout est sur la table. Il existe plusieurs manières d’augmenter le pouvoir d’achat des cheminots« . Et de remarquer : « Le climat social est tendu actuellement, mais pas qu’à la SNCF« , en référence notamment à la situation dans le transport aérien et à la grève qui paralyse actuellement le réseau de chemin de fer britannique.
La multiplication des conflits lors des grands départs ou lors de grands événements (la grève le 24 juin en Ile-de-France a lieu le jour de la finale du Top 14 au Stade de France) montre toutefois que certains syndicats, en particulier du côté de la RATP, cherchent clairement à organiser des grèves à des moments les plus gênants pour les voyageurs, leurs entreprises et les pouvoirs publics. Et n’hésitent plus à le dire, sans tabou. La pression monte alors que les entreprises de transport préparent deux grands événements au retentissement mondial : la Coupe du Monde de rugby en 2023, puis les JO en 2024.
MH P

Au vu des réservations, la SNCF s’attend à un été « record » dans ses trains, ce qui lui permettra d’oublier la dure période de la crise sanitaire. Déjà, l’été 2021 avait été plutôt satisfaisant avec le retour de la quasi-totalité des voyageurs par rapport à 2019, avant la pandémie.
D’après Christophe Fanichet, le PDG de SNCF Voyageurs, qui s’exprimait il y a quelques jours devant l’AFP, « il y a un réel engouement pour les vacances en France » et les Français recommencent à planifier leurs vacances alors qu’ils avaient tendance ces deux dernières années à se décider au denier moment.
Le dirigeant s’attend à dépasser 2019. « On a déjà vendu 8 millions de billets pour juillet et août, c’est 10 % de plus qu’en 2019 » (et 50 % de plus que l’an dernier à la même date) », a indiqué de son côté sur France le 23 juin Jean-Pierre Farandou, le PDG de la SNCF. Une tendance dans la continuité des +10 % observés sur la grande vitesse en mai et juin.
A propos de la mini-polémique sur le manque de places sur les trains, Christophe Fanichet répons que « tout le parc va sortir, il n’y aura pas de trains en réserve ».
SNCF Voyageurs a d’ailleurs mis en vente 500 000 places supplémentaires par rapport à l’été 2019. Et rappelle que 3 billets sur 4 sont vendus à prix réduits, notamment grâce à la carte commerciale Avantage qui connaît un vrai succès. De ce fait, le montant du panier moyen, autrement dit le prix moyen payé par le voyageur, recule, affirme la SNCF. D’autres initiatives sont aussi à venir pour optimiser le remplissage des trains comme le lancement d’une liste d’attente sur les TGV Ouigo.
Côté TER, si les régions n’ont pas souhaité reconduire le Pass TER Jeunes, un abonnement estival d’un coût de 29 euros destiné aux 12-25 ans, certaines proposent des tarifs très attractifs pour attirer les jeunes générations à bord des trains cet été.

La loi d’orientation des mobilités impose aux autorités organisatrices et leurs exploitants de transport, depuis le 1er juillet 2021, à ouvrir à des tiers la vente numérique des titres de transport. Mais le sujet s’avère souvent compliqué. C’est pourquoi AGIR Transport a pris l’initiative d’élaborer un « Contrat type MaaS », avec l’assistance d’experts en système billettique et de juristes spécialisés en droit des contrats informatiques.
Ce contrat est désormais disponible sur demande sur le site AGIR Transport (www.agir-transport.org) ou sur resO AGIR pour les adhérents, a annoncé le 21 juin l’association. Son objectif est de « simplifier et sécuriser les relations des autorités organisatrices des transports et des exploitants avec les plateformes numériques dans le cadre l’ouverture de la vente de titres prévue par la LOM« , puisque la loi demande qu’un contrat soit établi entre l’autorité organisatrice et ces plateformes.
« Le « Contrat type MaaS » AGIR (convention de délivrance des services de mobilités entre un gestionnaire de mobilité et un fournisseur de service numérique multimodal) peut être repris intégralement ou en partie par les réseaux avec quelques adaptations à réaliser en fonction du contexte local : implication technique et commerciale du ou des exploitants, perception des recettes, modalités techniques de la vente, etc.« , précise encore l’association.


