La première ligne de train en banlieue parisienne à être ouverte à la concurrence va rester à la SNCF : Ile-de-France Mobilités a annoncé le 2 mai que Transilien SNCF Voyageurs est l’opérateur « pressenti » de cette ligne reliant la gare de Paris-Saint-Lazare à celles de Versailles-Rive-Droite, Saint-Nom-la-Bretèche et Cergy-le-Haut. Le prochain conseil d’administration d’IDFM fixé le 20 mai devrait approuver ce choix.
Une victoire importante pour l’opérateur historique qui devrait aussi rassurer les associations d’usagers inquiets d’une possible complexification du système de transport ferroviaire avec l’arrivée d’opérateurs différents. La ligne L représente 4,2 millions de trains kilomètres commerciaux par an, soit 6,5% du réseau exploité par Transilien. Ou encore près de 297 000 voyages par jour, soit 8,7% du trafic Transilien SNCF Voyageurs avec 36 gares desservies.
Fermées pour rénovation depuis plus de sept mois, les six dernières stations du T1, à l’est de la ligne (Bobigny Pablo-Picasso, Jean-Rostand, Auguste Delaune, Pont de Bondy, Petit Noisy et Gare de Noisy-le-Sec) sont à nouveau desservies depuis le 22 avril. Elles ont été inaugurées le 30 avril.
Les quais ont été allongés pour s’adapter aux nouvelles rames TW20 et le mobilier des stations a été changé.
Deux stations ont fait l’objet de transformations plus approfondies. La station Bobigny – Pablo Picasso a été déplacée, agrandie et dotée de quais de 110 m de long pouvant accueillir chacun trois rames de 33 m simultanément. Avec un total de 400 m linéaire, elle pourra servir de station de régulation lorsque le T1 sera exploité en 3 tronçons après la mise en service des prolongements à l’ouest et à l’est. Le terminus du T1, la gare de Noisy-le-Sec, a aussi été déplacé afin d’être rapproché de la gare ferroviaire desservie par la ligne E du RER.
La RATP a aussi profité de l’interruption du trafic pour effectuer des opérations de maintenance, notamment le remplacement d’environ 1 500 mètres de rails et de bitume entre les stations Auguste Delaune et Pont de Bondy ainsi qu’entre Pont de Bondy et Petit Noisy.
Les aménagements et rénovations de ces six dernières gares s’inscrivent dans le programme de modernisation progressive des 26 stations historiques du T1. Il a été financé par Île-de-France Mobilités (55 millions d’euros) et le département de la Seine-Saint-Denis (pour près de 8,5 millions d’euros).
Les travaux à la station Gare de Noisy-le-Sec, ont été mis à profit pour déplacer les réseaux, en prévision du futur prolongement vers Val de Fontenay. Celui-ci est prévu en deux phases, d’abord en 2028 jusqu’à la station Rue de Rosny à Montreuil, puis en 2030 jusqu’à Fontenay-sous-Bois.
À l’ouest de la ligne, la ligne devait atteindre Rueil-Malmaison en 2030, mais cette échéance a été repoussée en janvier, 2025.
Dans la gare de Villiers-Champigny-Bry, sur la future ligne 15 sud (Pont-de-Sèvres – Noisy-Champs), les compagnons s’activent : les travaux doivent être terminés « d’ici deux à trois mois », assure Rémi Herbert, chef de projet de la gare au sein de la Société des Grands Projets (SGP).
Les travaux d’aménagements extérieurs et intérieurs sont en cours. De même que les essais d’alimentation électrique de la gare, préalable au déploiement du raccordement définitif qui permettra de réaliser les essais des équipements de la gare.
En sous-sol, à 23 m de profondeur, les façades de quais sont en cours de tests. Les équipes testent aussi le poste de redressement pour alimenter les trains.
La gare ne sera ouverte qu’au moment de la mise en service prévue au dernier trimestre 2026. Mais elle va servir de modèle aux quinze autres gares de la ligne qui, d’ici là, doivent être achevées.
La SGP va progresser d’est en ouest. D’abord, la zone 1, de la gare de Noisy-Champs à celle de Villiers – Champigny – Bry, puis la zone 2 entre les Champigny Centre et Créteil L’Échat, la zone 3, entre Vert de Maisons et Villejuif – Gustave Roussy et, enfin, la zone 4, entre Arcueil – Cachan et Pont de Sèvres.
