Municipales à Paris : le privilège invisible du stationnement résidentiel
30 % des ménages parisiens ont une voiture et la plupart ne l’utilise qu’occasionnellement. Faire payer le vrai prix de l’occupation de l’espace public par ces voitures relève de l’équité et permettrait notamment de financer des politiques de mobilité structurantes.

directeur de 6t. © DR
À chaque campagne municipale, les candidats rivalisent de propositions pour améliorer la propreté, renforcer la sécurité, soutenir les commerces de proximité, embellir l’espace public ou accélérer la transition écologique. Une question pourtant demeure en arrière-plan : comment financer durablement la ville du quotidien sans augmenter les impôts ni creuser l’endettement ? Au cœur de ce débat se trouve un levier central, rarement évoqué : le stationnement résidentiel.
Ce silence n’a rien d’anodin. Le sujet touche à la fois au portefeuille des ménages, à la place de la voiture en ville et à l’espace public. En période électorale, peu de candidats souhaitent ouvrir un débat susceptible d’être caricaturé en « mesure anti-voiture ». Pourtant, c’est précisément là que se situe l’un des leviers les plus puissants et les plus équitables dont dispose la collectivité.
Les données ne laissent guère place au doute : à Paris, 70 % des ménages ne possèdent pas de voiture et, parmi ceux qui en détiennent une, près de 70 % l’utilisent moins d’une fois par semaine. Malgré cet usage largement occasionnel, le dispositif actuel consacre une occupation quasi continue de l’espace public à un tarif sans commune mesure avec celui appliqué aux autres usagers : environ une trentaine d’euros par mois pour un résident, quand un visiteur acquitte entre 6 et 18 euros dès la première heure. Dans les faits, 55 % des places payantes en surface (près de 60 000 emplacements
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Publié le 12/05/2025 - Valérie Chrzavzez