La Fondation Heinrich Boll – une fondation politique liée au parti écologiste allemand Alliance 90 / Les verts fondée en 1997 – vient de publier son Atlas des mobilités : 60 pages et 23 chapitres pour comprendre les enjeux et les perspectives de nos déplacements. Réunissant une quinzaine d’experts sous la direction de Jules Hebert, directeur-adjoint, coordinateur des programmes Transition énergétique, Transformation sociale & écologique du bureau parisien de la fondation, cet ouvrage se penche sur les problématiques liées à la mobilité : climat, santé, inégalités sociales et territoriales, inégalités de genre, etc. De nombreuses cartes et graphiques illustrent ces différentes questions et permettent d’appréhender en un coup d’œil un état des lieux du transport en France et en Europe.
Nous n’avons jamais été aussi mobiles… En France, chaque personne parcourt aujourd’hui en moyenne 50 kilomètres, principalement en voiture, contre 4 à 5 kilomètres de marche au début du XIXe siècle. Ces déplacements ont un coût : les transports représentent 28,5 % des émissions de gaz à effet de serre de l’Union européenne en 2019 et 34 % en France. Des émissions essentiellement liées à la combustion des énergies fossiles, le pétrole représentant plus de 90% des consommations d’énergie des transports aussi bien au niveau mondial, dans l’UE qu’en France.
La situation internationale actuelle a encore rendu plus essentielle cette réflexion sur l’énergie consommée par les transports, l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe rappelle douloureusement la dépendance des pays européens au pétrole russe.
Ainsi, le développement du transport ferroviaire, qui émet peu de CO2 comparé aux autres modes de transport est présenté comme un élément central de notre stratégie de réduction des émissions. Le renforcement des trains « du quotidien », des trains de nuits et des interconnexions à l’échelle du continent constituent une alternative à la voiture et à l’avion. Les auteurs rappellent qu’un trajet en train émet 45 fois moins de CO2 qu’un trajet en avion.
L’Atlas est disponible gratuitement sur le site Internet de la Fondation Heinrich Boll (https://fr.boell.org/fr).
S.D.
https://fr.boell.org/sites/default/files/2022-06/ATLAS%20MOBILITES%202022-Bdef.pdf


C’est une autre arme dans la guerre lancée contre l’Ukraine : le blocage des marchandises, et plus particulièrement des acheminements alimentaires. Avant la guerre, 90% de l’exportation des céréales, dont l’Ukraine est l’un des principaux producteurs mondiaux (le cinquième pour le maïs et le huitième pour le blé), se faisait par la mer Noire. Mais désormais, le blocus des ports par l’armée russe suspend le transport maritime. « Nous devons acheminer par rail une douzaine de millions de tonnes de fret, nous explique Alexander Kamyshin, le directeur général d’Ukrzaliznytsia (UZ), la compagnie ukrainienne de chemins de fer. Or nous n’étions pas du tout préparés à exporter de telles quantités. »
L’enjeu est d’autant plus crucial que la nouvelle récolte du blé doit se faire cet été. Or les silos sont encore pleins… L’objectif est d’accélérer à tout prix l’exportation des marchandises. « Nous devons pouvoir coopérer au mieux avec les autres opérateurs européens. Sinon, le fret reste à la frontière », déplore Alexander Kamyshin. Des wagons sont ainsi en attente depuis plusieurs semaines.
Car les freins à l’exportation des marchandises sont multiples. A commencer par la différence d’écartement des rails, entre la norme ukrainienne (1,520 mm, la même qu’en Russie) et celle en vigueur dans la plupart des autres pays européens (1,435 mm). Il est donc nécessaire de transborder les marchandises sur d’autres wagons. Or, comme nous l’explique Aleksandra Röhricht, directrice générale adjointe de Forwardis, le commissionnaire de transport international de marchandises du Groupe SNCF : « le problème majeur est que nous n’avons aujourd’hui pas assez de wagons capables de transporter les céréales. Nous faisons face à une véritable pénurie ».
