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Ewa

Alstom rachète les piles à hydrogène de Cummins

Démonstration 
à Loches du train iLint 
à hydrogène.

Alstom n’en a pas pas fini avec l’hydrogène. Le groupe vient d’annoncer l’acquisition des activités de Cummins dans le domaine des piles à combustible à hydrogène pour le ferroviaire. Il intègre les capacités de production de l’américain, son ingénierie et ses activités de support. Elles bénéficieront aux clients du français qui opèrent déjà ou ont acheté des flottes de trains à hydrogène, en Allemagne, en Italie et en France.

En internalisant ces compétences clés en matière de piles à combustible, Alstom estime pouvoir structurer plus efficacement ses travaux de développement et renforcer ses efforts dans la performance, la durabilité et la gestion de l’énergie des flottes existantes. La maitrise de l’ensemble de la propulsion lui permettra aussi de respecter ses engagements auprès de ses clients.

Cummins, multinationale de l’équipement industriel dans l’énergie, au chiffre d’affaires de plus de 34 milliards d’euros, a décidé de se désengager de l’hydrogène, offrant à Alstom une intégration verticale pertinente. « L’intégration d’activités liées aux piles à combustible à hydrogène nous apporte les moyens nécessaires pour soutenir la fiabilité, la croissance et la maintenance de notre flotte en circulation, ainsi que pour mener à bien le développement des programmes pour lesquels nous avons obtenu des contrats », explique Danny Di Perna, vice-président exécutif et directeur des opérations d’Alstom.

Remplacer les trains diesel

Bien que la technologie des batteries ait considérablement progressé, les trains à hydrogène restent une solution importante pour remplacer les trains diesel sur les lignes à longue distance non électrifiées. « Notre approche est ciblée et rigoureuse, avec des priorités claires. Nous désirons continuer d’accompagner étroitement les besoins opérationnels de nos clients et leur apporter le soutien qu’ils attendent alors que leur politique s’oriente vers le déploiement de trains à traction plus écologique », insiste Danny Di Perna.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ewa

Les plateformes de distribution mettent en garde contre « la concentration »

SNCF Connect
L’appel de l’association française du rail, lancé hier, en faveur d’une distribution par SNCF Connect de tous les opérateurs ferroviaires, ne fait pas l’unanimité. La position des opérateurs ferroviaires alternatifs a même déclenché la colère des plateformes indépendantes de distribution de billets. Leur groupement, baptisé ADN Mobilités, qui rassemble Trainline, Kombo, Omio et BlaBlaCar, vient de réagir à son tour pour « mettre en garde contre la concentration » et appelle à une concurrence ouverte. Pour ADN, la libéralisation du rail ne doit pas renforcer une seule « passerelle« , en l’occurrence SNCF Connect. C’est le scénario qu’elle redoute si tous les billets de tous les opérateurs ferroviaires sont vendus par SNCF.  « Concentrer la distribution autour d’une seule plateforme dominante risque de créer de nouveaux « contrôleurs d’accès » du numérique et de réduire les incitations à l’innovation au point de vente », justifie l’association, partisane d’un « écosystème de distribution pluraliste ». Selon elle, environ 80 % des voyageurs ne donneraient pas la priorité à SNCF Connect s’ils savaient que cette plateforme ne proposait pas de billets d’opérateurs concurrents, ce qui suggère que les voyageurs sont déjà prêts à utiliser d’autres plateformes lorsqu’elles offrent un choix plus large et une meilleure visibilité.

 

 

Ewa

LOM : les dispositions qui pourraient être améliorées selon la Cour des Comptes

Le nouveau terminus nord du tramway T6, inauguré le 14 février.

Dans le rapport annuel qu’elle vient de publier, la Cour des Comptes a choisi de traiter de la cohésion et de l’attractivité des territoires.  Après s’être intéressée en 2025 à la gestion du réchauffement climatique par les acteurs publics, ou l’année précédente, aux politiques publiques en faveur des jeunes, elle a cherché à évaluer si l’Etat remplit bien son rôle au regard des besoins des populations en matière de logement, de santé, d’éducation, d’emploi, de sécurité et de transports.