Des milliers de tests doivent être réalisés sur chacun des équipements de chacune des gares. La SGP les classe en deux parties : ceux qui concernent le fonctionnement des gares d’une part (escaliers mécaniques, ascenseurs, panneaux d’information voyageurs, alarmes incendie, billettique, etc.) et la circulation des trains d’autre part (rames, automatismes de conduite, radio, façades de quais, etc.).
Il y a d’abord les essais en usine, chez le fabricant avant leur livraison, puis des essais dits “système“, une fois installés en gare et raccordés électriquement. Les compagnons vérifieront ensuite que ces équipements fonctionnent correctement ensemble.
Cette étape des essais “d’intégration“ permet par exemple de s’assurer que les portes-pallières s’ouvrent au bon moment lorsque la rame est à quai. Lors des essais de validation, on teste la résistance du système avec de plus en plus de trains en service ainsi qu’en mode dégradé lorsqu’il y a des aléas.
Le Centre d’exploitation Champigny réunit le poste de commandement et la maintenance du matériel
À quelques centaines de mètres de la gare de Villiers-Champigny-Bry, de l’autre côté de la ligne SNCF emprunté par le RER, le Centre d’exploitation Champigny, abrite le Site de maintenance et de remisage (SMR) de la ligne 15 sud. C’est là que sont livrées les MR6V de la ligne, au rythme d’une toutes les deux semaines. Elles arrivent du centre d’essai ferroviaire de Valenciennes, en convoi exceptionnel par lot de trois voitures qui sont réassemblées à leur arrivée, mécaniquement et électriquement, pour former des rames composées de six voitures, de 18 mètres chacune, soit un total de 108 mètres.
Pour l’instant, neuf rames occupent les voies du centre de maintenance sur les 27 nécessaires à l’exploitation de la 15 sud.
Le matériel est testé, d’abord à sa sortie de l’usine Alstom, à Valenciennes. Puis à Champigny après le réassemblage.
Les rames subissent des essais statiques, puis dynamiques, menés par Systra, Siemens et Hitachi. Elles sont conduites manuellement sur quelques centaines de mètres à la sortie du faisceau du centre de maintenance. Puis les tests se font automatiquement une fois l’ensemble des installations validées.
Le Centre d’exploitation héberge aussi un outil essentiel pour l’exploitation de la ligne : le poste de commandement centralisé (PCC). Il est composé de 25 postes à partir desquels les opérateurs de RATP Dev pourront piloter à distance la circulation des trains, surveiller et réguler le trafic. Ils feront face à un immense mur d’images où pourront s’afficher le plan de la ligne ou des points en particulier grâce aux images de vidéosurveillance.
Derrière les trois rangées de tables occupées par les opérateurs, cinq postes supplémentaires seront installés dans différents box fermés permettant de gérer des incidents isolés, comme un départ d’incendie dans une gare, sans gêner les opérateurs dans la gestion des circulations. Enfin, une salle de crise est en cours d’installation à côté de la salle des opérations du PCC afin d’organiser des réunions en cas d’incidents.
Destiné d’abord à la 15 sud et à ses 27 trains, ce PCC pilotera aussi, à terme, la 15 est (75 km) et ses 110 trains.
RATP Dev a remporté, en groupement avec Alstom, et ComfortDelGro, la première délégation de service,
La gare d’Angoulême innove : avec 840 panneaux photovoltaïques installés sur le toit de sa grande halle voyageurs, le site veut devenir un modèle de développement durable.
Cette halle métallique, couvrant une surface de 3085 m2 est longue de 119 mètres, large de 26, pour une hauteur de 11 mètres. Construite en 1886 par la Compagnie d’Orléans, elle n’avait pas été rénovée depuis plus de quarante ans. C’est dire l’état dans lequel elle se trouvait lorsque les travaux ont été entrepris en octobre 2024 par l’entreprise mandataire Baudin– Chateauneuf.
Un important échafaudage prenant racine sur les quais supporte, à sept mètres du sol au-dessus des caténaires, un platelage où les ouvriers peuvent évoluer. Au fur et à mesure de l’avancement du chantier, une zone de confinement est installée pour le décapage des composants métalliques, opération préalable à la mise en peinture.
