
Le partenariat public privé (PPP) n’est pas une option pour financer la Ligne Nouvelle du Sud, assurent les vice-présidents en charge des transports des deux régions concernées, Jean-Luc Gibelin pour l’Occitanie et Renaud Lagrave pour Nouvelle-Aquitaine. Ils attendent que l’Etat assume l’engagement qu’il a pris en février 2022, en paraphant un plan de financement comportant plusieurs conventions, dont la dernière remonte à septembre 2025. Le montant de la participation de l’Etat est estimée à 2,5 milliards d’euros.
L’inquiétude s’est installée au sein de la société du Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest (SGPSO), qui regroupe 24 collectivités territoriales participant au projet. Le contexte politique et les arbitrages budgétaires laissent planer quelques incertitudes. Mais surtout, les deux vice-présidents ont été alertés par les récentes déclarations de Dominique Bussereau. Le président de la conférence Ambition France Transports a laissé entendre, dans une interview dans la presse locale, que le montage financier pourrait être revu. Du plus mauvais effet alors que les conclusions du Conseil d’orientation des infrastructures, le COI, ne sont pas encore connues, et que la future loi cadre pour les transports est encore à la rédaction.
Une simulation de deux scénarios
« Pour éclairer les choix financiers à venir », la SGPSO a commandé des travaux à deux cabinets indépendants. Sur les bases du périmètre du projet, du niveau d’investissement, des conditions de financement, chacun a planché sur un scénario. Le cabinet de conseil et d’audit Deloitte a simulé un partenariat public privé (PPP). De son côté, FCL Gérer la Cité, cabinet de conseil spécialisé en ingénierie financière publique, a évalué un portage intégralement public, sous forme d’établissement ou de société publique locale.
Au regard des résultats, le portage financier public de la part de l’État par une structure comme la SGPSO semble le plus pertinent. Il garantirait par rapport au PPP, une réduction de coût de 7 milliards d’euros, représentant un écart annuel de 247 millions d’euros. « Le portage privé se traduit par un surcoût, principalement lié aux frais financiers et à la rémunération du capital », souligne le rapport de la SGPSO. Il recommande un lissage du financement de l’État sur 40 années comme c’est le cas pour la part des collectivités territoriales.
Un retard dans le projet
Une redéfinition du schéma financier en PPP reviendrait aussi à retarder le projet. Or, tout décalage en augmenterait le coût. Selon le planning initial, la mise en service est prévue dès 2032. « La ligne est indispensable pour doubler des capacités ferroviaires aujourd’hui saturées, pour permettre le développement de TER, d’Intercités, de trains de nuit, de TGV et de RER métropolitains de Toulouse et Bordeaux mais aussi pour relier la péninsule ibérique« , rappelle la Région Occitanie. Les débats publics autour de la LNSO ont démarré en 2005, les études de faisabilité en 2008 et les acquisitions foncières entre 2017 et 2020. Le plan de financement a été signé en 2022.