Une partie du rapport se consacre ainsi à l’analyse des politiques publiques en matière de mobilités. On y retrouve un bilan de la loi d’orientation des mobilités (LOM) du 24 décembre 2019 qui « a marqué une avancée dans le domaine du droit effectif à la mobilité ». Six ans après son adoption, la Cour s’est particulièrement penchée sur les transports du quotidien. En 2019, le trajet moyen domicile-travail s’élève à 26,6 km aller-retour, contre 6 km dans les années 1960 et 72,5 % des trajets sont effectués en voiture. L’accès à la mobilité quotidienne étant un élément essentiel de l’attractivité des territoires, la loi LOM va porter l’ambition de rendre les transports du quotidien plus faciles, moins coûteux et plus propres. À cette fin, elle propose de réformer profondément l’organisation des mobilités, en particulier dans les territoires peu denses, en confiant au couple région/ intercommunalité la responsabilité de construire une offre de mobilité plus simple, plus intermodale et plus coordonnée.

Des plans de mobilité qui tardent à être déployés

Le bilan des auditeurs de la Cour va s’appuyer sur un échantillon de huit régions métropolitaines, sept intercommunalités urbaines, onze intercommunalités rurales et quatre syndicats mixtes chargés des mobilités. Aujourd’hui, une nouvelle gouvernance des mobilités est en place et 100 % du territoire est couvert par une autorité organisatrice des mobilités (AOM). Toutefois, relève le rapport, les plans de mobilité ainsi que les contrats opérationnels de mobilité prévus par la loi tardent à être déployés. Les effets concrets de la LOM pour les territoires les moins dotés de solutions de mobilité sont aussi limités. Sur les huit régions étudiées, une seule a adopté l’ensemble des contrats opérationnels de mobilité début 2025. D’après le document, la planification stratégique des mobilités est pourtant essentielle pour identifier finement les besoins sur l’ensemble du territoire. Cette planification a été introduite en remplacement des plans de déplacements urbains, de mobilité rurale ou de mobilité simplifiés. Elle devait permettre de passer d’une logique d’infrastructures à une logique de services de mobilité tout en intégrant la transition écologique. En clair, la LOM devait permettre de soutenir le développement des transports en commun et des mobilités actives (vélo, marche) et partagées (covoiturage etc.).

Un outil complexe pour beaucoup de régions

Concrètement, les plans de mobilité sont des documents obligatoires destinés aux agglomérations de plus de 100 000 habitants qui doivent être compatibles notamment avec les schémas régionaux d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires. Une version plus souple, les plans de mobilité simplifiés (PDMS), facultatifs, constituent une première étape dans l’appropriation de la compétence d’AOM par les territoires ruraux et les villes moyennes. Si dans certaines régions, la LOM a enclenché une dynamique comme en Centre-Val de Loire ou en Nouvelle-Aquitaine, pour certaines régions, les PDMS restent un outil complexe et peu adapté aux territoires ruraux.

Une offre toujours réduite dans certains territoires

Un deuxième point est problématique selon le rapport : les dépenses de transport ont augmenté malgré l’absence de ressources financières nouvelles pour les AOM. Ces dépenses sont liées à l’offre de transport public qui s’est, dans l’ensemble, développée ces dernières années. Mais elle reste réduite dans les territoires ruraux et périurbains où son développement se heurte à des contraintes financières fortes. Pour être efficace, la lutte contre le désenclavement passe désormais par des bouquets de services de mobilité (covoiturage, transport à la demande, etc.) conçus comme solutions de rabattement vers les réseaux structurants (TER, cars, etc.). Les services express régionaux métropolitains (SERM) sont un bon exemple de l’émergence de cette démarche intermodale mais, note le rapport, « ils n’ont vocation qu’à couvrir une partie des territoires et leur coût élevé rend leur financement difficile ».

Un manque d’outils de coopération  entre AOM

Une autre fragilité de la loi LOM est soulignée par la cour des comptes : la participation des acteurs économiques et des habitants aux choix stratégiques et opérationnels des AOM.  La LOM a bien créé des instances consultatives au niveau des régions et des AOM : les comités des partenaires. Leur mise en place reste incomplète au niveau local. C’est aussi le cas de plusieurs outils de coopération dont la mise en œuvre reste hétérogène d’une région à l’autre. Début 2025, des bassins de mobilité, construits sur la base de diagnostics de flux, avaient toutefois été définis sur l’ensemble du territoire métropolitain à l’exception de la Corse. La loi a laissé une grande liberté aux régions dans la définition de ces bassins pour qu’ils deviennent « des entités cohérentes ». « Une plus grande adéquation des bassins de mobilité avec la réalité des déplacements des habitants est souhaitable pour donner corps à des solutions de mobilité pertinentes », recommande le document qui appelle à plus de coopération.

