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La bonne nouvelle de la réouverture depuis le 29 août, après 50 ans d’absence, de la rive droite du Rhône , s’est accompagnée d’une incongruité à l’heure où on devrait inciter au développement des transports publics : une fois passée Pont-St-Esprit, les trains roulent sans voyageurs pendant 70 km jusqu’à atteindre Le Teil afin de pouvoir effectuer leur demi-tour. Une situation ubuesque pour les voyageurs d’Ardèche qui voient passer les trains sans pouvoir les prendre. Et qui s’explique par le passage d’une région à une autre et à leur manque de coordination, voire à un manque de motivation côté Auvergne-Rhône-Alpes.
« Je comprends que voir passer un train sans pouvoir y monter est compliqué, mais pendant 50 ans il n’y a pas eu de train du tout alors que maintenant, l’espoir d’y monter redevient atteignable, répond Jean-Luc Gibelin, vice-président de la région Occitanie en chargé de la mobilité et des infrastructures de transport, quand on l’interroge sur les TER qui font 70 km à vide entre Pont-St-Esprit (Gard, Occitanie) et Le Teil (Ardèche, Auvergne-Rhône-Alpes) faute d’aménagement pour faire demi-tour. « Nous avons fait le choix de ne pas conditionner nos projets à l’avancement des autres régions, souligne l’élu gardois. Nous aurions pu attendre la région Aura, mais cela aurait été deux ans de plus sans train. »
François Jacquart, ancien conseiller régional PCF Auvergne-Rhône-Alpes entre 2004 et 2021, aujourd’hui membre du collectif des usagers des transports publics Sud-Ardèche, témoigne de la « colère froide des habitants et des élus qui voient passer les trains à vide » et souligne que « politiquement, économiquement et écologiquement, ce retournement à vide est une erreur ». Mais il rappelle que la responsabilité en incombe aux « tergiversations » du président de la région Aura sur ce dossier. « Laurent Wauquiez a annoncé son désir de rouvrir le dossier de la rive droite du Rhône avec la liaison Le Teil-Romans par Valence le 6 octobre 2018 alors que le coup était déjà parti côté Occitanie. Si le dossier avait été pris à temps par Aura, nous aurions pu ouvrir la gare du Teil en même temps que la réouverture de la ligne par l’Occitanie », observe celui qui suit le sujet depuis 2004, à une époque où l’Etat et la SNCF souhaitaient plutôt privilégier le fret sur la rive droite du Rhône.
La SNCF doit rendre prochainement une étude chiffrant les travaux de la gare du Teil afin que la Région Aura puisse les voter en décembre en vue d’une mise en service début 2024, voire fin 2023, espère l’ancien élu. La réouverture, très attendue, de cette gare en Ardèche sera historique car c’est, depuis 1973, le seul département sans aucun train de voyageur.
L’ensemble de la réouverture de la ligne de la rive droite du Rhône entre Nîmes et Pont-St-Esprit avec l’aménagement de huit gares d’ici 2025-2026 coûtera 100 millions d’euros à la région Occitanie, dont 12 M€ déjà déboursés. 7 à 8 M€ seront consacrés à un aménagement permettant le retournement à Pont-St-Esprit. « Il est important que la circulation puisse ne pas se faire à vide, mais il n’est pas écrit que tous les trains iront au Teil. Cet aménagement vient en complémentarité et pas en opposition », explique Jean-Luc Gibelin. A partir de l’ouverture de la gare du Teil, les coûts du trajet entre Pont-St-Esprit et Le Teil seront partagés entre les deux régions mais, en attendant, c’est l’Occitanie qui les assume dans le cadre de sa convention TER avec la SNCF (320 à 340 M€ par an de fonctionnement, hors augmentation de l’énergie).
Catherine Stern

Après la grève dure du 10 novembre, menée par les conducteurs de métro et de RER de la RATP sur les salaires et les conditions de travail, les syndicats haussent de nouveau le ton. Réunis en intersyndicale (CGT-RATP, FO-RATP, La Base RATP et l’Unsa Pôle Ferré), ils estiment dans un communiqué que leurs « revendications (revalorisation statutaire, mise à niveau des effectifs…) n’ont pas été entendues« . Et ils appellent « à poursuivre et à durcir le mouvement de grève dès janvier 2023″.
En ligne de mire, les négociations annuelles obligatoires 2023 (NAO), qui ont débuté le 9 décembre. La direction a annoncé que l’augmentation générale de 2,2 % décidée le 1er juillet dernier serait finalement appliquée rétroactivement dès le mois de janvier 2022. Faisant le compte des différentes mesures salariales prises en 2022, elle estime avoir redistribué 200 millions d’euros aux salariés.
Pour 2023, l’entreprise souhaite se caler sur le niveau d’inflation prévisionnel pour faire des propositions salariales, un niveau jugé sous-évalué par les syndicalistes. Les discussions vont se poursuivre mais le calendrier s’annonce déjà tendu alors que le gouvernement s’apprête à présenter en début d’année prochaine son projet de réforme des retraites. Un autre sujet potentiellement explosif.

