L'Afra revient à la charge sur les péages ferroviaires trop chers et l'accès à SNCF Connect
L’Afra poursuit son lobbying pour peser en faveur d’une plus grande ouverture à la concurrence dans le transport ferroviaire en France. L’association, qui rassemble les opérateurs alternatifs à la SNCF, a présenté le 15 septembre un rapport sur les bénéfices de la concurrence. L’étude réalisée par Frontier Economics estime qu’aujourd’hui 25 millions de personnes ne peuvent pas utiliser le train pour leurs déplacements, faute de places suffisantes. Selon elle, ce chiffre pourrait plus que doubler d’ici à 2030.
Les nouveaux opérateurs pourraient répondre à la demande, estime l’Afra qui plaide pour la suppression des freins à leur arrivée . D’autant que pour s’implanter sur le marché, les opérateurs doivent réaliser d’importants efforts, rappelle l’Afra. Selon elle, ils doivent non seulement investir près d’un milliard d’euros pour financer trains, atelier de maintenance et lancer leur exploitation, mais aussi faire face à un manque à gagner estimé entre 750 et 950 millions d’euros sur les cinq premières années par rapport à un opérateur historique car il leur faut faire connaître leur offre et attirer des voyageurs à bord des trains.
C’est pourquoi les conditions d’accès comptent énormément et qu’il est important d’avoir des taux de remplissage élevés, souligne Catherine Galano, directrice exécutive de Frontier Eonomics.
L’Afra réitère donc plusieurs demandes, à commencer par la mise en place de péages plus incitatifs pour utiliser le réseau ferré. Leur montant est « trois à quatre fois plus élevés que dans les pays voisins« , souligne-t-elle. Utiliser ce levier faciliterait l’arrivée de nouveaux opérateurs et stimulerait le trafic, apportant des recettes additionnels au système, affirme l’association.
Elle estime à un milliard d’euros annuels supplémentaires, d’ici à 2035, les recettes qui seraient ainsi perçues par SNCF Réseau, Ce qui représenterait, selon l’étude, l’équivalent de 40 % des péages actuellement acquittés par SNCF Voyageurs. Des chiffres qui paraissent très optimistes puisqu’ils tablent sur 30 % de parts de marché à la concurrence dans moins de dix ans, d’après des chiffres cités par Laurent Fourtune, administrateur de l’Afra et fondateur de Kevin Speed, la compagnie qui veut lancer des TGV omnibus entre des villes moyennes mais cherche toujours à boucler son tour de table financier.
Parmi les autres demandes portées par ce lobbying, l’accès à la plateforme de vente SNCF Connect figure toujours en tête de liste. Les sénateurs ont intégré cette demande au projet de loi-cadre sur le financement des transports mais le texte est loin d’être voté. Et le PDG du groupe SNCF est vent debout contre.
Publié le 10/07/2026 - Sylvie Andreau
Publié le 09/06/2026 - Sylvie Andreau
Publié le 09/06/2026 - Sylvie Andreau