Si la région s’est affirmée dans le rôle de cheffe de file de la mobilité dans les transports ferroviaires, interurbains et scolaires, la capacité des différentes AOM à travailler conjointement est déterminante. Cette coopération stratégique et opérationnelle passe par la création de structures de mutualisation telles que les syndicats mixtes compétents en particulier en matière de systèmes d’information ou de billetterie et de tarification coordonnés.  » À ce jour, la LOM n’a pas conduit à un recours plus fréquent à ces structures « , pointe le rapport.

Ewa

Le pouvoir des agents de sûreté à nouveau renforcé

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Les agents de sûreté sur le terrain vont bénéficier d’une nouvelle série de prérogatives. Le décret visant ces mesures inscrites dans la loi du 28 avril 2025, vient d’être publié. Après l’utilisation de caméras-piétons, l’installation de caméras dans les tramways pour prévenir les collisions et l’équipement de pistolets à impulsion (tazer), les services internes de la SNCF et de la RATP, soit 4000 agents, sont concernés par quatre nouvelles dispositions.

Palpation, exfiltration, confiscation

La première concerne les palpations de sécurité désormais possible en cas de risque avéré, y compris en l’absence d’arrêté préfectoral spécifique. Les agents sont aussi autorisés à retirer et conserver temporairement des objets dangereux pour prévenir les accidents et éviter leur circulation dans les réseaux de transport. La patrouille aux abords immédiats des lieux de transports (sur autorisation préfectorale) est désormais possible comme leur intervention auprès d’individus en cas d’infraction sur un périmètre élargi, autour des gares. L’accès aux lieux de transport peut aussi être interdit à des individus qui troublent l’ordre public. Enfin, la saisie de marchandise de vendeurs à la sauvette est permise, y compris à proximité des lieux de transport.

De leur côté, les agents de sécurité privés se voient autoriser à faire sortir des réseaux des personnes troublant l’ordre public.

« La mise en œuvre de la loi du 28 avril progresse significativement », commente le ministre Philippe Tabarot. En 2025, sur les 21 millions de Français utilisant les transports en commun au moins une fois par mois, 104700 victimes de vols, violence ou escroquerie ont été recensés. Ces faits sont en baisse de 2% sur un an.

Une réunion contre les violences sexistes

Le ministre Tabarot, Aurore Bergé, ministre de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre la discrimination et Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur, ont réuni le 30 mars l’ensemble des acteurs du secteur pour renforcer la lutte contre les violences sexistes. Le Gart, IDFM, l’UTPF, la FNTV, l’OTRE, Régions de France se sont engagés pour « prévenir, mieux détecter, améliorer la pris en charge des victimes, garantir que les signalements et trouver une réponse concrète aux signalements« . En 2024, 3400 victimes de violence sexuelles ont été recensées dans les transports, dont 91% étaient des femmes.

 

Ewa

Les promesses du Paris-Berlin de la compagnie European Sleeper

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Voir s’élancer de la voie 19, jeudi vers 18h30, un train de nuit pour Berlin via Bruxelles, a été une surprise pour plus d’un habitué de la gare du Nord. La réouverture de cette ligne fermée en décembre est aussi une bonne nouvelle pour le rail européen. Les clients qui ont réservé leur couchette confirment que la demande pour des trains de nuit est là, de la part de petits budgets, de voyageurs qui ont renoncé à l’avion, d’amateurs du rail. Elle a aussi démontré que SNCF Réseau est capable d’accompagner en quelques mois le lancement d’un nouveau service transfrontalier et donc complexe. Le train d’European Sleeper (ES) prouve enfin que le ferroviaire européen offre à des opérateurs audacieux les ressources pour relever leur pari, comme le prouvent cette locomotive flambant neuve louée à Railpool ou les wagons et le personnel opéré pour ES par son prestataire Chart Train.

A la petite cérémonie de lancement, en face de la gare, ils étaient donc nombreux à applaudir avec enthousiasme les deux fondateurs d’European Sleeper, Elmer van Buuren et Chris Engelsman, comme le ministre belge des Transports qui a promis le soutien financier de son gouvernement à la liaison, ou Rachel Picard, patronne de la compagnie Velvet, venue soutenir ses confrères.

