
Selon nos informations, Trenitalia France a gagné l’appel d’offres lancé l’automne dernier par SNCF Réseau pour construire un nouveau centre de maintenance non loin de Créteil, à quelques kilomètres au sud de la gare de Paris-Lyon d’où elle opère ses trains à grande vitesse Frecciarossa. Le contrat de concession, signé le 26 février, est prévu pour 35 ans, nous a indiqué Marco Caposciutti, le PDG de la compagnie italienne. « C’est une mise à disposition de foncier« , indique de son côté SNCF Réseau.
La filiale des FS (Ferrovie dello Stato Italiane) devra d’abord contrôler l’état de pollution du site MAPO (Maisons-Alfort Pompadour) mis à disposition, pour éventuellement procéder à sa dépollution. « Nous le ferons en mars. Mais nous ne pensons pas que le site est pollué, « commente Marco Caposciutti.
Viendra ensuite la phase administrative pour obtenir les permis permettant de lancer les travaux de construction de l’atelier. Une étape souvent longue, note le dirigeant. Le chantier pourrait débuter fin 2027. La mise en service du site est envisagée vers la fin 2029, voire au début 2030.
L’atelier de maintenance s’étendra sur une superficie de 20 000 m2. Il pourra accueillir des rames sur trois voies, dont une équipée d’un tour en fosse pour le reprofilage des roues. Une voie permettra aussi de nettoyer l’extérieur des rames. Une centaine de personnes travaillera sur le site.
L’atelier sera ouvert aux entreprises ferroviaires extérieures qui pourront y faire réaliser de la maintenance légère comme l’imposent les règles européennes. Le patron de Trenitalia France vise notamment les opérateurs de fret qui doivent faire vérifier régulièrement le reprofilage des roues de leurs matériels roulants.
L’investissement est évalué à 80 millions d’euros. Le prix à payer pour se développer en France. estime la compagnie italienne qui a lancé, en fin d’année dernière, de nouveaux services entre Paris et Lyon, faisant passer ses allers-retours de 9 à 14.
Actuellement, elle recourt aux services de la SNCF côté France et à son atelier de Milan côté italien pour la maintenance de ses trains. « L’objectif est d’avoir un atelier de maintenance indépendant qui servira pour l’activité en France et pour le Paris-Londres pour la fin 2029. C’est un projet très ambitieux. Nous l’exploiterons sur le même modèle que celui de notre site à Milan et il sera ouvert à d’autres opérateurs« , expliquait en début d’année Marco Caposciutti, confirmant l’intérêt hautement stratégique pour une compagnie de disposer de son propre centre de maintenance.