Pour Yannick Nicaud, responsable des travaux, « il s’agit d’un chantier tout à fait inédit en milieu ferroviaire. Il faut assurer la restauration tout en conciliant modernité et respect du patrimoine. »
Un lanterneau à double lame vitrée intégré à une couverture en zinc accueillera chaque panneau photovoltaïque. Les panneaux sont répartis sur plus de 2000 m2, soit les trois quarts de la surface totale de la toiture. Ainsi, cette installation venant en substitution d’une verrière feuilletée va permettre un allègement substantiel de l’ordre de 10 kilos par m2, soit un gain de 16 tonnes de matières.
Les panneaux installés représentent chacun 390 Kc soit une puissance totale de 327,6 KWc et couvriront 40 % des besoins en alimentation électrique de la gare.Par ailleurs, pendant les fortes chaleurs les voyageurs fréquentant la gare devraient bénéficier d’une baisse de la température de l’ordre de 4 degrés.
Les travaux prendront fin en mars 2026 pour accueillir les 6 000 voyageurs quotidiens. SNCF Gares & Connexions assure le financement total de l’opération, soit 17, 4 millions d’euros.
Transdev étend son offre de services à Las Vegas. L’opérateur de transport public a annoncé le 30 avril avoir obtenu un nouveau contrat de transport adapté dénommé « paratransit » pour le compte de la Commission des transports régionaux du sud du Nevada (RTC).
La filiale de la Caisse des dépôt, qui va bientôt passer sous pavillon allemand, exploitait déjà, depuis juin 2023, le service de bus de Las Vegas.
Cette activité nouvelle comprend plus de 400 véhicules et l’emploi de 857 collaborateurs, dont 704 conducteurs. « Transdev U.S. gère désormais dans le sud du Nevada une flotte de plus de 800 véhicules et une équipe de plus de 2 300 collaborateurs. Le contrat initial de cinq ans, valorisé à 579 millions de dollars, comprend des options pouvant prolonger l’accord jusqu’à quatre ans », précise un communiqué.
Selon Thierry Mallet, le PDG du groupe, également cité dans le communiqué, Transdev U.S. exploite désormais « l‘un des réseaux de transport les plus étendus du pays ». L’année dernière, l’activité américaine a atteint 2,7 milliards d’euros, soit 27 % du chiffre d’affaires global du groupe, qui se présente comme « le plus grand opérateur privé et intégrateur de mobilités aux États-Unis, comprenant les bus, le transport adapté, le ferroviaire, le transport médicalisé non urgent, la micro-mobilité, les navettes et les véhicules autonomes« .
Après cinq décès survenus entre 2020 et 2023 sur les chantiers du Grand Paris Express, la SGP cherche à renforcer les mesures de sécurité. Elle a signé le 28 avril un accord avec la Fédération régionale des travaux publics Île-de-France, le Syndicat parisien des travaux publics (SPTP), l’Union des métiers de la terre et de la mer (UMTM), le Syndicat des entrepreneurs des travaux de voies ferrées de France (SETVF), le Syndicat des entreprises de la transition énergétique et numérique (SERCE), la Fédération française du bâtiment (FFB) Grand Paris Île-de-France et Syntec-Ingénierie.
L’objectif est de sensibiliser 8 000 personnes par an, en priorité les nouveaux arrivants, grâce à des modules spécifiques pour les compagnons (une demi-journée), les encadrants (une journée) et les équipes de direction (une demi-journée). La SGP financera le dispositif, les fédérations professionnelles et les syndicats du BTP l’animera.
Un comité de pilotage réunissant les signataires sera organisé durant le mois de mai pour construire le programme et lancer les premiers modules dès janvier 2026.
Le roi du Maroc a donné le 24 avril le coup d’envoi des travaux d’extension de la ligne à grande vitesse devant relier, sur 430 km, Marrakech à Kénitra dans le nord ouest du pays. L’objectif est de la mettre en service à l’horizon 2030, à l’occasion du Mondial de foot co-organisé par le Maroc, l’Espagne et le Portugal.