 » Ne rien lâcher face à la bureaucratie du rail « 

L’entreprise belgo-néerlandaise, créée en 2021, avait imaginé ouvrir une nouvelle ligne par an. Elle veut accélérer et le Paris-Berlin sera suivi dans quelques mois d’un Bruxelles-Milan. « La demande est là et on prouve que le train de nuit peut être profitable », assurent les deux entrepreneurs estimant que leur start-up est devenue « une compagnie reconnue ».

Pour preuve, une part toujours croissante de leurs billets est vendue sur les plateformes d’autres opérateurs et non pas seulement sur leur site. Pour eux, la réussite de leur projet est avant tout liée à la rapidité d’exécution. « L’important est d’aller vite. Le rail européen peut être d’une lourdeur bureaucratique incroyable. Quand on vous dit que ce n’est pas possible, il ne faut rien lâcher ».  En France, Elmer van Buuren et Chris Engelsman ont annoncé avoir déjà en tête leur prochain lancement : un Lille-Avignon-Perpignan qui pourrait filer jusqu’à Barcelone.

Une prouesse pour SNCF Réseau

Ce nouveau challenge, SNCF Réseau n’est peut-être pas encore prêt à le relever. Mais avec le nouveau Paris-Berlin de nuit, les équipes de Matthieu Chabanel, leur PDG, estiment avoir démontré leur capacité à soutenir l’ouverture à la concurrence. Elles ont fait en six mois, ce qui leur prenait, il y a peu, entre un à cinq ans.

Gare du Nord, infrastructure la plus dense d’Europe, il a fallu faire de la place aux 14 voitures qui assureront, chaque semaine, trois allers-retours vers et depuis la capitale allemande, mais aussi trouver des voies de service, « une ressource rare », pour garer les trains entre deux services. Tracer des sillons, synchroniser le passage aux frontières, jongler avec les travaux, trouver de la capacité disponible résiduelle, a aussi été « extrêmement compliqué ». « Nous travaillons aujourd’hui pour 70 opérateurs mais nous en compterons 50 de plus d’ici 2033 pour une croissance du trafic de l’ordre de 20% », rappelle-t-on chez SNCF Réseau qui espère que le succès d’ES suscitera des vocations auprès d’opérateurs de trains de nuit.

A quand le retour du Paris-Vienne ?

C’est aussi ce qu’espère le collectif « Oui au train de nuit ». Si la reprise du train de nuit Paris-Berlin le réjouit, il milite pour que le Paris-Vienne soit lui-aussi relancé. Un groupe d’adhérents, présents gare du Nord pour saluer la nouvelle ligne franco-allemande, ont profité de la présence d‘élus pour faire entendre leur voix.

L’association salue la performance accomplie par l’opérateur European Sleeper, et par SNCF Réseau, pour mettre en service cette ligne en moins de six mois. Pour les 96 000 signataires de la pétition “Sauvons les trains de nuit Paris – Vienne et Paris – Berlin” lancée en septembre 2025, c’est « une victoire« , et « la preuve que la mobilisation paye« .

Le pire a été évité : ne plus avoir aucun train de nuit international au départ de la France. Mais si des acteurs économiques « courageux » poussent les trains de nuit en Europe, « ils ne peuvent pas tout faire ». Le collectif estime que c’est à l’État d’agir en commandant du matériel roulant, pour relancer « au plus tôt » le Paris-Strasbourg-Munich-Vienne, seule liaison ferroviaire directe entre la France et l’Autriche. Ce train de nuit est selon eux nécessaire pour les nombreux Français résidant en Europe de l’Est, d’autant plus que Vienne est un véritable hub pour relier en train un grand nombre de pays de l’Est et de l’Ouest. « Oui aux trains de nuit » reproche au gouvernement d’après coupé la subvention pour les trains de nuit internationaux, mais de subventionner la ligne aérienne entre Strasbourg et Munich.

Ewa

Keolis toujours sur la voie d’une croissance rentable

Métro à Dubaï.

La présentation des résultats  2025 a été l’occasion pour Christelle Villadary, la directrice financière, qui vient de terminer cinq mois d’intérim à la tête du groupe, de se satisfaire de la performance financière « très solide » de Keolis. Frédéric Van Heems, qui a pris ses fonctions de Pdg le 16 mars, s’est lui réjoui de la bonne dynamique commerciale de l’opérateur sur le dernier exercice, malgré un chiffre d’affaires en retrait de 7,1%.