A la frontière ukraino-polonaise, une autre solution est possible : les bogies des wagons peuvent être changés. La Pologne étant membre à la fois des conventions de transports ferroviaires de marchandises de l’Europe et de la CEI, elle permet la circulation sur son territoire des wagons ukrainiens, plus larges que les wagons européens. Mais se pose à nouveau un problème de matériel : « Il n’y a actuellement pas assez de bogies adaptables pour les wagons ukrainiens », poursuit Aleksandra Röhricht.
Face à ce manque criant de matériel, l’Ukraine en appelle aux politiques : « il faut que l’Europe soit en première ligne sur ce dossier », prévient Alexander Kamyshin. Message reçu par le Parlement européen, qui a déjà voté la suspension des droits de douane sur les exportations ukrainiennes. Mais cette décision n’est pas suffisante, loin de là. Dans une note publiée le 12 mai, la commissaire aux transports Adina Valean appelle à « développer des routes alternatives pour relier l’Ukraine à l’Union Européenne. C’est la solution non seulement pour les fermiers en Ukraine mais aussi pour les consommateurs en Europe et ailleurs ».
En temps normal, 75% de la production ukrainienne de céréales est dédiée à l’export. Un tiers respectivement pour l’Europe, pour l’Afrique et pour l’Asie. « Face au risque de pénurie, il y a la crainte très forte d’une déstabilisation politique dans certaines régions. Il faut se souvenir que les révolutions arabes ont débuté à cause de la hausse du prix du pain et du blé », souligne la chercheuse Delphine Acloque, spécialisée en géographie de l’agriculture.
Quelles routes alternatives sont dès lors envisageables ? Un corridor ferroviaire pourrait être mis en place entre l’Ukraine et le port lituanien de Klaipeda. L’atout de cette ligne est de conserver le même écartement. Seul obstacle et non des moindres : ce trajet passe à travers la Biélorussie. Le régime du dictateur Alexandre Loukachenko a donné son autorisation au passage des convois ukrainiens à condition que les marchandises biélorusses aient elles aussi accès à ce débouché maritime. Or le pays est aujourd’hui visé par des sanctions, suite à l’élection présidentielle de 2020, jugée frauduleuse…
Une autre voie de sortie des marchandises ukrainiennes est envisagée au sud du pays, afin de permettre le transit sur le Danube. Mais les conditions de sécurité ne semblent pas encore suffisamment garanties pour le personnel des compagnies de fret.
Face à l’absence de wagons, les marges de manœuvre restent pour l’instant très limitées : « nos wagons sont déjà réservés pour les prochains mois par des clients, notamment français. Il faudrait que les gouvernements des pays européens nous obligent à rompre ces contrats et à mettre le matériel à disposition de l’Ukraine, observe Aleksandra Röhricht. Il y a sinon l’option de transformer des wagons destinés à d’autres types de marchandises, mais cela prend du temps. »
Or le temps, justement, manque… Le blé est en train de pourrir dans les silos. Et plus que jamais, les céréales deviennent une arme géopolitique. « Beaucoup de pays africains privilégient aujourd’hui une certaine neutralité avec la Russie, afin de pouvoir continuer à importer son blé », note Delphine Acloque. Le président américain Joe Biden a d’ailleurs annoncé mi-juin un plan de construction de silos aux frontières de l’Ukraine.
La guerre aura en outre impacté un autre axe majeur du fret ferroviaire mondial : les nouvelles Routes de la Soie, lancées en 2013 par le président chinois Xi Jinping. « La connexion entre la Chine et l’Europe est toujours opérationnelle, via Brest-Litovsk. Mais les entreprises chinoises mettent de moins en moins de marchandises sur les rails, de peur qu’elles soient stoppées en Russie. Et en raison des sanctions, nous ne pouvons plus travailler avec un grand nombre d’entreprises russes », nous dit Aleksandra Röhricht, avant de préciser : « au cas où le transfert par Brest-Litovsk serait interrompu, nous regardons déjà attentivement le passage par la Mer Caspienne, la Géorgie, la Turquie ».
Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les cartes du fret ferroviaire sont rebattues. La guerre aura donc montré tout à la fois l’importance et la complexité de ce mode de transport.
Antoine Pecqueur