Le projet doit permettre de desservir les deux villes en 2h40, soit avec un gain de temps de plus de deux heures. Il est évalué à plus de 5 milliards d’euros. selon l’agence marocaine MAP
La loi sur la sûreté dans les transports a été promulguée le 29 avril au journal officiel. Elle comporte notamment la pérennisation du port de caméras-piétons pour les contrôleurs ainsi que la possibilité pour les forces de sûreté de la SNCF (Suge) et de la RATP (GPSR) de procéder à des palpations sans avoir besoin du feu vert des préfets.
En revanche, le Conseil constitutionnel a censuré, quelques jours auparavant, plusieurs dispositions dont une qui prévoyait la possibilité pour la Suge et le GPSR de pouvoir contraindre toute personne troublant l’ordre public à quitter les gares, stations ou véhicules. Une prérogative qui relève de la seule compétence des autorités de police selon l’institution.
Le Conseil constitutionnel a aussi censuré un article visant à équiper ces agents de pistolets à impulsion électrique et un autre sur la prolongation d’une la vidéosurveillance algorithmique lors de grands rassemblements comme cela avait été testé lors de JO Paris 2024.
Alstom a annoncé, le 25 avril, avoir remporté, au sein du consortium BULEMU qui inclut la société RVP Invest, un contrat pour livrer 35 trains interrégionaux électriques Coradia Stream auprès du ministère des Transports et des Communications de Bulgarie.
D’un montant total de 720 millions d’euros, dont 600 millions d’euros pour Alstom, le contrat inclut la maintenance des Coradia pendant 15 ans : maintenance préventive, réparations et révisions programmées, et réparations d’urgence.
Chaque rame comprendra six voitures, pouvant offrir plus 320 sièges et des espaces dédiés aux vélo et aux poussettes ainsi que de grands porte-bagages.
La configuration finale, les couleurs de la livrée extérieure et des aménagements intérieurs du train seront personnalisées en fonction des exigences de l’autorité contractante au cours de la phase de conception, précise dans un communiqué le constructeur français.
Développés spécifiquement pour le marché européen, les Coradia Stream sont aptes à 160 km/h, équipées de l’ERTMS de niveau 2 et interopérables en Europe.
Quelques jours après une manifestation d’élus et d’usagers en colère et après la présentation d’une nouvelle salve de mesures pour améliorer le fonctionnement de la ligne Paris-Clermont-Ferrand, le nouveau matériel qui circulera sur cette liaison dans quelques années a été officiellement dévoilé. La toute première rame Oxygène est en effet arrivée depuis quelques semaines au Technicentre de Villeneuve-Saint-Georges. Elle a été présentée le 24 avril, par la DGTIM, Caf et SNCF Voyageurs, dans cet atelier deux voies dédiées à la maintenance de ce nouveau matériel et dont l’aménagement a coûté 16 millions d’euros financés par l’État.
« Nous sommes en retard. Et nous le regrettons, vis-à-vis de l’État, de SNCF Voyageurs et des passagers qui attendent ce nouveau matériel », a souligné Alain Picard. Le directeur de Caf France a rappelé les difficultés d’approvisionnement et d’organisation au moment du Covid mais assuré que «désormais tout est mis en œuvre pour respecter les délais » avec en ligne de mire l’homologation du matériel en décembre 2026. SNCF Voyageurs pourra alors commencer les essais en ligne en janvier 2027 et mettre en service les premières rames en décembre sur la ligne Clermont -Ferrand. L’État, l’autorité organisatrice des lignes d’équilibre du territoire a commandé 28 exemplaires ; 16 pour Paris-Limoges-Toulouse et 12 pour Paris-Clermont.
La rame Oxygène 003, de la série Z26700 selon la dénomination SNCF, est la première de la série totalement aménagée, dans la configuration définitive d’exploitation. Elle mesure 188 m de long et est composée de 10 voitures. Celle des extrémités comporte une cabine de conduite et la motorisation est répartie.
La rame compte 420 places assises, dont 317 en 2e classe (avec des sièges couleur bleue) et 103 en première (couleur rouge). En première, les sièges en vis-à-vis sont légèrement décalés pour permettre aux voyageurs d’étendre leurs jambes et de disposer d’une tablette.
La rame n’est pas dotée de voiture bar mais d’un vaste espace cuisine, destiné à la vente ambulante, et, possiblement, d’un guichet de retrait de commande. Elles sont désormais attendues avec impatience et devraient contribuer à améliorer le service.
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