Sur le plan financier, le groupe améliore significativement sa rentabilité, avec un résultat opérationnel à 201 millions d’euros, en hausse de 19% par rapport à 2024. La marge s’élève à 2,8 %, contre 2,2 % en 2024. Le résultat net, de 33 millions d’euros, est aussi positif pour la cinquième année consécutive. Il a même été multiplié par 2,5, au prix « d’une discipline financière maintenue », indique le groupe. Il poursuit la baisse de son endettement, qui passe sous la barre des 900 millions d’euros (893 millions) « malgré des investissements significatifs en organique et en croissance externe ».

Côté commercial, le groupe évoque « une année de rebond commercial », caractérisée par un double effet portefeuille. En clair, il a souffert de la fin de deux contrats : le tramway de Melbourne et le métro de Lyon, perdu au profit de RATP Dev et qu’il opérait depuis 1993. Il a aussi signé des succès qu’il qualifie de « majeurs » comme les contrats, en Île-de-France, des DSP 9 (bus) et 47 (bus, tramway et gare routière) ou les contrats de Stretto (tram-train T11/T4 et tramway T14), qui prendront pleinement effet sur l’exercice 2026. Keolis affiche ainsi une part de marché de 24% à fin 2025, devenant le deuxième opérateur routier d’Île‑de‑France sur les périmètres Optile et Paris petite couronne. Enfin, grâce aux gains déjà annoncés des lignes 16, 17 et 18 du métro francilien et de la gestion de Saint-Denis Pleyel, en 2026, Keolis va devenir la première entreprise, hors RATP, à exploiter des lignes de métro parisiennes.

En France, son activité a été marquée par des renouvellements ou plutôt des « reconquêtes », comme son nouveau patron, Frédéric Van Heems, préfère les qualifier. C’est le cas dans l’urbain à Rennes et à Tours, ainsi qu’à Arras, Agen, Nevers, Agde, Menton, Montargis, Moulins, Morlaix, Metz où une SEMOP a été créé avec l’Eurométropole. Dans l’interurbain, le groupe a gagné un contrat à Vitré et a été renouvelé en Auvergne, en Hérault, en Loire Atlantique et dans le Morbihan. Au total, en valeur, le groupe estime avoir conservé 100% de ses contrats urbains et 89% de ses contrats interurbains en 2025, soit, dans un contexte de forte concurrence, un bilan commercial 2025 « très satisfaisant ».

Une activité qui se renforce das le bus

A l’international, sur le marché du bus, Keolis a enregistré un « beau bilan ». Il a renforcé ses positions en Suède, avec le renouvellement du contrat de Stockholm et Lidingö, et au Danemark, en remportant deux contrats de bus électriques (Seeland et Jutland du Sud). En Belgique, à l’issue de l’appel d’offres de TEC pour l’exploitation de bus en Wallonie, il a assuré la reconquête de plusieurs lots, notamment Nord-Luxembourg, Hesbaye et Liège Nord-Ouest, représentant plus de la moitié du marché concerné.

2025 a aussi marqué une étape « décisive » dans son développement commercial dans le rail. En Inde, la filiale de la SNCF a remporté l’exploitation de la ligne de métro de Pune et a prolongé d’un an le contrat du métro d’Hyderabad qu’il exploite depuis 2017 (450 000 passagers chaque jour). Au Canada, elle a été retenue pour le projet du futur train à grande vitesse Alto entre Toronto et Québec, dans le cadre d’un consortium aux côtés de CDPQ Infra, AtkinsRéalis, SYSTRA, SNCF Voyageurs et Air Canada. Aux Emirats-Arabes-Unis, Keolis et Etihad Rail ont créé une co-entreprise en vue du lancement du premier service ferroviaire de passagers dans la région, reliant Dubaï et Abou Dhabi. Le lancement commercial est prévu en 2026. Enfin, aux Etats-Unis, le contrat de bus pour la Metro West Regional Transit Authority à Boston (90 véhicules, près de 700 000 voyages par an) a été attribué au Français.

« L’année 2026 démarre sous une dynamique commerciale soutenue et prometteuse, avec plusieurs succès notamment le gain du tramway de Dublin », conclut Frédéric Van Heems, dont l’objectif est d’accélérer la croissance rentable sur 2026 – 2030.