Covoiturage acte 2. Le gouvernement a précisé, le 13 décembre, le contenu financier de son plan pour développer le covoiturage du quotidien (trajets ne dépassant pas 80 km et appelés à se répéter quotidiennement). Ce programme présenté pour la période 2022-2027 ne prévoit toutefois des financements que pour l’année prochaine. Il est présenté comme la suite d’un premier plan lancé en 2019 avec l’objectif de contribuer à une baisse des émissions carbone.
L’enveloppe annoncée est de 150 millions et va être répartie à égalité à travers trois mesures principales (50 millions d’euros chacune). La première vise les automobilistes pour les inciter à se lancer dans le covoiturage : les nouveaux conducteurs recevront une prime de 100 € versée en deux fois par les plateformes de covoiturage. 25 euros seront versés lors du premier trajet, puis 75 euros si le conducteur effectue 9 trajets dans les trois mois.
La deuxième aide financière viendra en soutien des actions des collectivités en faveur du covoiturage sur le principe « 1 € de l’État pour 1 € de la collectivité ».
La troisième mesure passera par le Fonds vert à hauteur de 50 M€ en 2023 pour soutenir les collectivités dans leurs projets de développement d’infrastructures de covoiturage (aires, lignes ou expérimentation de voies dédiées).
L’objectif est d’atteindre 3 millions de trajets quotidiens à l’horizon 2027, contre 900 000 aujourd’hui, ce qui permettrait, selon le gouvernement, d’économiser jusqu’à 4,5 millions de tonnes de CO2 annuels, soit 1% des émissions de gaz à effet de serre du pays.

Une nouvelle halte ferroviaire, située à Sainte-Musse à Toulon, sur la ligne Marseille-Vintimille,a été inaugurée le 13 décembre. Financée à hauteur de 3.2 M€ par la Région Sud, sur les 11.2M€ de la totalité du projet, elle accueillera 4 TER par heure en période de pointe .100 000 voyageurs par an y sont attendus.
« Elle est le premier élément d’un ensemble multimodal comprenant les modes doux piste cyclable et abri à vélos sécurisé, le futur BHNS porté par Toulon Provence Métropôle (financé par la Région à hauteur de 10 M€ dans le cadre du contrat « Nos territoires d’abord »), des bus du réseau Mistral et la halte routière sur l’autoroute A57« , indique la région sur son site. A mi-chemin des gares de Toulon centre et de la Garde, « elle est située sur la ligne de la future navette toulonnaise qui sera mise en service au terme de la phase 1 du projet de Ligne Nouvelle Provence Côte d’Azur (LNPCA)« , ajoute-t-elle.


Actuellement entre les mains des députés et sénateurs espagnols, le budget de l’Etat pour 2023 doit être adopté avant la fin décembre. Son volet transports prévoit une enveloppe de 660 millions d’euros afin de prolonger le système d’abonnements gratuits mis en place le 24 août dernier pour les transports sur le réseau Renfe. L’objectif est à la fois de reporter une partie des déplacements de la voiture vers le rail et d’atténuer les effets de l’inflation sur le pouvoir d’achat des ménages.
Compensé par l’État pour le manque à gagner de l’opérateur, ce dispositif multivoyages en vigueur depuis septembre dernier est donc reconduit pour l’ensemble de 2023. Il ne souffre que de peu de critiques, sauf qu’il coûte cher et qu’il a créé des « surréservations » sur les trajets régionaux. Il consiste en un abonnement sur les réseaux Renfe avec un dépôt de 10 euros pour les liaisons banlieues, un autre pour les trains régionaux moyennant 20 euros, ainsi que des tarifs réduits (souvent de 50%) pour la grande vitesse de proximité (Avant). Ces sommes sont récupérables si le bénéficiaire effectue un minimum de 16 voyages d’ici la fin de l’année.
L’opération devait se clore le 31 décembre, mais le 4 octobre, le président du conseil espagnol, Pedro Sánchez, a annoncé son prolongement, vu son succès. En effet, le 24 août (premier jour de la mise en vente) 92 000 abonnements avaient été vendus, soit 85 par minute. Et, dès le 1er septembre, les « abonos recurrentes » avaient dépassé le million écoulé, la plupart de ces transactions étant faites par internet, puis par les automates en gare, et enfin les guichets, carte d’identité à l’appui. Le 12 septembre, Renfe annonçait avoir vendu 1 011 131 abonnements dont 77 % pour des trajets en banlieues. Et l’engouement s’est poursuivi avec 2 millions de titres le 7 novembre et 2,2 millions le 27, vient d’indiquer l’opérateur.
Simultanément, le gouvernement central a décidé d’épauler via une enveloppe de 256,5 millions d’euros les communautés (régions) et les villes qui, en 2022, ont appliqué de leur côté une réduction de 30 % sur les services locaux (bus, métro). D’où des transports en commun stimulés, voire devenus parfois gratuits comme les trains de l’île de Majorque.
Effets immédiats sur les transports collectifs : le nombre de voyageurs de proximité a cru en moyenne de 30,5 % pour l’ensemble du pays. Mesurée à fin novembre et comparée avec 2021 (année affectée, il est vrai, par le Covid), la demande banlieue a fortement progressé : de 60 % à Santander, 55 % à Cádiz et Saint-Sébastien, 38 % à Valence, 28,7 % à Barcelone et de 25,7 % à Madrid. Ainsi que de 59,7 % pour les lignes régionales. De quoi solliciter fortement les convois de Renfe, le matériel des chemins de fer autonomes, les autocars interurbains et les bus.
Michel Garicoix

