« Le chemin de fer a atteint ses limites en Ukraine »
VRT avait rencontré pour la première fois en mars 2022, un mois après le début de l’agression russe, Oleksandr Pertsovskyi. Il était alors PDG de l’entité voyageurs des chemins de fer ukrainiens. Il est devenu le patron des UZ mais n’a rien changé à sa manière d’être : simple et abordable, plutôt en polo bleu foncé qu’en costume cravate, son ordinateur logé dans un petit sac à dos noir. Nous l’avons rencontré à la gare centrale de Kiev.
Ville, Rail & Transports. Quel est l’état du réseau ferré aujourd’hui?
Oleksandr Pertsovskyi. Nous le maintenons du mieux que nous pouvons. Sur un territoire presque grand comme la France, il représente 24.000 km dont 60% sont électrifiés et nous réussissons à faire voyager plus de 28 millions de passagers dont 3 millions de et vers l’étranger.
Ces chiffres augmentent malgré les difficultés : 25% du réseau sont soit inaccessibles car en territoire occupé, soit endommagés. Nous avons un ennemi tenace qui a décidé, avec ses drones, de s’attaquer à nos infrastructures et à notre matériel roulant. En particulier les locomotives, dont 500 ont été détruites. De même, malgré tous nos efforts de maintenance, nous avons perdu en capacité avec 212 voitures endommagées.
Quant à notre flotte de trains de nuit, elle s’est réduite de 2000 à 1600 voitures en état de marche. Nous n’avons qu’une quinzaine de voitures dont le gabarit permet d’aller jusqu’à Vienne ou Varsovie. Alors que nos voitures au gabarit plus large nous permettent de rejoindre Budapest.
Quel est le bilan côté humain?
Il y a d’abord les cheminots qui ont été enrôlés, dont mille sont morts au combat. En service, nous comptons une cinquantaine de tués et 3200 blessés.
Vous exploitez le réseau de manière très classique. Pourquoi?
Cela nous permet d’avoir du personnel sur tout le territoire, au lieu de dépendre de commandes centralisées qui pourraient être attaquées physiquement, ou via des hackeurs russes, pour anéantir une grande partie de réseau. Une signalisation en ERTMS pourrait stopper toute une ligne si elle était endommagée.
Nous travaillons donc très localement avec des aiguilleurs, des gardes barrières, des chefs de gare… Nous réparons sans cesse et sans relâche les dommages causés par l’ennemi.
Nous travaillons à l’ancienne, diriez-vous, mais c’est un atout. L’ennemi est obligé de multiplier les attaques pour gêner notre production. Et puis nous sommes dans un système intégré, ce qui facilite la cohésion de l’ensemble
L'article complet ( 1339 mots) est réservé aux abonnés ou aux détenteurs d’un porte-monnaie électronique, connectez-vous pour y accéder.
*Formule numérique sans engagement à partir de 15,25€ par mois.
Publié le 10/07/2026 - Sylvie Andreau
Publié le 09/06/2026 - Sylvie Andreau
Publié le 09/06/2026 - Sylvie Andreau