 

Nouvelles têtes

La présentation des résultats 2025 a été l’occasion de la première sortie officielle du nouveau Pdg de Keolis, en pleine phase d’immersion, à l’image de sa virée matinale au centre opérationnel bus de Vélizy, avant son rendez-vous avec la presse.  En septembre, le groupe apprenait le départ de Marie-Ange Debon nommée pour prendre la tête du Groupe La Poste. Depuis 2020, la dirigeante « transformait en profondeur » l’opérateur mondial. Elle a d’abord fait évoluer la culture du groupe notamment en intégrant au sein du Comex et des équipes dirigeantes, avec davantage de profils féminins et business. Son héritage comporte aussi un renforcement des engagements en matière d’environnement. Sous sa direction, plusieurs appels d’offres majeurs ont été remportés comme les lignes 16, 17 et 18 du Grand Paris Express, l’ambitieux projet de train à grande vitesse Alto, au Canada ou encore la reconduction du contrat du Docklands Light Railway (DLR) à Londres.

En février, le nom de son remplaçant a enfin été connu. Frédéric Van Heems aurait pu monter dans un train opéré par Keolis à Boston d’où il a dirigé pendant quatre ans la filiale Amérique du Nord de Veolia, de 2021 à 2025. Il aurait aussi pu rencontrer Marie-Ange Lebon sur les bancs de HEC où tous deux ont étudié. Passé par Areva, Cegelec et Alstom, il avait rejoint Veolia en 2014 pour y faire une carrière fortement marquée par l’international. Chez Keolis, il retrouve une entreprise française mondialisée, spécialisée dans les services. Rien donc de totalement étranger à ce dirigeant de 62 ans qui présentera dans les mois qui viennent son plan stratégique. Il ne devrait pas être très différent de l’actuel mais sera marqué par la devise de son nouveau patron : énergie, efficacité et enthousiasme. 

 

Ewa

La généreuse contribution de Geodis au groupe SNCF

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Si certains avaient encore des doutes sur la pertinence pour la SNCF de garder Geodis dans son giron, sa présidente, Marie-Christine Lombard, en a fait la démonstration magistrale en présentant ses résultats pour 2025. Dans un contexte pour le moins compliqué pour la logistique et ses acteurs mondiaux, la « division » de la SNCF, comme l’appelle sa patronne, a bien enregistré un léger recul de son activité l’an dernier (-4%). Mais avec 10,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, elle pèse toujours un quart de celui du groupe et en reste le deuxième contributeur derrière SNCF Voyageurs (20,8 milliards). Mieux, avec 1,1 milliard d’euros d’Ebitda, sa performance conforte les résultats du groupe SNCF, à qui elle remonte l’essentiel de ses bénéfices. « Nous lui versons aussi des management fees », rappelle Marie-Christine Lombard, à la tête du logisticien depuis 13 ans, et dont le mandat court jusqu’en mai 2027.

En fin d’année dernière, une acquisition ambitieuse a confirmé la stratégie définie par Geodis. Le rachat du transporteur français « historique » Malherbe, ses 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires et sa flotte de 1500 camions vont lui permettre de poursuivre son développement sur le marché français du transport routier de marchandises en lots complets et demi-lots, et de renforcer sa présence dans l’agroalimentaire et la grande distribution, secteurs sur lesquels Geodis était peu présent.

La percée du dernier kilomètre

Face à la paralysie du trafic autour du Moyen-Orient, le groupe mondialisé se réjouit d’avoir veillé à l’équilibre entre ses activités en limitant une trop grande exposition à une zone géographique. La France, l’Europe et les Etats-Unis pèsent toujours chacun autour de 3,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires. « Nous qui sommes des vrais partenaires pour nos clients dans leur recherche de compétitivité, nous constatons que l’incertitude géopolitique pousse à la relocalisation, analyse la dirigeante. Certes, les composants continueront à être fabriqués à l’autre bout du monde, mais les activités d’assemblage vont se rapprocher des marchés ». Geodis mise aussi sur une « fragmentation » de ses activités entre le fret traditionnel et la logistique du dernier kilomètre. Sa filiale Geodis Distribution Express rapporte déjà 1,8 milliard d’euros et se présente comme leader du marché avec 20% des parts, malgré la percée de nouveaux acteurs.

Peu de place au fret ferroviaire

Là encore, Marie-Christine Lombard estime pouvoir compter sur un portefeuille de métiers équilibré. Le transport terrestre pèse à peine moins de 40%, le transport intercontinental 34% et la gestion des stocks et des commandes 27%. Cette dernière activité concentre une forte part des investissements du groupe en camions électriques et systèmes de recharge. 5000 véhicules de sa flotte doivent passer, en France, en 2030, au tout électrique.

