
Avec une hausse de son chiffre d’affaires de 4%, Transdev estime avoir signé « une croissance solide » en 2025. Les 10,44 milliards d’euros engrangés témoignent d’une « bonne dynamique commerciale ». Thierry Mallet, PDG de Transdev, ne cache pas que sa priorité reste l’exécution rigoureuse des contrats en cours. La rentabilité du groupe plafonne toujours sous la barre de 1%. Améliorer la performance opérationnelle constitue l’objectif numéro un de l’opérateur. Son nouvel actionnaire, l’allemand Rethmann, a clairement affiché ses exigences en termes de marge. « Nous sommes à mi-chemin de notre objectif de 2% », promet Thierry Mallet.
Un « impact Rethmann » attendu
L’année a aussi apporté son lot de nouveaux contrats. En France, Île-de-France Mobilités, premier client de Transdev avec 600 millions d’euros de chiffre d’affaires, lui a confié une nouvelle délégation de service public de six ans dans le bus. Le contrat démarre le 1er mai, avec le transfert de 1900 salariés. Aux Etats-Unis, deuxième marché du groupe presque à égalité avec la France, l’opérateur a consolidé un chiffre d’affaires proche de 3 milliards d’euros. Outre-Rhin, Transdev a été renouvelé dans deux grands contrats dans les trains régionaux, en Basse-Saxe et en Bavière, confirmant son rang de premier opérateur ferroviaire privé du pays.
L’Allemagne représente le marché sur lequel il espère monter en puissance. Thierry Mallet croit en « l’impact Rethmann », pour se développer dans l’urbain, un énorme marché sur lequel il n’est pas présent mais que son actionnaire, acteur dans l’eau, les déchets, l’énergie auprès des collectivités, connait parfaitement. En juin, Bercy avait autorisé la privatisation du groupe et son passage sous pavillon allemand via la cession d’une partie des titres de la caisse des dépôts au groupe Rethmann.
Priorité aux modes lourds
Côté métier, les modes lourds, comme le ferroviaire, constituent désormais la priorité de l’opérateur, comme l’illustre, l’an dernier, son arrivée dans le ferroviaire français. Le 25 juin 2025, il réalisait le lancement commercial « historique » de la première ligne régionale exploitée par un opérateur privé depuis l’ouverture à la concurrence en France. « La liaison Marseille-Nice n’a pas démarré dans des conditions faciles », reconnait Thierry Mallet en relevant qu’il n’a pas pu compter sur le matériel roulant attendu. Il estime avoir rempli les objectifs fixés par son client, notamment en termes de ponctualité, et espère signer bientôt un accord social avec les syndicats de la jeune entreprise. Enfin, la percée dans le rail de Transdev pourrait être confirmée avec une victoire dans les trois appels d’offre dans le rail, sur lesquels il s’est aligné: en Poitou-Charentes, pour l’Etoile de Reims et dans le Grand Est (ligne Bruche-Piémont-Vosges). « On a toujours dit que nous voulions commencer en province avant de s’attaquer au mass transit », a rappelé Thierry Mallet, confirmant ses ambitions prochaines dans le train en Île-de-France. Le groupe s’intéresserait aux lignes N et V. La première dessert Paris-Montparnasse, Mantes-la-Jolie, Plaisir, Grignon, Dreux et Rambouillet. Inaugurée en décembre 2024, la ligne de Transilien V emprunte les infrastructures du réseau de Paris-Austerlitz et de la ligne de la grande ceinture de Paris, pour relier Massy-Palaiseau à Versailles-Chantiers en 20 minutes. Les N et V auraient dû changer de mains en décembre 2026, mais en raison de contraintes techniques, le futur opérateur ne sera désigné que fin 2027 pour au deuxième trimestre 2029
107 000 salariés dans le monde
L’un des coûts surveillés par Marcos Garcia, directeur financier du groupe, reste la masse salariale. Elle représente 5,9 milliards d’euros dans les comptes du transporteur qui emploie 107 000 salariés. « Le marché s’est détendu en 2025 mais le turn-over reste important », commente le PDG. Enfin, la bonne santé du groupe et les conditions de marché lui ont permis de boucler une opération de refinancement grâce au placement de 800 millions de dette sur le marché obligataire.