SNCF, DWS et la CDPQ ont annoncé le 9 décembre avoir conclu la transaction aux termes de laquelle la CDPQ a acquis l’ensemble du capital du groupe Akiem, auprès du groupe SNCF et de DWS. La SNCF, détenant Akiem à parité avec le gérant d’actifs DWS, doit recevoir la moitié du montant de la vente qui n’est pas précisé.
« Avec un chiffre d’affaires de près de 220 M€, un EBITDA de l’ordre de 150 M€ en 2021, une flotte de plus de 600 locomotives, 46 trains de passagers et environ 250 employés, le groupe Akiem est le leader des services de location et de maintenance de locomotives en Europe« , rappellent dans un communiqué commun les signataires de l’accord.
Laurent Trevisani, le directeur général délégué Stratégie et Finances de la SNCF cité dans le communiqué, explique que cette cession va permettre au groupe de « participer au financement de nos activités ferroviaires et de nos deux actifs stratégiques, Keolis et Geodis, relais de croissance du Groupe. Elle contribue en outre à hauteur de 0,8 milliard d’euros au désendettement du Groupe au titre des produits de cession ».

Après les inaugurations du parvis nord de la gare de Nantes en 2019, puis de la gare mezzanine en 2020, voici venu le tour, le 10 décembre, du parvis sud. « Ouvert sur le canal Saint-Félix et sur le quartier euronantes, le parvis sud de la gare s’est transformé en une place apaisée et végétalisée« , avec 3 550 m2 d’espaces verts et 210 arbres, contre 110 auparavant, indique dans un communiqué la métropole de Nantes.
Conçue par Nantes Métropole Aménagement avec les urbanistes-paysagistes de l’atelier Ruelle, le parvis sud de la gare propose des bancs et des tables circulaires, et représente un point de jonction où se rejoignent bus, chronobus, busway, vélos, piétons, voiture individuelle, taxi… Plus précisément, il s’agit des chronobus C2 et C3, de la ligne 54 ainsi que du busway ligne 5 dont les nouveaux véhicules seront mis en service début 2023.
Le jour de l’inauguration a aussi été l’occasion de la pose de la première pierre du pôle d’échange multimodal avec un nouvel ensemble immobilier, dont la livraison est prévue en 2025. Le bâtiment accueillera les locaux de la gare routière, la cour de reprise taxis, un parking vélos sécurisé et le parking loueurs de voitures, ainsi que les bureaux du programme immobilier « Le Carrousel ».
« L’ensemble est une pièce majeure de la réorganisation des accès à la gare pour absorber le doublement de la fréquentation voyageurs prévue entre 2009 et 2030 et encourager les mobilités alternatives à la voiture individuelle », précise encore la métropole.

Le jeudi 8 décembre 2022 marque une étape cruciale dans la réalisation de la liaison ferroviaire Lyon – Turin. Après des années d’atermoiement, les travaux de percement du tunnel d’accès côté français ont démarré à Villard-Clément, sur la commune de Saint-Julien-Mondenis (73). Le coup d’envoi de ce chantier vient boucler un processus engagé l’année dernière, avec la signature des appels d’offres pour la construction du tunnel de base côté français. Avec l’attribution des travaux du tunnel de base côté Italien, qui est prévue pour l’année prochaine, le projet devrait être définitivement sur les rails et l’objectif de mise en service à horizon 2032 pourrait être respecté.
Pour assurer la réalisation de ce chantier pharaonique, les effectifs des équipes chargés des travaux monteront progressivement jusqu’à 300 personnes d’ici 2024. « Nous allons adopter un rythme extrêmement soutenu, puisque nous passerons d’un chantier actif du lundi au vendredi à un chantier 7/7 et 24/24h », précise Xavier Darmendrail, directeur constructions chez TELT, le maître d’ouvrage.
Ainsi, le creusement devrait progresser d’un à deux mètres par jour dans les premiers mois. « Une fois les 500 premiers mètres du tunnel de base creusés, c’est-à-dire d’ici environ un an, les équipes pourront utiliser une technique à l’explosif. Cela nous permettra d’avancer d’environ quatre mètres par jour », ajoute-t-il.
Jacques Donnay