Inutile de chercher dans la stratégie de Geodis une place importante pour le fret ferroviaire. « Le transport de marchandises par train ne permet pas de couvrir tous les besoins des clients, c’est une solution qui peut être proposée seulement sur certaines liaisons« , commente l’entreprise.

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Régions de France demandent une série d’amendements à la loi cadre

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Des avancées certaines, mais aussi des faiblesses. Le projet de loi cadre, issu des travaux de la conférence Ambition France Transport, ne fait pas l’unanimité au sein de l’association Régions de France. Sa commission Transports a listé plusieurs revendications. Sa présidente, Carole Delga, présidente d’Occitanie, demande qu’elles soient intégrées sous forme d’amendements dans le texte de loi cadre porté par le Sénat. Lors de son audition au palais du Luxembourg, le 23 mars, elle a fait part de ses revendications aux sénateurs.

Principales lacunes du texte selon elle : le financement des SERM et des petites lignes ferroviaires. Rien n’est prévu à ce stade, pour les services express de réseaux métropolitains alors que les projets totalisent près de 35 milliards d’euros d’investissement. La contribution de l’Etat portée dans les contrats de plan Etat-Région ne représente qu’une « misère » selon la présidente face aux montants à trouver. De leurs côtés, les lignes fines de desserte du territoire sont en déshérence, avec un vrai risque « d’effondrement du réseau secondaire qui a connu un sous-investissement chronique ». « Le fléchage des ressources ne doit pas être réservé à la régénération », estiment les régions.

Le financement des LGV et en particulier de la Ligne Nouvelle du Sud-Ouest est aussi absent du texte. L’Etat, qui s’est engagé à participer à hauteur de 40%, semble s’orienter vers un financement privé. Dans un courrier daté de début janvier, Régions de France s’était alerté, auprès du Premier ministre, de ce revirement. L’association a finalement reçu une réponse. Carole Delga sera reçue d’ici quelques jours par Sébastien Lecornu pour lui faire part de ses inquiétudes.

Une loi de programmation compromise

Le projet de loi cadre fait aussi l’impasse sur les droits des voyageurs (notamment ceux en correspondance), qui vont se poser avec l’ouverture à la concurrence et l’apparition de nouveaux opérateurs. Carole Delga s’inquiète aussi que les sujets de sécurisation des transmissions de données et de billettique ne soient pas dans le texte.

Inscrit à l’ordre du jour de la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable le mercredi 8 avril 2026 matin, le texte devrait être examiné en séance publique à compter du 14 avril 2026. Son parcours parlementaire devrait se terminer par un vote fin juillet à l’Assemblée nationale.

La loi cadre n’est censée être que la première étape de l’ambitieux projet législatif porté par Philippe Tabarot qui a promis une loi de programmation. La socialiste ne se fait guère d’illusion sur le sujet.  « Je ne la vois pas du tout arriver avant les présidentielles », estime la présidente.

Ewa

Instant System renforce son capital

© Flowbird

Le spécialiste de la billettique Instant System change d’actionnaire majoritaire. Le fonds Meanings Capital Partners annonce l’acquisition de la société niçoise « pour accélérer son développement en France et à l’international« . Les plateformes MaaS (Mobility as a Service), l’application et les solutions développées par Instant System en marque blanche, s’adressent aux collectivités locales organisatrices de mobilité ainsi qu’aux opérateurs de transport. La société revendique plus de 20 millions d’utilisateurs quotidiens grâce à une centaine de clients, dont Île-de-France Mobilités, huit régions françaises et plusieurs métropoles. Elle réalise 20% de son activité en Europe (Espagne, Italie, Grèce, Portugal, Croatie), en Afrique du Nord (Maroc, Egypte) et au Canada. La technologie d’Instant System a aussi été reconnue par des « organisations majeures » comme les Jeux Olympiques de Paris 2024.
Avec l’international, le déploiement de modules complémentaires constitue un axe de croissance identifié, par les nouveaux actionnaires et l’équipe dirigeante qui monte aussi au capital.

Créée en 2013, l’entreprise compte plus de 120 collaborateurs. Elle a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires de 15 millions d’euros. En 2021, elle avait bouclé une première levée de fonds de huit millions d ‘euros.

 

 

Ewa

Résultats 2025 : « objectif marge à 2% » pour Transdev

Train Transdev Marseille Nice

Avec une hausse de son chiffre d’affaires de 4%, Transdev estime avoir signé « une croissance solide » en 2025. Les 10,44 milliards d’euros engrangés témoignent d’une « bonne dynamique commerciale ». Thierry Mallet, PDG de Transdev, ne cache pas que sa priorité reste l’exécution rigoureuse des contrats en cours. La rentabilité du groupe plafonne toujours sous la barre de 1%. Améliorer la performance opérationnelle constitue l’objectif numéro un de l’opérateur. Son nouvel actionnaire, l’allemand Rethmann, a clairement affiché ses exigences en termes de marge. « Nous sommes à mi-chemin de notre objectif de 2% », promet Thierry Mallet.

Un « impact Rethmann » attendu

L’année a aussi apporté son lot de nouveaux contrats. En France, Île-de-France Mobilités, premier client de Transdev avec 600 millions d’euros de chiffre d’affaires, lui a confié une nouvelle délégation de service public de six ans dans le bus. Le contrat démarre le 1er mai, avec le transfert de 1900 salariés. Aux Etats-Unis, deuxième marché du groupe presque à égalité avec la France, l’opérateur a consolidé un chiffre d’affaires proche de 3 milliards d’euros. Outre-Rhin, Transdev a été renouvelé dans deux grands contrats dans les trains régionaux, en Basse-Saxe et en Bavière, confirmant son rang de premier opérateur ferroviaire privé du pays.

L’Allemagne représente le marché sur lequel il espère monter en puissance. Thierry Mallet croit en « l’impact Rethmann », pour se développer dans l’urbain, un énorme marché sur lequel il n’est pas présent mais que son actionnaire, acteur dans l’eau, les déchets, l’énergie auprès des collectivités, connait parfaitement. En juin, Bercy avait autorisé la privatisation du groupe et son passage sous pavillon allemand via la cession d’une partie des titres de la caisse des dépôts au groupe Rethmann.

Priorité aux modes lourds

Côté métier, les modes lourds, comme le ferroviaire, constituent désormais la priorité de l’opérateur, comme l’illustre, l’an dernier, son arrivée dans le ferroviaire français. Le 25 juin 2025, il réalisait le lancement commercial « historique » de la première ligne régionale exploitée par un opérateur privé depuis l’ouverture à la concurrence en France. « La liaison Marseille-Nice n’a pas démarré dans des conditions faciles », reconnait Thierry Mallet en relevant qu’il n’a pas pu compter sur le matériel roulant attendu. Il estime avoir rempli les objectifs fixés par son client, notamment en termes de ponctualité, et espère signer bientôt un accord social avec les syndicats de la jeune entreprise. Enfin, la percée dans le rail de Transdev pourrait être confirmée avec une victoire dans les trois appels d’offre dans le rail, sur lesquels il s’est aligné: en Poitou-Charentes, pour l’Etoile de Reims et dans le Grand Est (ligne Bruche-Piémont-Vosges). « On a toujours dit que nous voulions commencer en province avant de s’attaquer au mass transit », a rappelé Thierry Mallet, confirmant ses ambitions prochaines dans le train en Île-de-France. Le groupe s’intéresserait aux lignes N et V. La première dessert Paris-Montparnasse, Mantes-la-Jolie, Plaisir, Grignon, Dreux et Rambouillet. Inaugurée en décembre 2024, la ligne de Transilien V emprunte les infrastructures du réseau de Paris-Austerlitz et de la ligne de la grande ceinture de Paris, pour relier Massy-Palaiseau à Versailles-Chantiers en 20 minutes. Les N et V auraient dû changer de mains en décembre 2026, mais en raison de contraintes techniques, le futur opérateur ne sera désigné que fin 2027 pour  au deuxième trimestre 2029

107 000 salariés dans le monde

L’un des coûts surveillés par Marcos Garcia, directeur financier du groupe, reste la masse salariale. Elle représente 5,9 milliards d’euros dans les comptes du transporteur qui emploie 107 000 salariés. « Le marché s’est détendu en 2025 mais le turn-over reste important », commente le PDG. Enfin, la bonne santé du groupe et les conditions de marché lui ont permis de boucler une opération de refinancement grâce au placement de 800 millions de dette sur le marché obligataire.